theatre - danse

Italie, début du XVIIe siècle, Galileo Galilée, mathématicien et astronome, confirme et clame la thèse de Copernic : la terre tourne autour du soleil qui est le centre de l’univers. 
Les instances religieuses, tout d’abord conciliantes avec l’homme de génie, en viennent à lui intimer de se dédire. L’astre au centre de l’univers ne peut être que la terre qui abrite les créatures  Dieu.

 

La pièce de Brecht demeure d’actualité. Le dogmatisme religieux peut s’imposer même aux plus savants. Il nous présente ainsi la vie de Galilée à diverses étapes de ses découvertes et de son état d’esprit, de la liberté sans limite à l’emprisonnement, de l’enthousiasme le plus grand à la renonciation, presque, totale (il poursuivra certains de ses travaux en cachette).

 

Sous un éclairage minimaliste qui ingénieusement ne montre que ce qu’il est important de voir, Eric Ruff met en scène 25 comédiens, qui forment, une magnifique troupe. Hervé Pierre est un grandiose Galilée, entouré de Florence Viala, Thierry Hancisse, Jean Chevalier et Élise Lhomeau. Les costumes de Christian Lacroix sont très beaux et servent parfaitement les chorégraphies de Glyslein Lefever. 


Le décor, constitué de 10 immenses toiles reproduisant des détails d’œuvres de peintres de la Renaissance Italienne, déconcerte tout d’abord avant de devenir évident. Ces icônes religieuses semblent juger et écraser notre scientifique, finalement si petit face à la puissance de l’église et à l’espoir qu’elle porte et exploite. 


Si on peut trouver le texte un peu redondant, les 2h10 de ce récit conservent toute notre attention. La qualité de la troupe de la Comédie Française et les parti-pris de la scénographie y sont pour beaucoup.

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Lorsque Serge présente à Marc le tableau qu'il vient d'acquérir, celui-ci réagit violement. L'oeuvre est totalement blanche et coûte 30 000 euros. Marc s'empresse d'informer Yvan de la bêtise de leur ami  Serge.

"Art" de Yasmina Reza, créée en 1994 par Fabrice Luchini, Pierre Arditi et Pierre Vanek, serait l'oeuvre théâtrale contemporaine la plus jouée dans le monde.

Il est vrai que son sujet principal, l'amitié, est universel.

Yasmina Reza interroge ce qu'est l'amitié. Sur quels liens de domination,  d'admiration ou de faux-semblants tient-elle, quel est son prix si elle en a un, jusqu'où peut-elle mener ? Elle en profite au passage pour égratigner l'art contemporain et le snobisme qui l'accompagne, pour questionner sur la gentillesse ou la tolérance que certains interprètent comme de la faiblesse, sur le poids des convictions.

Le théâtre Antoine accueille une nouvelle mise en scène de Patrice Kerbrat, interprétés par les excellents Charles Berling, Alain Fromager et Jean-Pierre Darroussin. Ce dernier, qui, il est vrai, récolte la meilleure partition, est particulièrement réjouissant dans son interprétation. Il a reçu en 2018, le Molière du meilleur comédien pour ce rôle.

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Le public est d'emblée chaud bouillant quand Roman Frayssinet entre en scène au point que pointe l'inquiétude que cet excès d'enthousiasme puisse perturber la juste écoute du spectacle. Que nenni. L'artiste prend la parole et impose naturellement une grande qualité d'écoute.

Frayssinet déroule le cycle de la vie, son inaptitude à l'amour, ses projets de vieillesse, ses rêves de gloire, sa vision de l'origine du monde, sa passion pour la nature, la violence des jeux d'adulte, celle de Paris, évoquant ainsi ses regrets, ses peurs, son humanisme, nos vies absurdes.

Alternant vannes percutantes, récits délirants et pensées profondes, il joue sur les tonalités en permanence de l'exaltation, à la confidence, de la grivoiserie à la poésie. Ainsi, le public rit, retient sa respiration, s’esclaffe, fait silence pour ne rien rater.

Roman Frayssinet présente un style très personnel, d'une expression soignée et ciselée dans tous les styles. Ses qualités de comédien, lui permettent de doser parfaitement chaque expression du visage et une gestuelle minimaliste extrêmement précise et expressive

Au théâtre de l'Oeuvre des jeudi et samedi à 21h jusqu'au 21 décembre.

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Le docteur Petypon se réveille  après une soirée bien arrosée dont il ne se souvient de rien. Il découvre la Môme Crevette, vedette du Moulin Rouge, dans son lit.

Zabou Breitman met en scène ce Feydeau en ajoutant à la folie de l'auteur son propre délire avec quelques idées de scénographie jouant sur l'anachronisme et les mises en abîmes. Cette touche personnelle déborde un peu trop sur la seconde partie qui frôle le n'importe quoi. Si l'on osait des comparaisons hasardeuses, on dirait qu'elle sert moins bien qu'Isabelle Nanty (Hôtel du Libre Echange) le génie e Feydeau, qui crée toujours quelques instants de lassitude avec ses portes qui claquent, ses maitresses dans le placard et ses éternels recommencements. 

On prend tout de même beaucoup de plaisir à voir les personnages se débattre dans cet embroglio.

Micha Lescot, définitivement génial, et Lea Drucker, irrésistible, sont hilarants. Le reste de la troupe, ils sont 16 sur scène, Eric Prat et Anne Rotger en tête, suit le rythme avec bonheur.

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Au début du XIXe siècle, Kean, un comédien vénéré par le tout Londres, se perd dans les personnages Shakespearien qu'il interprète et dans celui qu'il s'est lui-même créé.

Alain Sachs met en scène la pièce d'Alexandre Dumas, revisitée par Jean-Paul Sartre. Sur la petite scène du théâtre de l'oeuvre, la scénographie minimaliste agit parfaitement. La troupe parvient sans ridicule à donner du mouvement à chaque déplacement sans impression de contrainte. Alexis Desseaux interprète avec précision le panache, la folie et la lassitude de Kean. Les comédiens qui l'accompagnent sont tous très justes.

A voir jusqu'au 27 juillet.

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