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A Berlin, au cœur de l'été, Sasha meurt brutalement. Lawrence, son petit ami, et Zoé, la sœur de Sasha, vivent ce deuil chacun comme ils peuvent.

Le film suit Lawrence et Zoé lors de trois étés : à Berlin alors que Sasha vient de mourir, l'année suivante à Paris et à Annecy et 1 an plus tard à New-York. Chaque retrouvaille donne à voir l'évolution de ces deux personnages face à l'absence : leur besoin de percevoir Sasha dans la présence de l'autre, qui les lie de plus en plus dans une relation fraternelle, les chamboulements dans leur vie privée, leur capacité ou non à vivre leur chagrin, leur aptitude à la résilience.

Sur le papier, le scénario fait craindre l'ennui et le glauque. Et c'est vrai que Ce sentiment de l'été ne fait aucune place à l'action et aux rebondissements spectaculaires. Tout réside dans les sentiments et les sensations générées par une solitude contemplative au cœur même de l'agitation de la ville. Le film n'en est pas moins prenant et particulièrement lumineux tant dans son récit que dans sa forme. La photo est magnifique, les plans des villes particulièrement soignés entre étendues urbaines et espaces verts. Le format 16mm confère aux images une agréable sensation de douce mélancolie. La musique particulièrement bien choisie contribue à nous bercer au rythme de cette histoire où règne en maître la bienveillance qui lie les personnages. Les comédiens premiers et seconds rôles suivent cette belle partition avec précision. On retrouve toujours avec autant de plaisir Judith Chemla. Mais c'est surtout, Anders Danielsen Lie (déjà remarquable dans Oslo 31 août) qui capte notre attention en conférant à son personnage un capital sympathie qui nous emporte d'emblée. Il nous guide avec délicatesse tout au long du film. Et nous voit bien surpris de nous y être senti aussi bien.

 

A voir en salle dès le mercredi 17 février.

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45 ans d'Andrew Haigh

De nos jours, Kate et Geoff s'apprêtent à fêter leur 45e anniversaire de mariage. Quand Geoff reçoit une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour disparue en 1962 a été retrouvé, l'harmonie du couple bascule.

Ici pas d'intrigue. Le film repose uniquement sur la fragilisation de ce couple, dont l'un est bouleversé par la réapparition de ce premier amour, l'autre blessée par la découverte de cette liaison secrète qui aurait pu être plus importante et plus forte que ces 45 ans qu'ils vont fêter. Tout repose sur le jeu de Tom Courtenay et Charlotte Rampling, parfaite dans la montée progressive de la jalousie et du désamour.

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Testament of Youth de James Kent

Au printemps 1914, Véra, jeune femme moderne veut faire des études au même titre que son frère Edward et leurs amis Victor et Roland. Soutenue par les trois garçons, elle obtient de son père le droit de passer l'examen d'entrée à Oxford. Alors qu'elle s'apprête à entrer à l'université avec les garçons, la guerre éclate et les emporte au front.

"Testament of Youth" (idiotement renommé "Mémoires de jeunesse" pour la version française...) est l'adaptation de l'autobiographie du même nom de l'écrivaine pacifiste Véra Brittain. Elle y conte à travers son histoire et celle des hommes qu'elle a aimé à quel point les pays en guerre ont sacrifié leur jeunesse. James Kent, dans une réalisation tout en finesse, qui suggère plus qu'elle ne montre, parvient à communiquer tout à la fois les horreurs de la guerre, l'innocence d'une jeunesse exaltée, la poésie et la soif d'absolu de Véra Brittain. Tout en jouant sans honte la carte du romanesque à travers la beauté des paysages et celle des grandes déclarations, il ne tombe jamais dans le mélo sirupeux. L'ensemble est d'une grande sincérité tout en effleurements. Alicia Vikander porte le film dans une interprétation fiévreuse et raffinée. Elle nous emporte dans ce tourbillon pendant 2h10.

Date de sortie en salle : 23 septembre 2015

Date de sortie en DVD : 27 janvier 2016

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Much Loved de Nabil Ayouch

De nos jours, à Marrakech, Noha, Randa, Soukaina et Hilma se prostituent dans les soirées organisées par les saoudiens et les boites fréquentées par les européens et les marocains.

Nabil Ayouch dénonce l'hypocrisie et le traitement réservé à ces femmes par des hommes et une société menés par les tabous et la religion. Si on ne doute pas de la sincérité du réalisateur et de ses comédiens, la succession de scènes de sexe proches de la complaisance, les dialogues au ras des pâquerettes, la faiblesse du scénario et l'absence d'un réel travail de réflexion sur la société marocaine, nous plongent rapidement dans un certain ennui. On finit par se demander si le succès critique du film ne doit pas plus au courage du réalisateur qu'à son talent de cinéaste.

Date de sortie en salle : le 16 septembre 2015

Date de sortie en DVD : le 2 février 2016

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La vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc

François Sim n'a pas le moral. Sa femme l'a quitté, il vient de démissionner et l'homme assis à côté de lui dans l'avion meurt alors qu'il lui faisait la conversation. La chance semble lui sourire à nouveau quand on lui propose un poste de commercial en brosses à dents.

Tiré d'un roman de Jonathan Coe, ce film, annoncé comme une comédie dramatique, est bien plus sinistre que drôle. L'incapacité du héros à créer des liens profonds avec les gens qui l'entourent et le jeu dépressif de J-P Bacry (excellent au demeurant) plombent l'histoire. Les dialogues ne sont pas particulièrement brillants, le récit pas suffisamment poétique ou surprenant pour retenir vraiment notre attention. La présence furtive de Valéria Golino nous mène un court instant vers une certaine grâce qui retombe dès que son personnage disparaît de l'histoire. Un film pas totalement désagréable mais pas marquant non plus.

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