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homme-qui-voulait.jpgEric Lartigau met en images l'efficace livre de Douglas Kennedy . Le film est particulièrement bien réalisé. L'image est belle et certains plans sortent de l'ordinaire. L'interprétation est excellente jusqu'à celle des enfants dont les scènes sont particulièrement réalistes et touchantes. Marina Foïs prouve une fois encore qu'elle a la carrure d'une comédienne de tous les registres, Eric Ruff, méconnaissable pour qui l'a vu chez Tchekhov, est parfaitement antipathique, Niels Arestrup est excellent comme d'hab', Catherine Deneuve formidable, merveilleuse, la Grande Deneuve quoi. Enfin Romain Duris qui porte le film et le rôle principal nous emporte envers, contre tout, et malgré tout car bien que les qualités ne manquent pas, le film scindé en deux parties est assez inégal. La première partie située en France est particulièrement réussie. Rythmée, riche en événements et en jeu d'acteurs, elle donne envie de voir la suite. Cependant, à la seconde partie, correspondant au changement de "vie" de Romain Duris, on décroche peu à peu. Alors que le héros doit fuir, que la tension monte, la réalisation s'essoufle et ralentit. Ca manque de rythme, de nerf et de frisson. Les longueurs sont nombreuses et on ne tremble pas pour le héros. Sa reconversion et les risques (invraisemblables certes) qu'il prend n'émeuvent pas plus. C'est dommage car dans sa forme visuelle (à l'image de la très belle affiche) et dans l'interprétation le film tient ses promesses. Une fois de plus, c'est dans l'écriture et l'arbitrage de ce qui est important ou non dans le récit que le bât blesse. Un film imparfait mais pas tout à fait raté non plus.

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La-Princesse-de-Montpensier image-gaucheBertrand Tavernier adapte au cinéma le roman de Madame de Lafayette "La Princesse de Montpensier".

16ième siècle, la France se déchire dans les guerres de religion. Marie de Mézières, amoureuse du Duc de Guise, est donnée en mariage, pour faire les affaires de papa, au Prince de Montpensier. 

On se souvient de l'accueil à la fois dithyrambique et assassin fait au film lors de sa présentation à Cannes en mai dernier. Les uns criant au chef d’œuvre, les autres parlant de purge ; critiques qu'on retrouve à l'occasion de la sortie cet automne.

Difficile de se ranger dans un des deux camps. Malgré ses qualités le film n'emporte pas vraiment.

La reconstitution de l'époque est assez remarquable et poussée au détail. Et les scénaristes s'emploient à rappeler le contexte politique. Les scènes de bataille sont  courtes et curieusement travaillées à l'économie. Elles semblent avoir été tournées et montées de façon un peu expéditive. Et on ne voit pas trop ce qu'elles apportent au film.

Les personnages qui entourent et manipulent la Princesse de Montpensier sont interprétés de façon inégale et plutôt curieusement dans des registres de jeu assez différent. Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle du Prince de Montpensier a deux de tension et annone son texte plus qu'il ne le joue. Avec son allure d'enfant de cœur, on croit peu à son personnage de guerrier amoureux éconduit. Gaspard Ulliel en Henri de Guise endosse une fois de plus le rôle du jeune homme fougueux. Il fait du Gaspard Ulliel avec un jeu très moderne. Lambert Wilson campe le Comte de Chabanne, un homme usé par les horreurs de la guerre à laquelle il a renoncé. Le seul homme sage entourant la Princesse. Wilson sans sort bien mais le rôle est assez ingrat et manque, tel qu'il est servi par le scénario, de relief. Son jeu est un peu apprêté. Le Duc d'Anjou est parfaitement interprété par Raphaël Personnaz qui dans un rôle assez court marque les esprits. Il joue avec panache et une certaine ironie.

Quant au rôle féminin, Mélanie Thierry est épatante. La Princesse de Montpensier lui offre de jouer de tous les registres et elle s'y emploie avec fraîcheur et talent. A tel point que l'on regrette qu'elle ne soit pas plus présente. C'est elle et son personnage qui porte le romanesque et qui offre la part intéressante du film, qui aurait dû être le seul objectif du film. Malheureusement, le soucis de faire de l'époque une peinture parfaite perd les scénaristes qui ne recentrent pas leur histoire sur le personnage le plus intéressant et dont le film porte le nom. Ils semblent n'avoir pas su faire de choix et la durée du film (2 heures 20) n'y change rien. 

