A Brooklyn, Anora, danseuse - prostituée épouse un jeune client. Ivan, jeune adulte immature, est le fils d'un oligarque russe.
Sean Baker poursuit son étude d'une Amérique déclassée aux prises avec le capitalisme. La première partie du film est dédiée à la rencontre du couple. Sexe, drogue, jeunesse dorée et hyper luxe sont au programme. Les couleurs vives et la musique envahissent l'écran.
Dans la deuxième partie, le réalisateur nous emporte dans une autre ambiance. Les hommes de main de l'oligarque interviennent. On bascule dans un film de mafieux façon pieds nickelés. C'est très drôle.
Années 80, dans le nord de la France, Jacqueline et Clotaire s'aiment. Lui est une petite frappe, elle une lycéenne choyée par son père.
Le film débute dans une ambiance La Boum qui se serait déplacée des quartiers huppés parisiens et ses ados sans histoire aux quartiers plus populaires du nord et ses délinquants. Y'a le rock en plus et, au fil du récit de plus en plus de violence. La Boum se transforme en film de mafieux. Ainsi Lellouche confronte la pureté d'un premier amour au banditisme et sa violence.
La photographie très colorée, les plans très travaillés et une bande son très présente évoquent une série de vidéos clips. Le film regorge d'idées formelles. Cela séduit autant que cela perturbe. Le récit, d'une durée de 2h40, se regarde sans réel ennui. Le film frôle la naïveté sans jamais totalement y tomber. Les scènes bien troussées et celles plus convenues, se succèdent mais ce sont les premières qu'on retient.
Dans ce film où l'amour, célébré dans le titre, s'exprime sous toutes ses formes, Lellouche affiche aussi celui qu'il porte aux comédiens. Tous sont d'une grande justesse, à commencer par les jeunes Malik Frikah et Mallory Vanecque, révélations du film. Karim Leklou, Benoît Poelvoorde, Élodie Bouchez, Alain Chabat, Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi, Anthony Bajon, Vincent Lacoste, François Civil et Adèle Exarchopoulos sont tous parfaits.
Alma, spécialiste du sumérien cunéiforme, une des langues les plus anciennes, accepte à contrecoeur de tester pendant trois semaines Tom, un robot à l'apparence humaine programmé pour être son homme idéal.
Immédiatement, vient le souvenir de la série suédoise Real Humans. La présence de Dan Stevens dans le rôle du robot nous renvoie à Downton Abbey, ce qui nous éloigne sensiblement du propos. En revanche, il est excellent, jouant avec finesse le robot presque humain, par une légère rigidité dans les mouvements et une certaine fixité du regard et des expressions du visage.
Le personnage de la scientifique réfractaire ne surprend pas beaucoup, même si ses désirs de femme vont à l'encontre des clichés. Globalement, le récit offre peu de surprise et manque de fantaisie. Il intéresse plus quand il se penche sur les interrogations de Tom face à Alma qui ne réagit pas du tout à ses interactions comme 93% des femmes le feraient, quand il cherche sans cesse à s'adapter à ses attentes, quand il comprend mieux que quiconque ses peines, quand il s'étonne de voir des gens rire en visionnant des vidéos de personnes en situation d'échec... On voit le robot s'humaniser, dans le meilleur sens du terme, un peu plus à chaque interaction, enregistrant et analysant chaque comportement.
Formellement, la réalisation sans imagination ou parti pris artistique renvoit le film au niveau d'un quelconque téléfilm.
Jang HaeJoon, enquête sur la mort de Ki Do Soo homme qui a chuté alors qu'il escaladait une montagne. L'inspecteur est troublé par la beauté de la jeune veuve.
Intrigue policière et amour impossible s'entremêlent. Le scénario est ridiculement alambiqué, sur fond de psychologie lourdingue. La réalisation à l'esthétique soignée qui aurait pu être extrêmement séduisante devient maniérée au contact de ce récit nébuleux. L'ensemble en devient grotesque.
Au Mexique, Rita est une avocate exploitée par un cabinet qui défend des salauds. Elle est contactée par Manitas de la Monte chef d'un cartel meurtrier qui veut changer de sexe.
Les scénarios d'Audiard manquent toujours de crédibilité que ce soit au niveau du réalisme des faits qu'au niveau de la caractérisation de ses personnages. Emilia Perez ne déroge pas à la règle, il en atteint peut-être même son paroxysme ex aequo avec Dheepan.
Audiard traite de façon discutable de sujets sensibles que sont un pays gangrené par la pègre, les familles à la recherche de leur enfant, père, mari disparus, les violences systémiques faites aux femmes, les difficultés d'être trans.... et fait, entre autres choses, du maniement d'armes de guerre une chorégraphie musicale. De plus, il déploie un scénario qui multiplie les excès et part dans tous les sens.
A côté de ce scénario et traitement irritants, plusieurs éléments demeurent positivement remarquables. Ainsi, les comédiennes, Zoé Saldana, Karla Sofia Gascon et Selena Gomez sont remarquables. La réalisation offre de belles idées de mises en image notamment sur les moments musicaux qui sont amenés avec une grande fluidité, les acteurs accélérant leur diction pour passer du parlé au chanté. Les musiques de Camille et Clément Ducol fonctionnent aussi très bien. Marquant sur la forme, discutable sur le fond.