cinema

carnage-polanski-affiche.jpgRoman Polanski adapte au cinéma la pièce de Yasmina Reza "Le Dieu du carnage" : un huis clos bien foutu mettant en scène deux couples venus "régler" les problèmes causés par une bagarre entre leurs deux fils.


La réalisation, bien que sans effet de manche, est suffisament fluide pour que ce théatre passe facilement le cap du grand écran.

L'interprétation est excellente (Christopher Waltz, Kate Winslet et John C Reilly) même si on pourra reprocher à Jodie Foster un jeu un peu trop en force.

Surtout, le texte est percutant, rythmé et d'une belle efficacité.

Même si on ne retrouve pas ici la mise en scène virtuose de "Ghost writer", le plaisir, différent, est bien présent.

Les Polanski se suivent, ne se ressemblent pas mais offrent toujours bien des satisfactions.

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intouchables-affiche.jpg"Intouchables" c'est : 

le sens du récit

une réalisation honorable

l'excellence du casting jusqu'aux seconds rôles

(Anne Le Ny toujours parfaite)

le sourire XXL d'Omar

la grâce de Cluzet

le rire en quantité 

Quant aux messages sur l'handicap, avec ou sans respect, c'est surtout le Driss de banlieue qui est l'objet des railleries.

"Intouchables" est avant tout une bonne comédie, une excellente occasion de se marrer sans trop se poser de question.


 

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toutes-nos-envies.jpgEn entrant dans la salle de "Toutes nos envies", je pensais voir un film racontant le combat de deux juges face aux sociétés de crédit.

En sortant de la salle de "Toutes nos envies", j'avais vu un film contant les dernières semaines d'une jeune mère de famille atteinte d'une tumeur au cerveau, avec en personnage tertiaire une histoire de surendettement.

Alors forcément, ce n'est pas pareil...

Marie Gillain, Vincent Lindon, et les autres sont très bien.

Mais le récit, en plus d'être bancal et peu crédible, n'offre aucun intérêt.

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polisse.jpgPolisse raconte le quotidien, qu'il soit professionnel ou privé, de policiers d'une Brigade de Protection des Mineurs.

Les scènes intenses se succèdent à un rythme soutenu, haletant, nous emportant dans un tourbillon mélant toutes les émotions, de la tristesse au dégout, de la révolte au désespoir jusqu'au rire.

Les comédiens sont tous exceptionnels, et le groupe fonctionne dans une énergie idéale. La mise en scène intense et le montage sec accentuent le sentiment d'urgence mais aussi celui d'impuissance. Les exemples de violences faites aux enfants se succèdent toujours dans des scènes "documentaires" qui semblent criantes de vérité. Dans des séquences  très courtes ou semblant interminables, Maïwenn gère le temps nécessaire à l'évènement pour qu'il prenne toute sa dimension. On pourra lui reprocher une impression d'inventaire ou de catalogue, quelques excés, mais la force des scènes excuse à elle seule ces petits travers et puis il s'agit d'une oeuvre de fiction.

La vie privée des policiers est distillée de façon harmonieuse répondant parfaitement à la vie de la brigade. Seule l'histoire d'amour que Maïwenn s'est offerte avec Joey Starr déséquilibre le film et le gâche un peu. En supprimant son rôle et cette love story, Maïwenn n'aurait pas été bien loin du film parfait.

Polisse, malgré ses défauts, est un film marquant et fort d'une réalisatrice très douée. 

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The-Artist-affiche1Fin des années 20, à Hollywood, au temps du muet, l’acteur George Valentin est en pleine gloire. La presse, le public sont à ses pieds. Il fait la pluie et le beau temps dans les studios. Il est LA vedette du cinématographe. Puis le parlant entre en scène…

Dès les premières images, dans une scène du film dans le film, le dilemme du héros est posé : on veut l'obliger à parler. Puis, grâce à une géniale séquence dans un cinéma, le réalisateur annonce : ce film sera muet. Le film est parsemé d'astuces de ce genre. Les trois premiers quarts d’heure sont particulièrement réjouissant de vivacité. Ils content la gloire Hollywoodienne, les films muets, un George Valentin flamboyant et sa rencontre avec la troublante Peppy Miller, toute jeune comédienne qui saura grandir avec son temps. Les gags et astuces enchantent. Puis, vient la plus belle scène du film, tout simplement géniale, où le son entre par effraction dans le film et le monde aphone de George Valentin. Scène clé qui fait basculer le héros et le film dans le mélodrame menant Jean Dujardin vers une tonalité de jeu différente. Jusque là parfait dans l’outrance du jeu de l’acteur, sans voix, mais maître en son royaume, il adopte la nuance pour incarner la chute. A ses côtés, Bérénice Béjo est excellente, charmante et pétillante. Les deux comédiens se font presque voler la vedette par Ugy, un petit chien aussi charmant que talentueux qui est aussi, comme par hasard, un sosie du fameux chien de… la Voix de son Maître. La très jolie musique de Ludovic Bource accompagne avec justesse le film dans ses différentes tonalités du début jusqu’à la fin.

La mise en scène oscille entre plans « d’époque » et jolies trouvailles. Les scènes inspirées de chefs d’œuvre américain du noir et blanc (pas forcément muet : Citizen Kane, Le portrait de Dorian Gray, Charlot…) sont amenées avec la grâce et l’imagination nécessaires pour qu'elles s’intègrent parfaitement au film. Hazanavicius nous raconte à peu de choses près la même histoire que le chef d’œuvre « Chantons sous la pluie », sauf qu’ici le héros ne saura pas rebondir. Le sujet de The Artist n’est pas uniquement l’avènement du parlant mais la fin d'un monde pour un homme, maître du silence, et aussi une belle histoire d'amour.

Il ne faut pas si tromper : The Artist n'est pas un film gadget ou une folie de cinéaste qui rêvait d'un film en noir et blanc, muet et au format carré. The Artist est un grand film avec une histoire qui existe hors de son insolite format, un film riche, astucieux, gracieux et particulièrement enthousiasmant.

 

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