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Portland, Alex, ado-skateur, tue accidentellement un agent de sécurité dans Paranoid Park, temple du skate.  Pendant 1h30, Gus Van Sant invite le spectateur à suivre Alex avec sa peur d’être découvert, son effroi face à l’irréparable mais aussi son embarras face au divorce de ses parents et aux exigences de sa petite amie.

L’accident meurtrier n’est qu’un prétexte pour réaliser à nouveau le portrait d’un adolescent qui cette fois évolue dans un milieu particulier celui du skate. Gus Van Sant, fasciné par l’univers de Paranoid Park, lieu d’évasion d’Alex, en soigne particulièrement la représentation. Il choisi d’y filmer caméra à l’épaule pour une immersion totale au milieu des skateurs. En plus des ralentis dont il use souvent, il utilise ici le super 8 qui avec son grain différent crée une impression de rêve et d’apesanteur, facilitant ainsi l’identification du spectateur à Alex et à ses rêves de skate extrême.

Les scènes du quotidien d’Alex sont, elles, de facture plus classique (filmées en 35mm), l’accompagnement sonore y étant particulièrement soigné notamment dans une scène de douche impressionnante d’efficacité dans sa simplicité, le son donnant corps à l’angoisse grandissante qui enserre Alex. Gabriel Nevins qui interprète le rôle d'Alex, présent à chaque scène, est parfait. Sa bouille étrange nous hantera longtemps.

Pour Paranoid Park, Gus Van Sant utilise les mêmes recettes que pour Eléphant. Le résultat plus brouillon, un peu moins envoutant, impressionne et interpelle malgré tout.

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En Angleterre dans les années 80, un petit garçon solitaire de 12 ans  se lie d'amitié avec un groupe de skinheads.
La guerre des Malouines, le chômage, la rudesse de l'empire Thatcher et la montée du nationalisme en toile de fond, nous suivons l'évolution de Shaun en milieu skinhead (gentils ou méchants).
Dur, émouvant et souvent drôle, This is England marque les esprits. Entre autres, grâce à ses acteurs tous parfaits dans leur rôle. L'un d'eux impressionne particulièrement. Stephen Graham, le méchant du film qui arrive à donner à son personnage haineux, la pointe d'humanité et la séduction qui suffit à expliquer l'attachement du petit Shaun.
Marquant.

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Avec Patrick Rotman au scénario on pouvait s'attendre au meilleur. Las !
Florent Emilio Siri, le réalisateur, gros sabots aux pieds, semble courir contre le temps, pas celui de l'histoire mais celui dont il dispose pour conter son histoire. Ainsi, les scènes se succèdent dans une mécanique répétitive : une scène d'action = une problématique, une nouvelle scène d'action = une nouvelle problématique (Ceux contre qui on se bat, sont aussi ceux qui ont combattu avec nous en 39-45 / Peut-on justifier la torture parce qu'ils torturent les nôtres ? / Soldat Algérien dans l'armée française de quel pays seras-tu la guerre une fois finie ? etc...).
A force de vouloir trop en dire en un minimum de temps, le propos devient terriblement démonstratif et manque totalement de finesse et de liant. Le jeu des acteurs en devient caricatural (à l'exception notable d' Albert Dupontel) et tout le monde joue à Brando dans Apocalypse Now mais tout le monde joue mal. Maginel dont les yeux bleus - sans doute synonyme de pureté...- fascine le réalisateur en fait des tonnes.

Aussi, l'essentiel du film étant réservé aux scènes d'action (plutôt bien réalisées), il ne reste plus de place pour se consacrer aux héros de l'histoire (ces militaires Français ou Algériens de l'armée française)
, pour installer leur profil psychologique, pour que le spectateur s'identifie. On pense un instant que le réalisateur sans fou jusqu'à ce qu'une scène tire-larmes de 5 bonnes minutes nous montre "un des nôtres" blessé, heureux de sa quille, finalement se faire tuer. Problème : ce type on ne l'avait encore jamais vu dans le film, à aucun moment son importance pour les autres n'a été effleurée... Alors nos larmes... Lorsque Maginel ou Dupontel disjonctent (ceux qui auront vu le film comprendront cet humour de mauvais goût...) on en est presque surpris,comme s'il manquait quelques scènes coupées au montage...

