seances de rattrapage - dvd

En Normandie, Angèle, débarquant de nulle part, mal dégrossie, cherche à se caser. Dans cet objectif avoué, elle rencontre Tony, marin-pêcheur, sérieux et travailleur, qui l'observe, l'accueille et garde ses distances.

Avec sa démarche dégingandée, la tête baissée, le regard fuyant, le ton direct, Clotilde Hesme donne à Angèle, son caractère tout à la fois déterminé et hésitant, revêche et vulnérable. 

Grégory Gadebois, en fausse rondeur, en impose en gars à qui ont ne la fait pas, tête sur les épaules , quelque peu déstabilisé par la beauté qui s'offre à lui.

La force de ce récit original réside dans sa façon de ne pas tout expliquer mais de se laisser le temps d'exposer l'essentiel qu'est le combat d'Angèle qui en voulant reconquérir l'homme de sa vie, va rencontrer un nouvel amour. Le rythme mesuré du film laisse petit à petit, imperceptiblement, l'émotion s'installer. Les plans longs sur les visages de ses personnages, sur les paysages ou sur un parcours en vélo où les barrières se brisent, la place accordée aux silences sont autant d'éléments qui avec finesse exposent le basculement des comportements et des sentiments. L'immense qualité des comédiens est dans ce registre essentiel.

Mise à jour février 2012 : Clotilde Hesme et Grégory Gadebois ont reçu tous les deux les César des meilleurs espoirs pour ce film.

Voir les commentaires

David Rousseau, auteur de polars, rentre à Mouthe pour la lecture du testament de son oncle et apprend que Candice Lecoeur, égérie des fromages Belle du Jura et Miss météo s'est suicidée. L'écrivain en panne d'inspiration décide d'enquêter sur Candice et sa mort suspecte.

Ce film policier hors du commun, tourné à Mouthe, la ville la plus froide de France, évolue dans des paysages de neige et une ambiance particulière qui évoquent le Fargo des frères Cohen.

Jean-Paul Rouve est particulièrement convaincant dans le rôle de l'écrivain en manque d'inspiration qui se passionne pour le destin de cette Maryline des campagnes parfaitement incarnée par Sophie Quinton. A leurs côtés, Guillaume Gouix est excellent en gendarme un peu paumé.

Le réalisateur, dans ce qui est aussi un hommage à Maryline Monroe, multiplie les références à l'Amérique jusque dans la BO. Les flash back qui dessinent le portrait sensible de Candice nous basculent dans une atmosphère qui s'alourdit peu à peu. Le film multiplie ainsi les tonalités. A la fois drôle, décalé, sombre, intriguant et touchant, à la fois film policier, portrait de femme et réflexion sur les stars jetables. Un film qui marque.

Voir les commentaires

Au pays des monstres, Monstres et Cie se charge d'alimenter en énergie tout le pays. Les employés ont pour mission de faire peur aux enfants dont les cris d'effroi représentent l'énergie en question. Mais, un jour, une défaillance des systèmes de sécurité anti-enfants entraîne le chaos.

Le film d'animation le plus drôle, subtil et inventif de ce début de siècle. Le scénario est astucieux transposant les particularités du monde de l'entreprise et des crises économiques nées des transformations de la société, mimant un film de fin du monde et de poursuites, rejouant le mélodrame d'un amour interdit entre deux êtres que tout oppose et inversant les rôles entre enfants effrayés et monstres effrayants. Le récit est d'une grande richesse, les dialogues sont très drôles. La conclusion sur le rire des enfants 100 fois plus énergétique que leur peur réjouie tout comme l'expression finale de Sully émerveillé.

Les monstres ont des physiques d'une grande variété, affichant chacun une caractéristique physique irrésistible. Sully/Minou et Bob sont inoubliables et Bouh irrésistible.

On rit, on est aussi ému.

Voir les commentaires

La jeune Sophie travaille dur comme chapelière. Un jour alors qu'elle est agressée par des soldats dans la rue, le bel Hauru, magicien, lui vient en aide. Mais, par jalousie la sorcière des Landes la transforme en vieille femme.

Miyazaki nous perd un peu dans cette histoire de combat de sorciers. On ne sait plus très bien qui est qui et le pourquoi du comment. Le personnage de Sophie est également difficile à cerner. Dessinée (au figuré) trop rapidement, on perçoit mal la personnalité de la jeune Sophie dans le corps de la vieille dame.

Les dessins sont toujours très beaux mais le récit ne passionne pas et semble interminable.

Voir les commentaires

Marthe, Michel et leurs trois enfants vivent heureux depuis 10 ans dans une maison au bord d'un tronçon d'autoroute abandonné. La voie bitumée et la campagne environnante leur servent de terrain de jeu. Mais un jour, les travaux reprennent et leur bonheur simple bascule dans l'enfer.

Toute la première partie qui présente la famille, à la fois intégrée à la société (le père travaille, les enfants vont à l'école et ont des amis) et préservée dans leur maison isolée est surprenante et drôle. La tonalité change tout doucement après l'ouverture de l'autoroute quand les difficultés que cela implique dans leur vie quotidienne se multiplient et que Marthe perd peu à peu les pédales. La famille, qui voulait vivre son bonheur isolée de la société, se retrouve frontalement confrontée au bruit infernal du monde et simultanément recluse.

Le récit est particulièrement bien tenu et maintient sa singularité jusqu'au bout. Formellement, le film est très beau. La photographie et la réalisation sont particulièrement soignées. Olivier Gourmet, Isabelle Huppert, Adélaïde Leroux, Madeleine Budd et Kacey Mottet Klein sont excellents.

Date de sortie en salle : 29 octobre 2008.

Ajout août 2026 : le film est disponible en replay sur France.tv

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog