Le général Sternwood engage le détective privé Philip Marlow car il est victime d'un chantage qui concerne sa fille cadette.
L'intrigue est complexe au point que ni les scénaristes, ni le réalisateur ne la comprenaient vraiment. Les hommes qui jouent aux cow boys, les rapports hommes-femmes...tout cela n'a pas très bien vieilli. Mais le rythme soutenu, les dialogues savoureux, la présence du couple mythique Bogart-Bacall devant la caméra et celle d'Howard Hawks derrière fait du Grand sommeil une oeuvre majeure du film noir américain.
Jeanne Dielman, veuve, vit avec Sylvain, son fils adolescent à Bruxelles. Sa vie d'une grande routine est ponctuée par les tâches ménagères et par la visite des clients de son activité de prostituée.
Jeanne Dielman..., tourné en 1975, a été élu le 1er décembre 2022, "meilleur film de tous les temps" au classement décennal de la revue britannique Sight and Sound. Hasard ou conséquences, le film restauré ressort en salle, l'occasion de vérifier les raisons de cet étrange et audacieux prix.
Le film porte une forte personnalité formel. Il est construit en plans fixes que la divine Delphine Seyrig habite et traverse. La colorimétrie est pâle. Blanc, beige, marron, jaune paille et bleu gris dominent. Les bruits de la vie domestique envahissent l'espace sonore. Les dialogues sont réduits au minimum. Quand la parole vient c'est par la voix de Delphine Seyrig ou par celle d'une voisine anonyme sur des considérations domestiques ou par celle de l'adolescent qui s'interroge sur les relations charnelles.
Ainsi les tâches quotidiennes répétitives, maîtrisées, sournoisement alienantes, forment la vie sans plaisir et en huis clos (appartement et commerces du quartier) de Jeanne Dielman. Mais, petit à petit, l'expression sur le visage de Jeanne change, la mécanique semble se gripper.
Difficile de dire que Jeanne Dielman est le meilleur film de tous les temps, et si ce classement a un sens. Mais, ce film est en tout point remarquable, nous tenant en haleine pendant ses trois heures de plongée au coeur de la vie de Jeanne Dielman qu´interprète magistralement Delphine Seyrig.
France, 1916, le Général Paul Mireau, motivé par une promotion imminente, ordonne à ses hommes d'attaquer la position allemande "côte 110". Sur place, le Colonel Dax dont le régiment est épuisé et sans renfort se voit obligé d'accepter lune mission qu'il sait sans issue favorable.
Les sentiers de la gloire, adaptation du livre d'Humphrey Cobb, dénonce l'attitude des États-majors, officiers de bureau, et le sort des soldats, traités comme du bétail, victime d'une justice militaire expéditive, fusillés pour l'exemple.
Il s'agit donc d'un film dont les deux parties qui s'affrontent font partie du même camp, sujet qui le classe ainsi plus dans la catégorie des films politiques plutôt que films de guerre.
Le scénario est d'une efficacité redoutable, chaque scène installe une émotion/humeur, un fait/action qui permet au récit de se déployer avec précision sur ses enjeux. La réalisation est faite de plans longs, usant d'une grande profondeur de champ, plaçant l'action sur plusieurs plans. Le noir et blanc, qui souligne l'époque des faits, sert parfaitement l'ambition esthétique de l'oeuvre. Le 1 er chef d'oeuvre de Kubrick.
A Vienne, en 1900, une succession de rencontres amoureuses qui débute par celle d'une prostituée et d'un soldat et qui se clôt par celle d'un comte et de la même prostituée.
Ophuls adapte la pièce d'Arthur Schnitzler. Le film s'ouvre par un long plan séquence mettant en scène le narrateur qui introduit et mène la ronde. Une ronde de l'amour, ou plus sûrement du désir, jouait sur le ton de l'humour et de l'ironie, et où les femmes mènent le jeu. L'ensemble est servi par un casting prestigieux : Simone Signoret, Serge Reggiani, Daniel Gélin, Danièle Darrieux, Odette Joyeux, Jean-Louis Barrault et Gérard Philippe. La réalisation virtuose d'Ophuls enchaîne les plans longs qui sont un régal.
1938, en Italie, Mussolini met en place les lois anti-juifs. La jeunesse juive de la ville de Ferrare trouve refuge dans le jardin et sur les cours de tennis de l'immense propriété des Finzi-Contini, famille juive richissime. Les amitiés fortes, leurs trahisons et leurs désillusions s'y nouent, la cruauté des amours déçus et la violence des lois fascistes se mêlent.
De Sicca adapte le roman de Giorgio Bassani à la demande de l'auteur lui même. Celui-ci apprécia peu le résultat qui porte trop de trahisons à son œuvre.
Le film, au récit un peu expéditif, parvient toutefois à nous attacher à ses personnages et à dessiner leurs tourments et l'étau qui se resserre sur eux jusqu'à pénétrer le refuge des Finzi-Contini.