L'erreur, sans doute, aura été de choisir Siri comme réalisateur. Dénué de toutes finesse, ce réalisateur est fait pour tourner un ènième Piège de Cristal mais certainement pas un film sur un conflit aussi complexe que celui que fut la guerre d'Algérie.


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99 francs ressemble au monde qu'il dénonce : moche, bruyant, opportuniste, ridiculement branchouille, faussement sincère et terriblement vain.
Tout est faux, à commencer par les images toutes retouchées par ordinateur. Même Jean Dujardin en fait trop et semble si peu à l'aise dans son rôle qu'il en deviendrait presque mauvais.
Censé dénoncer les méfaits de la pub et de notre société de consommation, ce film est en réalité une occasion de plus pour Jan Kounen de nous servir 1h40 de violence et de vulgarité à gogo avec en pathétique touche finale la "révélation" : avec l'argent dépensé par la pub on pourrait presque sauver le monde.

En définitif, la seule question importante soulevée par le film est :
combien de temps Beigbeder tiendra t-il avant d'avouer que ce film, adaptation de son livre, est une grosse daube ?

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Vu « Joyeuses funérailles ».
Une comédie anglaise annoncée comme la plus drôle depuis « 4 mariages et un enterrement ».
J’ai passé toute la durée du film à me demander pourquoi tout cela me faisait parfois sourire mais surtout pas rire. J’aurai aimé m’esclaffer mais un je ne sais quoi empêchait l’étirement compulsif de mes zygomatiques.
Sur le papier l’histoire n’est pas très originale mais offre un contexte comique généralement efficace : Daniel enterre son père. Chaque membre de la famille arrive avec ses problèmes à régler. Les situations cocasses se succèdent jusqu’à l’arrivée d’un inconnu (« un inconnu » ouarf !comprendront ceux qui ont vu le film)…


Malheureusement, le film manque cruellement de rythme. Les gags arrivent par à coups. La mayonnaise prend quelques secondes et retombe aussi vite. Le montage fait à la hache n'aide sans doute pas.
Surtout, il y a à mon avis un énorme problème de mise en scène. J’ai rarement vu un film comique prônant autant l’immobilisme. Frank Oz filme sans cesse ses acteurs en gros plans fixes. La caméra passe d’un visage à l’autre comme si le réalisateur ne comptait que sur les mimiques de ses acteurs pour faire rire. Mais n’est pas Louis de Funès qui veut et même dans les films de Jerry Lewis le mouvement avait toute son importance.
De fait, ces gros plans empêchent toute exploitation du contraste contexte-évènements. Encore à mon avis un ressort important des scènes comiques, sinon pourquoi placer cette histoire dans le cadre d’un enterrement ? Ainsi, les rares scènes où Oz filme ses acteurs en plan large, dans le décor de circonstance, avec un arrière plan réellement présent, ces rares scènes sont les scènes où l’effet comique est le plus efficace. Mais, elles sont rares.


Aussi, on peut discuter de la lourdeur des gags souvent téléphonés, exploités jusqu’à la corde, le scato l’emportant sur l’humour noir ou pince sans rire. On peut aussi déplorer la fin gnangnan avec le discours du genre « si tout le monde il était beau et gentil, ça serait plus facile ». Mais, ce serait pinailler à côté de ce vrai problème de mise en scène.
On reconnaitra tout de même l'excellence des comédiens tous parfaits tant dans les premiers que dans les seconds rôles.
Si Frank Oz n’a appris aux Etats-Unis (où il a fait toutes ses classes) ni la mise en scène, ni la finesse, il n'est pas mauvais en directeur de casting... Mais est-ce lui qui a fait le casting...?

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