theatre - danse

Macha Makeieff met en scène la féroce pièce de Molière. La réputation de misogynie de Jean Baptiste Poquelin est de plus en plus souvent remise en cause par le regard des metteurs en scène contemporains. Sans faire de cette pièce une oeuvre féministe, Macha Makeieff met en évidence les qualités et travers de chaque personnage sans distinction de sexe. Pédant, vaniteux et manipulateur, elle donne à son Trissotin les allures d'un gourou, à ses femmes savantes les aspaects d'adoratrices hystériques et à Henriette, la liberté d'une femme moderne et indépendante.

En transposant cette histoire dans une époque contemporaine, la metteuse en scène se donne toute liberté et nous propose une version totalement délirante. Décors,  costumes, scénographie, accompagnement musicale et sonore, tout participe à souligner les effets comiques du texte de Molière. La mise en scène,  parsemée de détails hilarants, est précise et relevée. 

Les comédiens dont Vincent Wintherhalter, Marie-Armelle Deguy (aux faux airs de Claude Gensac dans son délire ) et Geoffroy Rondeau pour ne citer qu'eux, sont excellents .

Un régal de 2h15 à  voir jusqu'au 10 mai.

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Michèle Bernier poursuit le récit de sa vie au fil du temps qui passe, la chronique de ses, déjà, 60 ans passés.

Devant des projections vidéos qui illustrent, à l'occasion, son propos, la comédienne s'enthousiasme pour la jeunesse et la modernité que pourtant elle subit plus qu'elle ne l'accompagne. Michèle Bernier est toujours aussi hilarante, son écriture toujours aussi pertinente et drôle. Si le parti pris d'insérer des chansons nous laisse dubitatifs, on est impressionné, depuis le temps que l'on suit les récits de sa vie, de voir qu'elle parvient toujours à se renouveler et à nous faire rire.

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Dans une salle d'attente, une jeune femme, tendance cleptomane, est aspirée par un tableau, portrait d'un militaire, dans une série d'aventures au fil du temps.

Ce spectacle écrit et conçu par Victoria Thierrée Chaplin offre de beaux numéros de magie, de jeux et de danse, dans une scénographie mixant simplicité et burlesque. Aurélia Thierrée, accompagnée de Jaime Martinez et de trois comparses-assistants, est parfaite.

L' accompagnement musical, plutôt décevant, perturbe la plongée dans une ambiance féerique ou poétique. Aussi, on perd rapidement le fil d'un récit qui semble secondaire et avant tout au service des numéros. Les numéros primant sur l'histoire celle-ci est particulièrement de guingois. On percevait déjà cette "difficulté" à tisser totalement un récit dans "Murmures des murs" et c'est ici encore plus évident.

On pourrait se contenter d'admirer la succession de tableaux, mais le semblant de récit qui est proposé au démarrage perturbe quelque peu la lecture du spectacle.

A voir jusqu'au 12 mai.

 

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On connaît le goût de Sébastien Thierry pour l’absurde et le surréalisme, ainsi que sa férocité pour l’homme contemporain bourgeois, lache et à l’occasion raciste.

L’idée de base de la pièce, tous les malheurs petits ou grands que subit une femme de ménage agissent simultanément sur sa patronne, nous semblait pleine de promesses.

Et la toute première partie de mise en place, sans créer l’hilarité  déclenche quelques sourires. Puis, très vite, on perçoit que l’outrance sera de mise. Outrance dans le récit qui déploie le n’importe quoi, outrance dans le jeu des comédiens.

Cerise sur le fiasco, l’interpretation de Dany Boon et de Valérie Bonneton, en tout cas ce jeudi soir, laisse aussi à désirer. 

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Bien que déjà vu en février 2018 au théâtre 13, cette représentation de Raoul ravit toujours autant et procure les mêmes sensations et le même enthousiasme : 

Dans les spectacles de James Thierrée (la veillée des abysses, au revoir parapluie, la grenouille avait raison...), les personnages se débattent contre les éléments déchaînés, des animaux étranges, les objets du quotidien facétieux. Thierrée nous emporte dans des univers oniriques, mêlant rêve et cauchemar, drame et comédie, habillés de décors grandioses où cohabitent les étoffes les plus souples et le métal le plus rigide. Le tout dans une richesse créative rare.

Raoul n'échappe pas à la règle avec pour particularité de ne mettre en scène qu'un seul personnage interprété par James Thierrée. Dans ce spectacle, créé en 2009, Raoul vit seul dans une cabane perdue sur une sorte de banquise, ou tout au moins un monde hostile. Dans sa solitude, il se bat contre un dédoublement de personnalité, un étrange bestiaire, sa maison et les objets qui s'y trouvent. Seule la musique lui apporte le repos jusqu'à ce qu'à son tour elle n'en fasse plus qu'à sa tête. Tout s'écroule autour de lui, le laissant prisonnier et totalement dépourvu sur cette terre hostile jusqu'à ce qu'il décide de quitter enfin l'apesanteur de ce monde.

James Thierrée fait ici la part belle à la danse. La beauté de ses chorégraphies se marient parfaitement avec son univers où cohabitent prestigiditation, acrobatie et mime Jamais, son travail  ne nous aura autant renvoyé à celui de son grand-père, Charlie Chaplin. L'immense richesse créative du spectacle impressionne également particulièrement. Combien d'idées géniales, drôles, émouvantes, surprenantes habitent ce spectacle ? Elles se succèdent  à un rythme soutenu. Et quand Raoul prend enfin son envol, le public célébre le génie qui s'est déployé sous ses yeux pendant plus d'une heure trente.

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