Ryan Bingham est payé par des chefs d'entreprises pour annoncer à leurs salariés qu'ils sont licenciés. Pour cela, il voyage dans tout le pays et passe sa vie dans les avions et les hôtels. Une nouvelle et très jeune salariée va bousculer ses certitudes.
Le film oscille sans cesse entre comédie et drame pour faire le portrait de cet homme qui se défend de tout attachement matériel et sentimental et qui va soudainement voir ses certitudes vaciller. Le final assez cruel laisse penser qu'il avait bien raison de se protéger.
Georges Clooney est parfait, tout comme Vera Farmiga et Anna Kendrick.
En Normandie, Angèle, débarquant de nulle part, mal dégrossie, cherche à se caser. Dans cet objectif avoué, elle rencontre Tony, marin-pêcheur, sérieux et travailleur, qui l'observe, l'accueille et garde ses distances.
Avec sa démarche dégingandée, la tête baissée, le regard fuyant, le ton direct, Clotilde Hesme donne à Angèle, son caractère tout à la fois déterminé et hésitant, revêche et vulnérable.
Grégory Gadebois, en fausse rondeur, en impose en gars à qui ont ne la fait pas, tête sur les épaules , quelque peu déstabilisé par la beauté qui s'offre à lui.
La force de ce récit original réside dans sa façon de ne pas tout expliquer mais de se laisser le temps d'exposer l'essentiel qu'est le combat d'Angèle qui en voulant reconquérir l'homme de sa vie, va rencontrer un nouvel amour. Le rythme mesuré du film laisse petit à petit, imperceptiblement, l'émotion s'installer. Les plans longs sur les visages de ses personnages, sur les paysages ou sur un parcours en vélo où les barrières se brisent, la place accordée aux silences sont autant d'éléments qui avec finesse exposent le basculement des comportements et des sentiments. L'immense qualité des comédiens est dans ce registre essentiel.
Mise à jour février 2012 : Clotilde Hesme et Grégory Gadebois ont reçu tous les deux les César des meilleurs espoirs pour ce film.
David Rousseau, auteur de polars, rentre à Mouthe pour la lecture du testament de son oncle et apprend que Candice Lecoeur, égérie des fromages Belle du Jura et Miss météo s'est suicidée. L'écrivain en panne d'inspiration décide d'enquêter sur Candice et sa mort suspecte.
Ce film policier hors du commun, tourné à Mouthe, la ville la plus froide de France, évolue dans des paysages de neige et une ambiance particulière qui évoquent le Fargo des frères Cohen.
Jean-Paul Rouve est particulièrement convaincant dans le rôle de l'écrivain en manque d'inspiration qui se passionne pour le destin de cette Maryline des campagnes parfaitement incarnée par Sophie Quinton. A leurs côtés, Guillaume Gouix est excellent en gendarme un peu paumé.
Le réalisateur, dans ce qui est aussi un hommage à Maryline Monroe, multiplie les références à l'Amérique jusque dans la BO. Les flash back qui dessinent le portrait sensible de Candice nous basculent dans une atmosphère qui s'alourdit peu à peu. Le film multiplie ainsi les tonalités. A la fois drôle, décalé, sombre, intriguant et touchant, à la fois film policier, portrait de femme et réflexion sur les stars jetables. Un film qui marque.
Au pays des monstres, Monstres et Cie se charge d'alimenter en énergie tout le pays. Les employés ont pour mission de faire peur aux enfants dont les cris d'effroi représentent l'énergie en question. Mais, un jour, une défaillance des systèmes de sécurité anti-enfants entraîne le chaos.
Le film d'animation le plus drôle, subtil et inventif de ce début de siècle. Le scénario est astucieux transposant les particularités du monde de l'entreprise et des crises économiques nées des transformations de la société, mimant un film de fin du monde et de poursuites, rejouant le mélodrame d'un amour interdit entre deux êtres que tout oppose et inversant les rôles entre enfants effrayés et monstres effrayants. Le récit est d'une grande richesse, les dialogues sont très drôles. La conclusion sur le rire des enfants 100 fois plus énergétique que leur peur réjouie tout comme l'expression finale de Sully émerveillé.
Les monstres ont des physiques d'une grande variété, affichant chacun une caractéristique physique irrésistible. Sully/Minou et Bob sont inoubliables et Bouh irrésistible.
Bastien est chauffeur de salle dans une émission de télé poubelle. Il rêve de travailler avec Broustal un "grand" producteur. Broustal fait mine de le prendre sous son aile et l'invite un week-end dans sa maison de campagne.
Pour la réalisation de son premier long métrage, Guillaume Canet faisait appel à son cercle proche Diane Kruger, sa compagne, Marc Jolivet avec qui il a déjà tourné, ses amis comédiens Philippe Lefèvre, Laurent Lafitte, Gilles Lellouche et François Berleand. Il fait le portrait d'un milieu d'un cynisme extrême. C'est à la fois glaçant, effrayant et drôle. Le rythme du film est un peu hésitant mais les idées délirantes nombreuses. Kruger est parfaite en nymphomane, Canet est très bien dans un rôle ingrat de candide pleurnichard. Berleand est excellent.