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Babel d'Alejandro Inaritu

Dans le désert marocain un enfant tire à la carabine et blesse une touriste américaine. Cet événement aura de multiples conséquences au Maroc et à l'autre bout du monde aux Etats-Unis, au Mexique et au Japon.

Inaritu développe à nouveau son histoire en la basant sur l'effet papillon. Il aborde les conséquences de la peur de l'autre surtout s'il fait partie d'une culture ou d'un milieu social différents. Les mexicains sont systématiquement suspects aux yeux des américains, tout comme les arabes (tous pays ou origines confondus). Les pauvres, les mexicains et les arabes souffrent d’être forcement coupables, tandis que les riches américains et japonais pansent les plaies laissées par leurs disparus. S'il faut trouver une souffrance commune à tous ces terriens Inaritu désigne celle des enfants car dans Babel, ce sont eux qui morflent avant tout, victimes de la faiblesse et de la négligence des adultes. Si la partie japonaise tranche un peu trop avec les épisodes mexicains et américains, l'ensemble tient en haleine jusqu'au bout et nous laisse face au malheur marocain et mexicain avec un goût amer en bouche.

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Piégée.
Piégée par les critiques excellentes pour ne pas dire dithyrambiques, je suis allée voir le dernier James Bond : "Casino Royal". On m'avait promis un retour aux origines, façon Sean Connery, je rêvais déjà à un nouveau Goldfinger.
Certes, il est bien fini le déferlement de gadgets en tous genres. Comme à la belle époque Bond fait avant tout appel à son ingéniosité (et beaucoup à ses muscles) pour battre ses adversaires.
Mais, le James Bond de Casino Royal est un bourin qui se maitrise mal. Aucune trace du charisme, de l'élégance et du flegme Britanique de l'agent au Service de sa Majesté. Aucun sourcil relevé au dessus d'un oeil ironique. Et quand il séduit c'est uniquement pour récolter des infos sans prendre la peine de profiter vraiment du moment ou pire encore il tombe amoureux.

On trouve quand même quelques bons mots et une belle joute oratoire avec la belle que James convoite, une Eva Green splendide, bien plus qu'une simple James Bond girl et qui donne au traditionnel role féminin du film une place de choix. Daniel Graig n'est pas mauvais non plus et on sent chez lui une certaine profondeur. Mais, les scénaristes en voulant humaniser le personnage n'ont pas réussi à échapper au ridicule de certaines scènes où le vernis du super-héros craque.
Aussi, les longueurs ne manquent pas et les scénaristes empilant rebondissements sur rebondissement s'enlisent. Aucun scénario écrit comme il se doit ne mérite 2h18 de film.

On notera aussi l'accompagnement musical bien lourdingue et le thême musical bien éloigné des classieuses compositions d'un John Barry.

Cependant et curieusement, Casino Royal n'est pas un mauvais film. Mais ce n'est pas un James Bond. Il a juste le mérite d'être plus Bond que les daubes servies par Pierce Brosnan et consorts ces 20 ou 30 dernières années. Il est vrai qu' on part de bien loin.

Malgré tout, je continue de penser que le, pourtant satirique, OSS117 de Jean Dujardin reste le meilleur Bond qu'on est vu depuis Sean Connery.


*Curiosité du film la forte présence d'acteurs français : Eva Green dabord, Simon Abacarian ensuite et enfin Isaach de  Bankolé qu'on n'avait pas vu depuis un bon moment*

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Dans la presse, les critiques sont flatteuses mais on ne trouve pas deux analyses similaires.
Libero semble échapper à tous à moins qu'au contraire chacun se l'approprie à sa façon.
Libero c'est une tranche de vie et chacun en garde sa part.

