Rahim est en prison depuis 3 ans car il doit de l'argent à son beau-père. Par hasard, il se retrouve en possession d'une somme qui pourrait inciter son créancier à retirer sa plainte.

Farhadi tisse, une nouvelle fois, sa toile autour d´un événement presque banal qui entraine ses héros dans une spirale infernale. Son récit aux multiples rebondissements est d'une mécanique implacable. Il emprisonne ses héros dans des décisions cornéliennes où se jouent l'honneur et la réputation si importants dans la société iranienne. Il dessine l'affrontement de personnages, ambiguës, mais dont les prises de positions sont entendables. Tous prisonniers d'une société où l'argent fait et défait des vies, efface les décisions de justice. Farhadi donne un fils à son héros, un jeune garçon bègue. Comme souvent dans ses films, l'enfant s'interroge, observe la folie des adultes et essaye de leur faire retrouver la raison.

La réalisation élégante offre de beaux plans sans jamais voler la vedette au récit. Ses acteurs sont tous parfaits d'Amir Jadidi, dans le premier rôle, jusqu'au jeune comédien qui interprète le fils de Rahim.

De retour en Iran, après un décevant film tourné en Espagne, Asghar Farhadi retrouve la grâce et l'humanisme qui marquent son œuvre.

Lire tous les posts sur les films d'Asghar Farhadi :

A propos d'Elly

Les enfants de Belleville

Une séparation 

Le passé 

Le client

Everybody Knows

 

 

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A Strasbourg, Marie se prostitue à son compte. Pour payer les études de son fils, elle doit trouver beaucoup d'argent.

Dans une forme naturaliste, Cécile Ducrocq fait simultanément le portrait d'une mère prête à tout pour assurer l'avenir de son fils, et celui de l'enfer de la prostitution et par extension de tous les emplois précaires.

Si le film manque un peu de rythme, l'interprétation intense de Laure Calamy impressionne et maintient notre intérêt.

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Patrick Timsit prétend faire ses adieux au one man show sur la scène du théâtre du Rond Point. Et pour justifier sa décision, réelle ou prétexte (il croise ostensiblement les doigts dans le dos lorsqu'il quitte la scène), il expose les 10 raisons qui le poussent à arrêter. 

Ce spectacle a quelque chose d'étrange, complexe dans sa réception et compliqué à commenter. Comme il le fait depuis 35 ans, Timsit, dans le rôle du salaud, traite de ses sujets de prédilection que sont les maux, petits et abyssaux, de notre humanité : racisme, xénophobie, shoah, homophobie, misogynie, égoïsme des riches, exploitation des pauvres et des enfants, vieillesse, mesquineries de notre société...

Mais sa façon de jouer le sale type est plus frontale qu'à l'accoutumée. Il joue moins, voir pas du tout, de sa bonhommie habituelle qui ne laissait aucun doute sur le niveau de lecture de ses saillies et autorisait le rire ; l'ignominie de son propos étant contrebalancée par le personnage.

Ici rien d'arrondie. Tout est brut. Les dénonciations passent toujours mais le rire hésite. Comme pour contrebalancer cette gravité, sont parsemées des blagues assez grossières dont une curieuse obsession pour "la bite" et "le trou du cul" (sa position dans le corps, sa dimension, son utilisation). Timsit s'amuse également à taquiner ou tacler plus méchamment certains de ses collègues humoristes ou pseudo humoristes, ainsi que Mimie Maty et Cyril Hanouna. Le tout donne un ensemble assez bancal.

On espère que ce spectacle, en demi teinte, ne sera pas le dernier. Ça ne serait pas rendre un juste hommage à son talent.

Lire la critique de son précédent one man show : on-ne-peut-pas-rire-de-tout

 

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En 1960, à Angoulême, Anne étudiante prometteuse en littérature tombe enceinte. Alors que l'avortement est puni par la loi, Anne va chercher seule une solution.

Audrey Diwan adapte le récit autobiographique d'Annie Ernaux. La réalisatrice pose sa caméra au plus près de son héroïne pour plonger le spectateur au coeur de ses angoisses et de son combat. Le décompte des semaines et l'accompagnement sonore soulignent la tension et la grande solitude de la jeune femme face à une société qui lui confisque le droit de disposer de son corps et de mener sa vie comme elle l'entend. La remarquable interprétation d'Anamaria Bartolomei achève d'engager totalement le spectateur dans le combat d'Anne, qui demeure malheureusement d'actualité pour de nombreuses femmes dans le monde.

 

 

 

 

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La Cravate raconte l'histoire de Bastien, 20 ans, militant FN.

Les réalisateurs ont suivi Bastien pendant la campagne des élections présidentielles de 2017. Ils mixent ces scènes de militantisme avec celles de Bastien découvrant le texte de la voix off qui accompagne les images du documentaire.

Les réalisateurs déroulent ainsi le portrait de ce jeune militant en prenant soin de montrer que celui-ci leur a donné son aval, en l'amenant à s'interroger sur ses choix politiques et ses actions, en lui faisant avouer un passé qu'il préfèrerait taire.

Ce procédé, certes original, installe un sentiment de malaise. On s'interroge sur la situation dans laquelle les réalisateurs placent ce jeune homme qui, même si l'on se situe à l'opposé de sa vision de la France idéale, nous semble piégé et traité sur une tonalité assez méprisante. On pense à Balzac et ses Illusions Perdues. Sauf qu'ici il ne s'agit pas d'un personnage de roman.

A voir sur francetv

 

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