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Fatima élève seule ses deux filles, Souad lycéenne révoltée et Nesrine l'ainée raisonnable. Quand Nesrine décide de suivre des études de médecine, Fatima multiplie les heures de ménage pour l'aider financièrement.

Le film porte avec simplicité une histoire précise qui dit beaucoup sans s'attarder dans les démonstrations. Soria Zeroual marque dans le rôle de Fatima soutenue par la grâce de la jeune Zita Hanrot.

"Fatima" est un magnifique portrait de femme et un bel hommage aux mères d'origines étrangères qui rêvent d'intégration et luttent quotidiennement pour offrir à leurs enfants un avenir meilleur.

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Les Suffragettes de Sarah Gavron

En Angleterre, au début du XXe siècle, des femmes se battent pour obtenir le droit de vote.

Sarah Gavron choisit de raconter ce combat historique à travers le portrait de quatre femmes d'origines sociales différentes. Les comédiennes, Carey Mulligan et Helena Bonham Carter en tête, sont parfaites. La reconstitution de l'époque très convaincante. Mais le scénario se concentre essentiellement sur le portrait de ces femmes sans aborder réellement la position des politiques, des médias et de la société en générale, ce qui devient vite assez frustrant. Ce traitement accès sur ses héroïnes et le rythme très lent adopté, évoquent plus le canevas d'une série dans l'esprit de "Call the Widwife". Mais, il faudrait plus d'un épisode d'1h45 pour traiter correctement de cette grande lutte pour les droits des femmes.

PS : Avertissement aux fans de Meryl Streep : l'actrice, très présente sur l'affiche, n'apparaît que dans une seule scène d'une durée de 3 minutes.

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Le Petit Prince de Marc Osborne

Une petite fille de 8 ans enfermée, par une mère obsédée par la réussite, dans un monde où le travail et la performance dominent tout, se lie avec un vieil aviateur qui lui conte une drôle d'histoire. Cette rencontre va l'éveiller à d'autres possibles.

L'énorme surprise du film est qu'il ne s'agit absolument pas d'une adaptation du Petit Prince de Saint-Exupéry. Le conte n'est qu'un prétexte (constitutif quand même) pour raconter l'histoire de cette petite fille privée d'enfance et qui revient à l'essentiel quitte à en souffrir un peu. Du coup, le livre de Saint-Exupéry n'occupe que peu de place dans le film. A tel point, que si grande soit la passion que l'on porte au livre, on ne peut pas vraiment s'offusquer de le voir perdre de sa grâce par une découpe à la serpe. L'important est de suivre l'évolution de cette petite fille qui s'éveille à la vie et aux sentiments. Le film est visuellement très agréable, avec des traitements différents selon que l'on soit avec la fillette ou dans le conte du Petit Prince, allant du dessin très moderne à un trait plus classique jusqu'à l'utilisation de marionnettes et du papier découpé. Dans ses deux premiers tiers, le scénario est intelligent, parsemé de poésie dosant habilement les passages du film moderne au conte de Saint-Exupéry. La dernière partie décoit. Le scénario s'égare, perd de sa poésie et tombe dans les travers du film d'animation d'aventures. On garde malgré tout de l'ensemble du film une impression plutôt agréable.

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Knight of cups de Terrence Malik

Rick, scénariste, erre entre Los Angeles et Las Vegas, entre femmes et tournages, et s'interroge sur sa vie.

Malik enchaîne les belles images de villas luxueuses, de plages, de paysages désertiques, de routes interminables,et de jolies filles peu vêtues. Aucun dialogue (ou presque) mais des voix off qui expliquent la vie au héros qui lui même s'interroge dans l'esprit "où vais-je, d'où viens-je, dans quel état...". Christian Bal est de tous les plans. Cate Blanchett et Nathalie Portamn font de courtes apparitions. Et devant tout se vide, le spectateur s'ennuie ferme.

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À l'automne 1944, à Auschwitz-Birkenau, Saül fait partie des Sonderkommandos. Alors, qu'il évacue les corps d'une chambre à gaz, il croit reconnaître son fils parmi les victimes. Il n'a alors plus qu'un objectif en tête donner à cet enfant une sépulture en présence d'un rabin, tandis que ces camarades prépare une révolte pour s'évader.

Ce qui frappe dans Le fils de Saul c'est avant tout sa mise en scène. La caméra filme Saul, de face ou de dos, ne montrant ce qui se déroule autour de lui qu'en arrière-plans plus ou moins visibles. On ne voit donc que peu de choses mais on devine tout d'autant que les bruits, les paroles et les cris eux ne sont aucunement masqués. Aussi, l'image adopte un format carré qui semble bien étriqué créant une sensation d'enfermement, de piège et accentuant une certaine angoisse. Formellement, le film saisit. Sur le fond, on est intrigué par ce personnage dont l'ignoble tâche exige de lui une certaine perte d'humanité qu'il tente obstinément de retrouver en redonnant à cet enfant les honneurs que l'on doit aux morts dans un monde civilisé. Que cette soif d'humanité aille à l'encontre de l'instinct de survie de ces camarades rend soudainement le personnage encore plus complexe et moins sympathique. Si le film affiche des faiblesses c'est dans son récit. Les événements que la quête de Saul croise ou provoque ne tiennent pas vraiment en haleine. Mais le contexte historique et émotionnel puissant et le dispositif de mise en scène fonctionnent.

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