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Les Témoins d'André Téchiné

En 1984, Manu, la vingtaine, s'installe à Paris chez sa sœur. Un soir, dans un lieu de rencontres homosexuelles, il fait la connaissance d'Adrien, un médecin d'une quarantaine d'années qui le prend sous son aile. Adrien présente Manu à ses amis, Sarah et Mehdi, un couple dit "libre".

On s'attache vite à ces personnages ivres de vie en recherche d'absolu et dont les vies sont bouleversées par la maladie. La narration en voix off évoque Truffaut et participe à faire naître l'émotion. Les comédiens, Michel Blanc, Sami Bouajila, Johan Libéreau, Emmanuelle Béart et Julie Depardieu sont tous excellents.

Une partie de la BO semble très aspirée de la musique de Philip Glass pour The Hours. Comme souvent Philippe Sarde s'est très inspiré du travail d'un de ses confrères...

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Je ne pense pas que La Môme soit un très grand film. Les costumes et décors sont parfaits et un plan séquence de près de 3mn30, magnifique, impressionne durablement. Mais il y a trop de partis pris, trop de raccourcis, trop d'oublis, globalement trop fouilli. Pourtant, les 2h20 passent sans ennui réel et l'empathie fonctionne.
Il est vrai qu' aujourd'hui encore, la voix et les chansons de Piaf demeurent créatrices d'émotion forte. Mais surtout Marion Cotillard marque là l'histoire du cinéma.
Son incarnation de ce que fut Piaf et de ce qu'elle fit de sa vie (ou du moins la vision qu'en a Dahan) est exceptionnelle. Le maquillage n'y est pour rien. Elle vit Piaf, elle est Piaf à tous les âges, dans tous ses états.
Si on céde à l'émotion, c'est aussi d'assister à cette incroyable performance.
A ne pas manquer.


 

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Séance de rattrapage ce week-end :
j'avais honteusement loupé le Truman Capote de Bennet Miller au cinéma, je n'ai pas loupé sa sortie en DVD.
Je ne connais pas grand chose de Truman et ne peux donc jugé de la fidélité du film au personnage et à son histoire.
Cependant, la composition de Philip Seymour Hoffman est particulièrement impressionnante.
Le personnage qu'il créé est celui d'un génie, irresistiblement antipathique. Entre prétention et auto-dérision, il demeure son propre sujet de prédilection même lorsqu'il enquête sur un crime odieux (l'autre sujet du film). L'intérêt qu'il porte au criminel ne tient que parce qu'il se retrouve en lui.
Le génie Truman créé en nous moults sentiments contradictoires tout au long du film. La composition exceptionnelle de Philip Seymour Hoffman en est pour beaucoup.
A voir absolument en VO.

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Babel d'Alejandro Inaritu

Dans le désert marocain un enfant tire à la carabine et blesse une touriste américaine. Cet événement aura de multiples conséquences au Maroc et à l'autre bout du monde aux Etats-Unis, au Mexique et au Japon.

Inaritu développe à nouveau son histoire en la basant sur l'effet papillon. Il aborde les conséquences de la peur de l'autre surtout s'il fait partie d'une culture ou d'un milieu social différents. Les mexicains sont systématiquement suspects aux yeux des américains, tout comme les arabes (tous pays ou origines confondus). Les pauvres, les mexicains et les arabes souffrent d’être forcement coupables, tandis que les riches américains et japonais pansent les plaies laissées par leurs disparus. S'il faut trouver une souffrance commune à tous ces terriens Inaritu désigne celle des enfants car dans Babel, ce sont eux qui morflent avant tout, victimes de la faiblesse et de la négligence des adultes. Si la partie japonaise tranche un peu trop avec les épisodes mexicains et américains, l'ensemble tient en haleine jusqu'au bout et nous laisse face au malheur marocain et mexicain avec un goût amer en bouche.

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Piégée.
Piégée par les critiques excellentes pour ne pas dire dithyrambiques, je suis allée voir le dernier James Bond : "Casino Royal". On m'avait promis un retour aux origines, façon Sean Connery, je rêvais déjà à un nouveau Goldfinger.
Certes, il est bien fini le déferlement de gadgets en tous genres. Comme à la belle époque Bond fait avant tout appel à son ingéniosité (et beaucoup à ses muscles) pour battre ses adversaires.
Mais, le James Bond de Casino Royal est un bourin qui se maitrise mal. Aucune trace du charisme, de l'élégance et du flegme Britanique de l'agent au Service de sa Majesté. Aucun sourcil relevé au dessus d'un oeil ironique. Et quand il séduit c'est uniquement pour récolter des infos sans prendre la peine de profiter vraiment du moment ou pire encore il tombe amoureux.

On trouve quand même quelques bons mots et une belle joute oratoire avec la belle que James convoite, une Eva Green splendide, bien plus qu'une simple James Bond girl et qui donne au traditionnel role féminin du film une place de choix. Daniel Graig n'est pas mauvais non plus et on sent chez lui une certaine profondeur. Mais, les scénaristes en voulant humaniser le personnage n'ont pas réussi à échapper au ridicule de certaines scènes où le vernis du super-héros craque.
Aussi, les longueurs ne manquent pas et les scénaristes empilant rebondissements sur rebondissement s'enlisent. Aucun scénario écrit comme il se doit ne mérite 2h18 de film.

On notera aussi l'accompagnement musical bien lourdingue et le thême musical bien éloigné des classieuses compositions d'un John Barry.

Cependant et curieusement, Casino Royal n'est pas un mauvais film. Mais ce n'est pas un James Bond. Il a juste le mérite d'être plus Bond que les daubes servies par Pierce Brosnan et consorts ces 20 ou 30 dernières années. Il est vrai qu' on part de bien loin.

Malgré tout, je continue de penser que le, pourtant satirique, OSS117 de Jean Dujardin reste le meilleur Bond qu'on est vu depuis Sean Connery.


*Curiosité du film la forte présence d'acteurs français : Eva Green dabord, Simon Abacarian ensuite et enfin Isaach de  Bankolé qu'on n'avait pas vu depuis un bon moment*

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