 

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les_petits_mouchoirs.jpgCons, égoïstes, assez malsains et à l’occasion méchants, les héros du film de Guillaume Canet sont de parfaits repoussoirs. Difficile donc de s’attacher à cette bande d’amis car, oui, il s’agirait d’amis que nous ne souhaiterions pas à nos propres ennemis. Le pire de l’histoire est que rien ne les fera évoluer. Ils demeureront jusqu’à la scène de fin (grotesque), cons, égoïstes et sans moral. Seul le réalisateur et scénariste du film, à fond dans son histoire, ne semble pas s’en apercevoir. Il aime ses personnages et multiplie les scènes d’émotions faciles (qui n’émeuvent pas) et les plans contemplatifs (interminablement longs et niais) de ces formidables vacances entre potes. Alors que comprendre du film de Canet ? Comment apprécier cette succession de scènes lourdingues, sans la moindre grâce, à l’image des personnages ? Où trouver l’empreinte d’un  Sautet ou d’un Yves Robert auquels Canet dit se référer ?

Pour être honnête, la première partie du film fait sourire à plusieurs reprises. On pense alors aux Bronzés ; on est donc loin de François, Paul et les autres ou de l’Eléphant qui trompe énormément (mais bien moins que « les petits mouchoirs »…). Mais cela ne dure pas. Comme les héros de Leconte, les héros de Canet sont donc bêtes et méchants. Sauf que les potes de Jugnot n’étaient pas très beaux, un rien beaufs et étaient présentés de façon assumée comme des loosers. L’indulgence qu’on ressentait pour eux et qui nous les rendaient drôles ne perle pas chez Canet. Ici, les personnages sont beaux et bobos. Aucune compassion possible pour ces pauvres parisiens têtes de chien. Le nombrilisme forcené dont ils font preuve pendant 2h30 est sans intérêt et lorsqu'à l'épilogue, dans une scène qui se veut expiatoire, ces personnages confirment une fois de plus leur égocentrisme, on est effaré.

Seul le personnage de Cluzet peut trouver grâce à nos yeux. Aussi con et égoïste que les autres, il porte en lui un besoin absolu d’être valorisé et de plaire qui le rend bêtement humain. Le seul humain de la bande... peut-être.

 

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social-networks.jpg

Un très bon film qui accroche le spectateur même le moins concerné par Facebook.

Grâce au talent de David Fincher et de son comédien, Jesse Eisenberg, on se découvre pour cette histoire un intérêt tout à fait inattendu.

Et en touche finale, une révélation tout aussi surprenante : Mark Zuckerberg fait plus pitié qu'envie.

A voir.

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Des-hommes-et-des-dieux

« Des Hommes et des Dieux » raconte les derniers jours des moines français  de Tibhirine en Algérie auprès des habitants de leur village.

 

On peut faire au "Grand Prix du Jury" de Cannes 2010 quelques reproches.

Le film est assez lent mais d'une lenteur qui se justifie aisément. C’est elle qui installe l’atmosphère monacale et la peur et le doute qui s’immiscent.

Le film est inutilement long. Il est répétitif sans doute dans une volonté d’être le plus juste possible avec les sentiments des protagonistes. Du coup, l'oeuvre y perd en émotion. Le scénario se penche beaucoup sur frère Christophe, et revient souvent sur sa peur panique et sa perte de la foi. Sur les 9 frères, le film s’attarde ainsi surtout sur les frères Christian, Christophe et Luc. Pourtant tous les comédiens sont remarquables, on trouve intérêt à chacun des frères et on est frustré que certains soient délaissés.

Enfin, la scène finale est mal choisie. Il eut mieux valut arrêter le film après l'émouvant texte de frère Christian. Clore ce film humaniste sur les mots d’un humaniste, au-delà de la foi, aurait été plus juste. Ainsi, certains choix des scénaristes surprennent et déçoivent un peu. 

Bref, « Des Dieux et des Hommes » est un film imparfait. Il n'en demeure pas moins remarquable. Remarquable par les hommes qu’il raconte, par les comédiens qu’il met en scène et par un certain talent du réalisateur à filmer l’inexprimable.

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