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seances de rattrapage - dvd

De nos jours, à Tahiti, en Polynésie française, la rumeur de reprise des essais nucléaires bruisse. De Roller, le haut-commissaire veille.

Entre boîte de nuit, hôtel de bungalows, église, compétition de surf, spectacle traditionnel... De Roller, représentant d'un État paternaliste, colonialiste, en Mercedes et costume blanc, donne son avis sur tout, négocie, roule des mécaniques avec désinvolture, s'impose en territoire conquis et se met à scruter la mer à la recherche d'un sous-marin nucléaire.

Dans ce film à la tonalité très singulière, Benoît Maginel semble comme un poisson dans l'eau. Il est.l' élément clé qui nous ouvre les portes de cette étrange histoire.

Le récit alterne scènes de cinéma pur et séquences semblant prises sur le vif, proches du documentaire. Le film tout en dessinant le contexte de l'île, suivant De Roller dans ses différentes représentations, sème le trouble.

Pacifiction est visuellement très travaillé, marquant. Les plans de nuit, particulièrement, évoquent des photographies rétro-éclairées, les scènes de discothèque des peintures psychédéliques. La lumière noire est aussi utilisée. Le rose-orangé des débuts et fins de journée est aussi très présent. Certains plans semblent mêler image et peinture. Le travail sur le son interpelle également par son efficacité à imposer les atmosphères.

Un film étrange et intrigant.

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Pierre, fleuriste bankable, voit débarquer sa mère, Judith, après 2 ans d'absence. Judith est bipolaire et s'est échappée de la clinique.

Le scénario, sans être documentaire, présente certains des symptômes de la bipolarité (alcoolisme, hyper sexualité, absence de sommeil, spontanéité...), leur poids sur la malade et sur son entourage entre attachement, rejet et culpabilité. Lui, cartésien et saoulé, semble s'être construit en opposition à sa mère. Elle, malade, très agitée, toute en émotions, cherche à Le reconquérir. Le récit oscille entre sourire et drame, perdant par moment un peu en finesse mais offrant aussi de très beaux moments.

Le film doit beaucoup au couple William Lebghil - Agnès Jaoui qui fonctionne à merveille mais aussi aux seconds rôles tous très bien écrits et interprétés par d'excellents comédiens Salif Cissé, Rosita Dadoun Fernandez, Alison Wheeler.

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Michel Houellebecq arrive en Guadeloupe pour un concours de sosie présidé par Blanche Gardin.

Réalisé comme un mauvais documentaire, ou comme un mauvais polar, composé de séquences plus loufoques les unes que les autres, entre dialogues improbables sur le rien et vérités sur le colonialisme, le racisme, le féminisme, le film déconcerte et amuse simultanément. Les agissements de ces métropolitains blancs sont également commentés sans concession par des Guadeloupéens.

Les meilleurs moments résident dans les tête à tête entre Gardin et Houellebecq qui échangent sur leur vision du couple, de la société et des limites de leurs prises de parole. Le film revient à plusieurs reprises, sans les détailler, sur les propos islamophobes tenus par Houellebecq et Onfray comme pour tenter de raisonner l'écrivain pour lequel Niclouxl, qui tourne avec lui son 3e film, semble avoir beaucoup d'amitié.

Blanche Gardin est hilarante. 

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David, soldat au Mali, gravement blessé, est rapatrié à Paris. Après plusieurs semaines à l'hôpital où il a commencé à tout réapprendre, mais ne se souvient pas de son passé,il s'installe en Ariège chez sa soeur.

Le film est curieusement écrit. L'hospitalisation est traitée comme un documentaire, tout comme une scène à la mairie lors d'une discussion sur la vente de parcelles. Le traitement de la renaissance de David ou celui de son ancienne relation incestueuse avec sa demi soeur sont traitées à gros traits. Rien ne passionné. Benjamin Voisin et Noémie Merlant sont très bien.

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Rudolf Höss, sa femme Hedwig et leurs enfants vivent une vie de famille normale dans une maison qui jouxte les camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau que Hoss commande avec zèle. Tandis qu' Hoss travaille à optimiser le rendement de ses machines de mort, sa femme organise la maison, commande et menace le personnel et récupère vêtements et bijoux parmi les effets des personnes déportées.

Le film se compose essentiellement de plans fixes, sans mouvement de caméra, nous maintenant dans la position d'observateur. Ce parti pris filmique confère aussi aux scènes un effet étrange entre burlesque et ridicule qui contraste violemment avec les coups de feu, les aboiements des chiens, les hurlements et menaces des geôliers et les cris des victimes, en fond sonore, seules, mais incessantes, représentations de l'intérieur des camps.

Ainsi, Glazer, tout en adoptant lui aussi le parti pris de ne montrer aucune image des camps,  propose un dispositif totalement inverse à celui présenté par Laslo Nemee et Le Fils de Saul. Et parvient tout autant à transmettre l'horreur de l'extermination mise en place par l'Allemagne nazi.

Grand Prix du jury Cannes 2023.

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