La Comédie Française accueille Glyslein Lefever qui met en scène Music-Hall de Jean-Luc Lagarce. 

Une fille et ses deux boys présentent un spectacle de music-hall. Ils racontent la chorégraphie de leur spectacle et les aléas auxquels ils font face lors de représentations dans des villes et des salles de moins en moins accueillantes et remplies.

Entre sarcasmes, humour et nostalgie, Lagarce placent ses trois personnages dans la situation d'artistes désabusés qui voient leur art se déliter, le public disparaître. Une mort inéluctable que la volonté coûte que coûte de continuer à jouer ne permet pas d'enrayer. Entre hommage aux artistes et testament personnel de l'auteur.

La mise en scène de Glyslein Lefever et la scénographie de Chloé  Bellemère exploitent astucieusement la toute petite scène du Studio-Théâtre, la transformant en cocoon rassurant, à moins qu'il ne s'agisse d'une impasse, du bout du quai. Françoise Gillard, Gaël Kamilindi et Yoann Gasiorowski sont tous trois épatants dans l'interprétation du texte acéré de Lagarce et de la chorégraphie de Glyslein Lefever.

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En 1987, Philippe, écrivain américain célèbre, puise son inspiration des femmes de sa vie, et plus précisément ici de sa relation avec sa maîtresse anglaise.

En onze chapitres, Arnaud Desplechin s'approprie le livre Deception de Philip Roth et trace un portrait de l'écrivain, aux multiples obsessions dont l'antisémitisme (ou l'antisionisme), qui oscille entre féminisme et misogynie ; un chapitre est d'ailleurs consacré à un procès de l'écrivain face à un jury de femmes. Le réalisateur dessine aussi le portrait de la maîtresse, mariée et mère, malheureuse en famille, qui trouve une oreille attentive dans la garçonniére de cet écrivain qu'elle sait aussi pousser dans ses retranchements.

Les comédiens sont excellents. Léa Seydoux n'a sans doute jamais été aussi juste et Denis Podalydès prouve une fois encore qu'il peut tout jouer. A côté d'eux Emmanuelle Devos, fidèle au réalisateur, est magnifique, tout comme Anouck Grinberg qu'on retrouve avec plaisir au cinéma et Rebecca Marder, parfaite également.

Sur la forme, le film est superbe. La mise en scène de Desplechin est très belle, d'une grande précision, inventive, plaçant à  quelques reprises ses protagonistes dans des scènes de théâtre, utilisant toujours les marques de fabrique de son maître François Truffaut, passant du faux aux vrais avec fluidité. La photographie est également magnifique. Comme tous les films de Desplechin, celui-ci est bavard mais la qualité des dialogues et la musicalité des voix en font un plaisir de presque chaque instant. Cette belle démonstration de l'importance du réel dans la création, la façon avec laquelle l'écrivain vampirise ses proies, ceci non sans une certaine sincérité dans les sentiments, nous renvoie au travail du réalisateur dont on se souviendra, notamment, du procès que Marianne Denicourt lui fit à la sortie de Rois et Reine.

 

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Le Grand Palais Éphémère accueille dans l'ensemble de son espace de 10 000m2 les oeuvres d'Anselm Kiefer inspirées par les poèmes de Paul Celan, auteur de langue allemande rescapé des camps. Les deux artistes ont notamment pour point commun la langue allemande, des attaches françaises, une forme de désespoir et le soucis de faire oeuvre de mémoire.

19 magnifiques toiles immenses, de plusieurs mètres de haut et 4 installations composent cet hommage au poète. Ces compositions, où la matière domine, accueillent des extraits de poèmes de Celan écris à la craie sur la toile. Les noirs, gris, marrons, blancs, faits de peintures, de métaux et d'objets menaçants, mimant l'aluminium, la rouille, la neige, une pluie de cendres, dominent ces paysages de désolation. Mais un éclat de couleur, des champignons, des fougères, des pavots laissent entrevoir le retour à la vie. 

Les toiles sont disposées de façon à ce que, où que soit le visiteur, il puisse voir plusieurs oeuvres. L'artiste n'a pas souhaité imposer un parcours de visite laissant aux visiteurs une totale liberté dans la découverte de l'exposition.

A voir jusqu'au 11 janvier 2022.

Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan
Anselm Kieffer pour Paul Celan

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Pour sa réouverture le 13e Art Théâtre accueille Pixel le spectacle du chorégraphe Mourad Merzouki créé en 2014 et qui a triomphé dans le monde entier.

Sur scène 10 danseurs-circassiens et une danseuse-contorsionniste s'affontent et se débattent dans une avalanche de pixels. Une chorégraphie entre danseurs et vidéos, entre réel et virtuel, impressionnante et belle.

La chorégraphie où le hip-hop domine est explosive. Outre la dextérité des danseurs, le spectacle est parfaitement servi par de très beaux jeux de lumières. Les tenues colorées des danseurs éclatent entre les lignes et points blancs qui se dessinent au sol et dans l'espace. L'ensemble hypnotique gagnerait à servir un récit ici absent. On peut aussi se contenter de l'émerveillement créé par la magie de l'oeuvre.

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Judith mène une double vie entre la France et la Suisse.

Le plan séquence de près de 5 minutes d'ouverture impressionne et intrigue d'emblée. Tout comme l'étrange histoire de Judith qui se débat face à l'effondrement progressif de sa double vie. Le vertige qui gagne l'héroïne se propage au spectateur. Cela par l'efficacité de la réalisation, du récit et surtout par l'excellence de son interprète.

Virginie Efira est, cette fois encore, remarquable et prouve à nouveau, s'il le fallait, qu'elle est une des plus grandes comédiennes de sa génération. A ses côtés la très jeune Ninon Soriano fait des merveilles.

Un film ingénieux, sensible et marquant.

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