6 octobre 2002, théâtre des bouffes du Nord, Isabelle Huppert, pantalon noir et tee-shirt bleu roi, les bras le long du corps, les poings serrés et le corps tendu comme un arc, interprète "4.48 psychose" de Sarah Kane. Impressionnante, glaçante et irrésistiblement captivante.

29 Mai 2015, théâtre des Bouffes du Nord, Isabelle Huppert, toute de Dior vêtue, est la veuve, amoureuse étonnée, des Fausses confidences. Au théâtre de l'Odeon, Luc Bondy reprend la pièce de Marivaux qu'il a créé l'année dernière avec succès. La troupe est la même. Onze très bons comédiens dont Bulle Ogier, Jean-Pierre Malo, Yves Jacques, Bernard Verley et Louis Garrel. Bondy nous propose des confidences contemporaines mettant en avant l'humour de la pièce et son incroyable modernité. La mise en scène est vive, les déplacements des comédiens cocasses. Une fantaisie mesurée règne, une certaine insolence plane. Louis Garrel est excellent en amoureux transit. Huppert est une Amarante, d'une grande modernité, un peu rock, un peu baba, lymphatique, puis finalement plus manipulatrice que manipulée. Elle s'en donne à cœur joie sur toutes les partitions que les hésitations et manigances de son personnages lui offrent. La justesse de son jeu, la finesse de ses intonations et expressions dans un registre où la comédie domine fascinent. Impressionnante une fois de plus.

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Kurt Cobain, montage of heck de Brett Morgen

Brett Morgen nous invite à pénétrer dans l'esprit et l'estomac de Kurt Cobain, leader du groupe Nirvana. Le réalisateur a eu accès aux archives personnelles du chanteur. Dessins, correspondances, journal intime, vidéos familiales composent la très grande majorité du film auxquels s'ajoutent des extraits de concerts et les témoignages de Courtney Love, des parents et de la soeur de Cobain. Une richesse et une diversité de documents qui cassent la possible monotonie d'un récit chronologique et favorise l'immersion dans l'univers malade de Kurt Cobain qui mit fin à ses jours à l'âge de 27 ans.

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La Loi du Marché de Stéphane Brizé

Depuis son licenciement économique il y a près de deux ans, Thierry cherche un emploi. Il vit avec sa femme et son fils adolescent handicapé. On le suit dans ses rendez-vous à Pole emploi et à la banque, en entretien d'embauche et dans son nouvel emploi dans un supermarché.

Stéphane Brizé nous dessine le parcours de Thierry à coups de scènes d'un réalisme saisissant, qu'il ne craint pas de faire durer, comme suspendues, laissant place aux silences. Tout sonne terriblement juste. Terriblement car dans la vision de Brizé être au chômage tue mais travailler ne sauve pas toujours. Le récit est bien mené et équilibré. Le film n'est pas parfait mais les petites réserves que nous pourrions avoir s'effacent devant l'impression générale, celle d'avoir été happé pendant 1H35 et d'avoir vécu réellement auprès de Thierry. Cela est aussi dû à la qualité de l'ensemble des comédiens et, beaucoup, à la prestation essentielle de Vincent Lindon. Impressionnant, cette fois encore. Il ne joue pas, il est.

Brillant.

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Paul Dédalus, de retour d'un long séjour à l'étranger, apprend qu'il a un homonyme à l'autre bout du monde. Cela éveille des souvenirs de jeunesse : sa mère malade, un voyage scolaire en URSS et surtout son histoire avec Esther.

De ces trois souvenirs d'une jeunesse, les deux premiers semblent surtout servir à éclairer le troisième qui occupe l'essentiel du film. Une belle histoire d'amour où l'on retrouve à l'âge de l'adolescence le Paul et l'Esther de "Comment je me suis disputé". Desplechin nous offre de nombreux moments de grâce, mais aussi quelques moments d'ennuis. Son histoire est un peu répétitive et semble du coup traîner en longueur. Les références au cinéma de Truffaut - plans, astuces narratives, accompagnement musical - sont trop évidentes et nombreuses. Elles donnent une identité bancale au film. Mais "Trois souvenirs de ma jeunesse" renferme un bijou : le miracle de la découverte d'un comédien talentueux : Quentin Dolmaire. Sa voix et son phrasé particulier, le place dans le sillon d'un Charles Denner. Il nous tient, ainsi que le film, sur ses épaules, pendant 2h00.

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Harry Gruyaert à la MEP

La Maison Européenne de la Photographie expose, jusqu'au 15 juin, une cinquantaine d'œuvres du photographe belge qui arpente le monde depuis 50 ans. Plages belges aux étendues infinies, ciel bas et sombre du Nord s'affichent au côté de bars et salles d'attente aux couleurs saturées. Les paysages semblent avoir été exécutées par des peintres flamands et les gros plans des photographies retouchées par ceux du Pop Art. Les œuvres exposées dans la première salle sont particulièrement marquantes, la seconde salle avec des tirages plus petits épate moins.

La RATP, partenaire de la MEP, expose pendant toute la durée de l'exposition des photos d' Harry Gruyaert dans 6 stations et une gare RER : Gare de Luxembourg (RER B) - Stations Hôtel de Ville (L.1), La Chapelle (couloir de correspondance RER B-L.2), Saint-Denis Porte de Paris (Ligne 13) - Stations Bir Hakeim (sous le viaduc-L.6) et Saint-Michel (L.4) - Station Jaurès (sous le viaduc-L.2).

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