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Enoch, adolescent, fréquente les enterrements d'inconnus depuis que ses parents sont morts. Un jour, il y rencontre Annabel.

La mort est toujours présente dans les films de Gus Van Sant. Dans Restless, le réalisateur lui donne le 1er rôle aux côtés de deux adolescents qui s'en moquent pour mieux l'affronter.

Gus Van Sant célèbre ainsi la jeunesse, son insouciance, ses excès, sa fantaisie et son extrême sens de la gravité.

Mia Wasilowska et Henry Hopper sont parfaits.

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habemus_papam_affiche.jpgA Rome, les cardinaux se réunissent en conclave et élisent leur pape. Après quelques difficultés à faire leur choix parmi les favoris (qui prient tous pour ne pas être nommés), les votes se concentrent sur un outsider, le cardinal Melville (Michel Piccoli). Mais Melville après avoir accepté sa mission, devient mutique, dépressif et prend la fuite.

 

L'idée du cardinal élu Pape, qui refuse sa nomination, était pleine de promesse.

Sujet idéal pour proposer une réflexion sur la foi, la place des hommes d'église, la légitimité du souverain pontif, le poids de la fonction, la solitude des hommes de pouvoir, leur faible moyen à aider...

Seulement, voilà, le cardinal Melville semble refuser la fonction pour la simple raison qu'il n'a pas l'âme d'un chef. Sa foi n'est pas remise en question, les positions de l'Eglise qu'il faudrait défendre ne sont pas  le problème, l'Eglise et la religion ne sont tout simplement pas le sujet du film. Melville aurait très bien pu renoncer à un poste de chef d'état après des élections nationales, il refuse simplement d'endosser le poids du poste, de se sacrifier à la tâche. Il pense à lui avant de penser au groupe.

On pourrait se raccrocher à ce sujet sans peine tant l'interprétation de Michel Piccoli est parfaite si Moretti creuser un peu plus le sujet et son personnage. Mais on ne saura jamais vraiment qu'elles sont les motivations de Melville, quelles sont ses consolations ; son escapade dans Rome lugubre et ses rencontres déprimantes ne pouvant représenter une échappatoire.

Si sur le fond le film déçoit, Nanni Moretti propose plusieurs scènes assez drôles se moquant des cardinaux mais aussi des psychanalystes, concurrents directs des hommes d'église et aussi des incapacités des deux chapelles à apaiser les doutes de leurs "patients".

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Romeo et Juliette s'aiment. Ils ont un bébé, Adam, qui ne marche pas, vomi et présente une asymétrie faciale.

La guerre est déclarée conte le combat contre le cancer qu'ont mené Valérie Donzelli, Jérémie Elkaim et leur fils Gabriel. On retrouve la fantaisie de La Reine des pommes qui se mêle à des scènes très réalistes, presque documentaires sur l'hospitalisation et le rapport des parents avec le personnel hospitalier, le jargon médical. Cela confère au film un charme irrésistible, à la fois émouvant et drôle. La partition sonore est soignée entre musique classique et pop, chanson originale et voix off façon François Truffaut.

Valérie Donzelli et Jérémie Elkaim qui interprètent leur propre rôle sont entourés de comédiens remarquables Frédéric Pierrot, Anne Le N'y, Brigitte Sy, Michèle Moretti, Philippe Laudenbach...

 

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Les-biens-aimes_30561_1311774089.jpgLe film s’ouvre sur un générique rythmé et coloré qui évoque Truffaut et Demy. L’ambiance 50-60 est plaisante et ces 3 premières minutes nous placent sous les meilleurs hospices. On déchante vite avec l’apparition de Ludivine Sagnier qui ne nous quittera plus pendant une heure. Elle bouge faux, elle parle faux, elle sourit faux. Son personnage peu sympathique qui croise d’autres personnages tout aussi désagréables ne nous pousse pas à la bienveillance et l’histoire ne passionne pas.

La deuxième partie voit l’arrivée sur l’écran de Catherine Deneuve, Louis Garrel et Chiara Mastroianni. On se dit que si on ne s’attache pas plus à l’histoire on aura au moins le bonheur de voir de bons comédiens. Mais le destin des personnages qui se veut sans doute émouvant ne fait qu’agacer ou pire laisse indifférent. Car jusqu’au bout, les héros d’Honoré sont particulièrement tête à claque et d’un égoïsme rare. Le récit, par ailleurs assez mal ficelé, est sans intérêt. Il court pourtant sur deux générations et des époques riches en bouleversements sociaux. Mais Honoré n’a pas grand chose à dire et se focalise toujours sur les mêmes sujets, l’époque finalement ne change rien. Quand on a déjà vu plusieurs de ses films, on est obligé de constater que le réalisateur tourne en rond et que la vie « particulière » de ses personnages, par cette répétition, fait de plus en plus factice et caricaturale. On n’échappera pas au personnage atteint du sida qui bien sûr est homosexuel à moins que ce soit le personnage homosexuel qui bien sûr a le sida… A cela s’ajoute, une narration sans imagination, sans grâce.

Le problème quand l’histoire n’intéresse pas c’est qu’on s’attache à ce qui, en d’autres circonstances, sembleraient être des détails. Ainsi, les chansons d’Alex Beaupain sont terriblement semblables mélodiquement. Ce manque de variété ajoute à l’ennui. Quant au choix de la petite mignonne Sagnier pour interpréter l'impressionnante Deneuve jeune, on demeure dubitatif,  idem quand on retrouve le premier mari de Sagnier, interprété par Rasha Bukvic, jeune acteur très grand et élancé qui 30 ans plus tard se transforme en Milos Forman, petit et trapu. Voilà où, très rapidement, le film nous mène. On comble l’ennui comme on peut.

 

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une-separation.jpgCela fait bien longtemps que le cinéma ne nous avait pas offert d’accompagner des personnages aussi parfaitement dépeints au coeur d'une histoire si bien écrite, dans son extrême simplicité et la complexité qui en découle. Par petites touches, peu nombreuses mais marquantes, dés son début, le scénario installe, avec une efficacité rare, la personnalité de chacun des héros. Puis, tout au long de l’histoire, chaque action et réaction des personnages, combat ou renoncement, dans la violence, la douceur ou la réflexion, chaque battement de cils nous parlent d’eux et aussi de la société Iranienne, du poids de la religion, de l’émancipation ou non des femmes, de la place des hommes, d'une certaine lutte des classes mais avant tout de ces héros-là dans cette culture-là.

La mise en scène ne fait pas d’esbrouffe. Vive et au plus près des comédiens - tous exceptionnels, enfants, adultes ou vieillards - elle accompagne les personnages, laissant toute la place à leur droit d’expression.

Quel bonheur, alors qu’il est si facile au visionnage de tous ces films fait au kilomètre de prendre à défaut les scénaristes qui donnent dans la facilité quite à défigurer leurs personnages, quel bonheur de voir Une Séparation rester à tout instant fidèle à ses héros, les respectant dans ce qu’ils sont jusqu’au dénouement.

C’est sans doute la plus grande qualité d'Une Séparation : ses héros ne sont jamais trahis par leur créateur.

C’est leur force et celle du film, un chef d’œuvre du genre.

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