Jimmy-P.-www.zabouille.over-blog.com.jpg 1948, Jimmy Picard, indien Blackfoot, est admis dans un hôpital militaire. Blessé pendant la guerre, il souffre de nombreux troubles psychologiques. Georges Devereux, ethnologue-psychanalyste est chargé d'aider Jimmy dans sa guérison. 

Comme souvent, Arnaud Desplechin distille dans le traitement de ses personnages une certaine froideur. Si cela peut fonctionner sur une partie des sujets traités par le réalisateur, c'est ici plus incongru et destructeur. Dans Jimmy P., les dialogues sont mécaniques, les échanges trop factuels sans place pour le ressenti, pour que l'on s'attache quelque peu aux personnages. La relation à la fois distanciée et complice entre le psy et son patient sonne faux. Desplechin traite de la même façon leur relation avec leurs proches. Cerise sur le gâteau, l'ensemble très répétitif en devient soporifique.

 

Voir les commentaires

Le-loup-de-Wall-Street---www.zabouille.over-blog.com.jpgDans les années 80-90, Jordan Belfort, trader, fait fortune. Pendant 2h50, Scorsese nous invite à suivre son jeune héros dans ses diverses orgies (sexe, drogue, fric,....). On ne doute pas un seul instant qu'en adaptant l'autobiographie du trader, Scorsese cherche à dénoncer les dérives de la finance. Mais on est moins sûr que tous les spectateurs l'accueillent ainsi. 

En effet, le film bénéficie d'une mise en image rythmée, laissant place à l'humour et un vocabulaire branché (et souvent grossier). L'essentiel des scènes a pour sujet des partouses, des prises de drogue et des virées en yacht. Tout est outré, dialogue et jeu, mise en scène sans distance, sans jugement. Tout cela est-il minable ou cool ? Scorsese se contente de filmer l'outrance. Les scènes d'orgies se suivent et se ressemblent. Jusqu'à l'écœurement ? Du coup, en plus d'être gênés par le parti pris qui semble être "la forme fait le fond", on s'ennuie rapidement. Même la qualité de la prestation de Leonardo du Caprio, excellent comme souvent, finit par lasser.

Voir les commentaires

Antigone-www.zabouille.over-blog.com.png 

Le rideau de la Comédie Française se lève. Pour décor, trois portes semblables, comme le souhaitait l'auteur. Les acteurs, convoqués sur scène, attendent. Le chœur (Clothilde de Bayser, parfaite) entre ironie et renoncement annonce le destin de chacun. La tragédie est écrite et aura bien lieu sous nos yeux.

Marc Paquien propose une mise en scène physiquement exigeante au diapason de la fougue d'Antigone. Dans le rôle titre, Françoise Gillard pousse parfois jusqu'à la folie alors qu'on imagine Antigone plus proche de l'exaltation. C'est la seule réserve que l'on retient après la représentation. Car ici tout emporte à commencer par la beauté poétique du texte d Anouilh dont les thèmes abordés résonnent encore aujourd'hui. La mise en scène énergique, la beauté simple du décor, le travail sur le son, celui sur la lumière, l'interprétation de Nazim Boujenah qui en deux scènes vous saisit, le contraste entre la stature frêle et sèche de Françoise Gillard et l'imposante carrure et la voix de stentor de Bruno Raffaelli font de cette représentation un très beau moment.

 

Voir les commentaires

affiche-Yves-Saint-Laurent_le-film_2014.jpgLe film pourrait s'appeler "Pierre Niney, moi, Saint-Laurent" tant l'incarnation est bluffante et le film décevant au regard de ce prodige. Le récit est, assez prévisiblement d'ailleurs, mal tenu. Comment raconter le génie et la complexité d'un tel artiste en 1h40 ? Comment assumer les impasses, comment limiter l'effet sketch dans la succession des instants clés de la vie de Saint-Laurent ? Il eut fallut être un autre génie pour y parvenir. Jalil L'expert, malgré son évident enthousiasme, n'en est pas un. Bien qu'il dise avoir réduit son champs d'action à l'histoire d'amour qui unissait Yves Saint-Laurent à Pierre Bergé, il est dépassé par l'ampleur du personnage et de son monde. Du coup, il ne tient pas son sujet central et se disperse. Après une première partie bien tenue, il survole tout en un effet zapping qui tient le spectateur à distance, loin du coeur et des tripes de l'artiste, du monde et de la mode.

Autres déceptions du film : sa mise en images et l'utilisation d'une voix off. Le directeur de la photo devait avoir la tête ailleurs. Mais pour un film sur un amoureux de la lumiere et des couleurs c est dommage. Quant à la voix off, celle d'un Pierre Bergé contant son amoureux, l'effet romanesque sans doute recherché ne fonctionne pas. Tout semble sans souffle.

Si Lespert n'est pas un grand cinéaste, il a en revanche le sens du casting et celui de la direction des acteurs sur lesquels le film semble émotionnellement tout miser. Pierre Niney est donc impressionnant accompagné par un Guillaume Gallienne parfait (et une Charlotte Le Bon lumineuse). Ils apportent l'envolée qui manque à la réalisation du film.

Tout comme La Môme, film imparfait, fascine par la prestation de Marion Cotillard, Yves Saint-Laurent vaut pour la prestation du duo issu de la Comédie française. Cela ne suffit pas à en faire un grand film. 

Voir les commentaires

Le-Majordome-www.zabouille.over-blog.com.jpg Aux Etats-Unis, dans les années 20, Cecil Gaines est esclave dans une plantation de coton. Quelques années plus tard, alors qu'il a fuit le sud et la ségrégation, il est engagé comme majordome à la Maison Blanche.

Le film tente, à travers l'histoire de son héros, de raconter celle des Etats-Unis. Kennedy, Martin Luther King, les Black Panthères, la guerre du Vietnam, le Watergate vus par le petit bout de la lorgnette c'est sympathique mais pas très intéressant.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog