Patrick Timsit - On ne peut pas rire de tout

Patrick Timsit reprend à la Gaîté Montparnasse, le spectacle qu'il présentait au théâtre du Rond Point en janvier dernier (et dont l'affiche, cette fois, semble ne pas avoir été censurée). Le comédien, en mode stand-up, interroge le public "Peut-on rire de tout (et de tout le monde) ?" et propose d'égrainer la longue liste des sujets sensibles dont il est aussi plaisant, qu'inconvenant ou dangereux de rire, à commencer par les juifs, communauté dont Timsit, et surtout ses parents, font partie. Dès lors le ton du spectacle est donné. Tous les clichés sur toutes les communautés sont abordés. Marseillais, handicapés, Arabes, Français, Belges, Portugais, enfants, femmes, Noirs, Roms...

Le défi, incontournable, est d'être drôle à chaque fois. Et c'est le cas. L'écriture est précise, le texte entre les blagues est intelligent et surtout le comédien est excellent. Son interprétation est essentielle pour provoquer un rire le plus spontané qui soit, sans que le spectateur se sente gêné ou s'interroge sur le bon esprit de son voisin. Seuls deux sketchs un peu hors sujet, viennent riper légèrement cette mécanique du rire. Un rire qui ne nous lâche pas pendant plus d'1h30. Bel exploit.

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Alors qu'il assiste à un congrès à Copenhague avec sa fiancée, Michaël Armstrong, scientifique américain en physique nucléaire, prend un avion pour Berlin Est.

Certainement pas le meilleur Hitchcock, loin de là. Le scénario est grossier et grotesque mais le film contient trois scènes marquantes : la poursuite dans le.musee avec des plans qui évoquent un tableau de Chirico, le meurtre interminable de Gromeket la panique dans le théâtre.

Le réalisateur voulait engager Eva Marie Saint mais Universal imposa Julie Andrews dans une composition un peu tarte. Reste la beauté de Paul Newman et son regard bleu acier.

Année de sortie en salle : 1966

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À l'automne 1944, à Auschwitz-Birkenau, Saül fait partie des Sonderkommandos. Alors, qu'il évacue les corps d'une chambre à gaz, il croit reconnaître son fils parmi les victimes. Il n'a alors plus qu'un objectif en tête donner à cet enfant une sépulture en présence d'un rabin, tandis que ces camarades prépare une révolte pour s'évader.

Ce qui frappe dans Le fils de Saul c'est avant tout sa mise en scène. La caméra filme Saul, de face ou de dos, ne montrant ce qui se déroule autour de lui qu'en arrière-plans plus ou moins visibles. On ne voit donc que peu de choses mais on devine tout d'autant que les bruits, les paroles et les cris eux ne sont aucunement masqués. Aussi, l'image adopte un format carré qui semble bien étriqué créant une sensation d'enfermement, de piège et accentuant une certaine angoisse. Formellement, le film saisit. Sur le fond, on est intrigué par ce personnage dont l'ignoble tâche exige de lui une certaine perte d'humanité qu'il tente obstinément de retrouver en redonnant à cet enfant les honneurs que l'on doit aux morts dans un monde civilisé. Que cette soif d'humanité aille à l'encontre de l'instinct de survie de ces camarades rend soudainement le personnage encore plus complexe et moins sympathique. Si le film affiche des faiblesses c'est dans son récit. Les événements que la quête de Saul croise ou provoque ne tiennent pas vraiment en haleine. Mais le contexte historique et émotionnel puissant et le dispositif de mise en scène fonctionnent.

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Valley of love de Guillaume Nicloux

Isabelle et Gérard se retrouvent, après de nombreuses années de séparation, dans la vallée de la mort. Ils répondent ainsi aux dernières volontés de leur fils suicidé qui leur impose une visite de plusieurs jours sous une chaleur écrasante.

Nicloux réunit Huppert et Depardieu qui n'avaient plus tourné ensemble depuis 30 ans. Il les filme errant sous le soleil, à l'hôtel ou dans des paysages désertiques, elle suppliant Gérard de respecter les vœux du fils jusqu'au bout persuadée qu'ils vont le revoir, lui se plaignant sans cesse de la chaleur. Le réalisateur, également auteur de ce scénario ultra light, se contente de filmer, sans talent particulier, les deux comédiens et laisse l'imagination du spectateur en faire ce qu'elle veut. C'est un peu court.

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Crosswind - La croisée des vents de Martti Helde

En 1941, comme 10 000 de leurs compatriotes estoniens, Heldur, Elna et leur petite fille Eliide sont déportés par l'armée soviétique. Immédiatement séparées d'Heldur, Elna et Eliide sont internées dans un camp de travail en SIbérie.

C'est à travers les lettres qu'Elna ne cessera d'écrire à Heldur durant toute son incarcération, que Martti Helde raconte les crimes et déportations perpétrés par Staline sur les populations Estonienne, Lettonienne et Lituanienne. Le film, en noir et blanc, marque tout d'abord par sa mise en scène impressionnante. Les plans séquences dans lesquels les personnages sont immobiles, comme tétanisés devant l'horreur et l'ignominie de leur situation, se succèdent. Chaque scène est d'une beauté à la fois fascinante et glaçante. Cet esthétisme poussé à l'extrême aurait pu masquer toute émotion ou empathie pour les personnages. C'est tout l'inverse qui se produit. L'étrangeté des mouvements de caméra sur ces scènes figées nous mène un peu plus près de ce qu'on peut imaginer de la mort et des souffrances ressentis par ces femmes et leurs enfants. En voix off, les lettres délicates et poétiques d'Elna, nous renvoient au vivant. Un film marquant.

Date de sortie du film : 11 mars 2015

Date de sortie en DVD : 17 novembre 2015

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