L'homme irrationnel de Woody Allen

Abe Lucas, professeur de philosophie talentueux et à la réputation sulfureuse, vient d'être nommé à l'université de Newport. Totalement désabusé par la vie, il se traîne entre alcool et dépression. Un jour, il s'attribue une mission qui lui redonne l'envie de vivre.

Sur la forme, "l'homme irrationnel" laisse un très fort goût de déjà vu et les dialogues le sentiment d'avoir été rédigés sous écriture automatique. Il faut dire que Woody nous pond un film tous les ans, il en a forcément acquis quelques automatismes. Ainsi, l'ensemble laisse à penser que le réalisateur s'est fait son petit film de façon un peu pépère. "L'homme irrationnel" se regarde sans déplaisir mais, s'il n'y avait pas la chute finale, on l'oublierait sans doute assez vite. Un petit Woody donc (mais un petit Woody est toujours un film de qualité supérieure à la moyenne de la production).

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Dans les années 50, Thérèse, jeune vendeuse dans un grand magasin de New-York, tombe amoureuse de Carol, une riche cliente en plein divorce.

Todd Haynes propose un beau portrait de femmes prisonnières des conventions, dans l'esprit de "Loin du Paradis". On y retrouve là aussi des héros déchirés entre raison et passion dans une langueur et un romantisme maudit. La mise en scène et en images, tout comme la recomposition de l'époque, sont particulièrement soignées. Si, parfois, le rythme s'essouffle, les interprètes, parfaites, nous captivent. Rooney Mara, aux faux airs d'Audrey Hepburn, joue tout en retenu. Cate Blanchett marque particulièrement par la justesse de son jeu dans l'interprétation d'un personnage complexe, que sa beauté particulière et son élégance d'une autre époque servent parfaitement. Un beau film d'un classicisme raffiné.

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D'Artagnan, jeune homme fringant, quitte son père et sa campagne, dans l'espoir d'intégrer le régiment des mousquetaires du roi. Par hasard, il en rencontre trois : Athos, Aramis et Porthos.

Gene Kelly, dans le rôle de D'Artagnan, transcende chaque combat à l'épée. Sa façon de bondir, de jouer avec les éléments du décor, donne un panache majuscule à chaque combat.

Le film est d'une grande fraîcheur, parsemé de marques d'humour. Les poursuites à cheval impressionnent, les paysages, les décors, les costumes, la qualité de la photographie tout participe à enchanter ce grand film de capes et d'épées où l'honneur, perdu ou à sauver, règne.

Date de sortie : 1948

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Les huit salopards de Quentin Tarantino

John Ruth emmène sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre à Red Rock. Alors que le blizzard les poursuit, il accueille dans sa diligence le Major Marquis Warren, lui aussi chasseur de prime et Chris Mannix qui se présente comme le nouveau shérif de Red Rock.

Un format 70mm (tout en longueur), de beaux paysages de neige, un blizzard assourdissant, des personnages loufoques et violents, un récit qui évolue en huis clos ; l'un dans une diligence, l'autre dans une auberge ; dans ses 95 premières minutes le film nous emmène doucement dans sa curieuse histoire qui intrigue sans qu'il ne s'y passe vraiment grand chose. Puis arrive la dernière heure qui, comme d'habitude, et encore plus outrageusement et interminablement que d'habitude, laisse place au massacre.

"Les Huit Salopards" ressemble à une caricature d'un film de Quentin Tarantino. Tout semble un peu bâclé. Le cinéaste se laisse aller au plus facile, l'hémoglobine, et abandonne toute verve dans les dialogues, dessine ses personnages à gros traits, oublie toute finesse dans la mise en scène et fluidité dans son récit. 2h45 qui n'offrent pas grand chose finalement.

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Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael

Ea, la fille de Dieu, se révolte contre l'ignominie de son père. Elle fuit le domicile familial après avoir saboté l'ordinateur du Créateur et communiqué à chaque terrien sa date de décès.

L'idée de départ était bonne et pleine de promesses. Mais le film n'est ni drôle, ni poétique, ni satirique. Il échoue dans les trois registres. Les dialogues sont plats, les messages convenus, les gags peu efficaces. Le scénario manque d'envergure et le récit confus, part en tous sens et ne nous mène nulle part. Les pistes intéressantes à peine abordées sont aussi vite abandonnées. Esthétiquement l'ensemble est assez moche. Jaco Van Dormael s'empare d'un sujet immense mais le voit tout petit. Raté.

PS : souvenons-nous, en ce jour de déception extrême, que notre frère Jaco Van Dormael est le réalisateur du magnifique "Toto le héros". Comme quoi l'homme est capable du pire comme du meilleur.

Date de sortie en salle : 2 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 13 janvier 2016

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