La Loi du Marché de Stéphane Brizé

Depuis son licenciement économique il y a près de deux ans, Thierry cherche un emploi. Il vit avec sa femme et son fils adolescent handicapé. On le suit dans ses rendez-vous à Pole emploi et à la banque, en entretien d'embauche et dans son nouvel emploi dans un supermarché.

Stéphane Brizé nous dessine le parcours de Thierry à coups de scènes d'un réalisme saisissant, qu'il ne craint pas de faire durer, comme suspendues, laissant place aux silences. Tout sonne terriblement juste. Terriblement car dans la vision de Brizé être au chômage tue mais travailler ne sauve pas toujours. Le récit est bien mené et équilibré. Le film n'est pas parfait mais les petites réserves que nous pourrions avoir s'effacent devant l'impression générale, celle d'avoir été happé pendant 1H35 et d'avoir vécu réellement auprès de Thierry. Cela est aussi dû à la qualité de l'ensemble des comédiens et, beaucoup, à la prestation essentielle de Vincent Lindon. Impressionnant, cette fois encore. Il ne joue pas, il est.

Brillant.

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Paul Dédalus, de retour d'un long séjour à l'étranger, apprend qu'il a un homonyme à l'autre bout du monde. Cela éveille des souvenirs de jeunesse : sa mère malade, un voyage scolaire en URSS et surtout son histoire avec Esther.

De ces trois souvenirs d'une jeunesse, les deux premiers semblent surtout servir à éclairer le troisième qui occupe l'essentiel du film. Une belle histoire d'amour où l'on retrouve à l'âge de l'adolescence le Paul et l'Esther de "Comment je me suis disputé". Desplechin nous offre de nombreux moments de grâce, mais aussi quelques moments d'ennuis. Son histoire est un peu répétitive et semble du coup traîner en longueur. Les références au cinéma de Truffaut - plans, astuces narratives, accompagnement musical - sont trop évidentes et nombreuses. Elles donnent une identité bancale au film. Mais "Trois souvenirs de ma jeunesse" renferme un bijou : le miracle de la découverte d'un comédien talentueux : Quentin Dolmaire. Sa voix et son phrasé particulier, le place dans le sillon d'un Charles Denner. Il nous tient, ainsi que le film, sur ses épaules, pendant 2h00.

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Harry Gruyaert à la MEP

La Maison Européenne de la Photographie expose, jusqu'au 15 juin, une cinquantaine d'œuvres du photographe belge qui arpente le monde depuis 50 ans. Plages belges aux étendues infinies, ciel bas et sombre du Nord s'affichent au côté de bars et salles d'attente aux couleurs saturées. Les paysages semblent avoir été exécutées par des peintres flamands et les gros plans des photographies retouchées par ceux du Pop Art. Les œuvres exposées dans la première salle sont particulièrement marquantes, la seconde salle avec des tirages plus petits épate moins.

La RATP, partenaire de la MEP, expose pendant toute la durée de l'exposition des photos d' Harry Gruyaert dans 6 stations et une gare RER : Gare de Luxembourg (RER B) - Stations Hôtel de Ville (L.1), La Chapelle (couloir de correspondance RER B-L.2), Saint-Denis Porte de Paris (Ligne 13) - Stations Bir Hakeim (sous le viaduc-L.6) et Saint-Michel (L.4) - Station Jaurès (sous le viaduc-L.2).

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A Londres, Sir Wilfrid (Charles Laughton), vieil et brillant avocat, vient de sortir de l'hôpital quand Leonard Vole (Tyrone Power) vient lui demander de le défendre car il.est accusé du meurtre de Mme French, une vieille veuve. L'attitude ambiguie de l'épouse (Marlène Dietrich) de Leonard convainc Sir Wilfrid de le défendre.

Adapté d'une pièce d'Agatha Christie, le scénario se compose de deux parties. A la mise en place des personnages et des faits succède le procès. Le film très bavard présente de nombreuses notes d'humour. Mais il vaut surtout pour son scénario retors. 

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Les souvenirs de Jean-Paul Rouve

Romain, jeune étudiant, apprend la vie au contact de son père, jeune retraité dépressif, de sa grand-mère qui refuse de vivre en maison de retraite et de son colocataire looser avec les filles. Quand sa grand-mère disparaît, il part à sa recherche.

C'est rien de dire que l'ensemble est niais. Les bons sentiments font rarement un bon film surtout lorsque le scénario sonne creux à ce point-là. Rouve avait pourtant relevé le défi dans son précédent film "Quand je serai petit" où sa poésie nous emportait dans une autre dimension. Mais ici l'écriture et la mise en scène stagnent à un premier degrés où n'opère aucune magie. Malgré quelques bonnes idées et réparties où l'on reconnaît bien l'humour de Rouve, l'histoire et les dialogues tombent à plat. Les comédiens confirmés, Michel Blanc en tête, ne sont pas au meilleur de leur forme. Les plus jeunes dont Mathieu Spinosi donnent un peu de vigueur et de justesse à l'ensemble.

Date de sortie en salle : 14 janvier 2015

Date de sortie en DVD : 20 mai 2015

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