Pour moi, Libero c'est violent. La violence du quotidien.
Celui de Tommi 11 ans, un père aimant, exigeant, colérique et à bout de tout, une soeur ado collante et une mère paumée, suppliante, partie puis revenue mais pour combien de temps ?
Tommi regarde son père lui jeter la vérité au visage, ce père qui veut faire de lui un homme et qui ne lui cache rien ou si peu. Un père tout en colère et maladresse, fier et humilié, fatigué de se débattre pour tout. Tommi regarde sa mère petite fille perdue, oiseau blessé, prêt à s'envoler à nouveau. Tommi subit ses copains de classe et sa soeur ado puérile. Tommi s'évade chez son petit voisin et sur les toits.

La magie du cinéma c'est que, pendant 1h45, Tommi c'est nous. On tremble face au colère du père, on étouffe dans cette piscine qu'on nous impose, on blêmit face à cette violence du désespoir qu'un père et une mère ne cachent plus, on voudrait se débâttre pour que cela cesse.

On se souviendra longtemps de ce petit garçon qu'on a été et du regard d'Alexandro Morace - Tommi - criant de vérité.

 

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Ouiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!
Woody Allen est de retour au cinéma.
Derrière l'objectif mais aussi devant la caméra.
Et qui a t-il de plus irresistiblement drôle que Woody Allen à l'écran ?
Dans Scoop, le scénario a finalement assez peu d'importance.
Ce qui compte c'est le couple Scarlett Johanson - Woody Allen, qui réécrivent ici le duo comique.
Woody nous offre un festival de bons mots typiquement Allenien. C'est dense et terriblement drôle.

Match Point était un très bon film mais ce n'était pas vraiment un Woody Allen.
Ici, on retrouve la marque du maitre dans ce qu'il a de plus drôle.
Et moi j' adôôôôôôôreeeee.

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En septembre 1997, j'étais sur la planète Mars.
C'est pour ça que je n'ai aucun souvenir du soulèvement des foules qui se produisit en Angleterre. C'est Stephen Frears qui m'en a informé pas plus tard qu'hier avec son film The Queen.
Donc, le 31 août 1997, la Princesse Diana se tue sous un pont de Paris.
Emois dans le monde entier et drâme national dans toute l'Angleterre. Toute ou presque. Chez les Windsord le chagrin existe... un peu. Mais il s'agit d'un deuil privé, celui des deux petits Princes... privés de leur mère. Pour le reste et surtout pour ce qui est de Diana cela fait déjà un moment que divorcée de Charles, elle est retournée à la vie civile et n'a donc plus droit à un traitement royal.
Tony Blair, premier ministre travailliste fraichement élu, n'aura de cesse durant la semaine qui précédera les obséques de convaincre la Reine du drâme national qui se joue sans elle et du tort que son indifférence cause à la Monarchie.


Ne maîtrisant pas le sujet, j'étais bien loin d'imaginer ce qui c'était réellement déroulé à l'époque. Stephen Frears m'a donc mené de surprise en surprise tout au long de son film-documentaire :
- impensable, l'ignorance d'Elisabeth concernant la passion que portaient les anglais à Diana.
- bluffant, la vitesse avec laquelle Tony Blair devine et même anticipe l' émotion (parce qu'elle est aussi un peu la sienne) que cette mort va créer, et avec quelle intelligence ses conseillers seront lui en faire profiter...
- surprenant, l'acharnement qu' il mettra à sauver et défendre la Reine.
- spectaculaires les foules soulévées par ce décés et l'hystérie collective provoquée par le mutisme de la famille royale.
- hilarant, les coulisses des Windsor et des Blairs.

- curieux, la découverte du protocole et des habitudes de la famille royale.
- inattendue, cette empathie ressentie soudain pour cette Reine paumée.
- remarquables les interprétations d'Helen Mirren (qui ne ressemble pas du tout à Elisabeth d'ailleurs) et de Michael Sheen (Tony Blair).

Un vrai bon film qui donne envie de retourner très vite au ciné et peut-être même de reprendre un abonnement à "Point de Vue - Images du monde"... 



 

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