theatre - danse

Hamlet-Cie-Francaise-zabouille.over-blog.com.jpgBien que la polémique gronde dans la presse et sur Internet depuis plusieurs semaines, la salle Richelieu est pleine. Dan Jemmett transporte le héros de Shakespeare dans un club house d'escrime des années 70.

Très vite on comprend pourquoi les puristes se sont offusqués face à la proposition du metteur en scène anglais et de la Cie française qui bouscule effectivement le mythe. Mais la beauté du texte est là, les comédiens sont parfaits (Denis Podalydes, Eric Ruf, Alain Lenglet, Hervé Pierre, Clotilde De Bayser, Jennifer Decker...) et les 3 heures de la pièce s'écoulent sans déplaisir, bien au contraire. Alors, évidemment, on s'attend plus à voir ce genre de délire dans les théâtres des grands boulevards qu'à la Cie Française mais il n'est pas sûr qu'on y trouverait une telle qualité d'ensemble.

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Le-Pere-www.zabouille.over-blog.com.jpgAndré, 80 ans et plus, est contrarié. Sa fille, Anne veut absolument lui trouver une nouvelle "dame de compagnie". Pourtant André est persuadé de pouvoir vivre seul en toute indépendance, même si sa perception du réel lui semble parfois bien étrange.

 

Florian Zeller, auteur très à la mode dans les théâtres parisiens ces dernières années, a toujours une excellente idée de départ et pêche trop souvent dans le développement de cette idée. C'était le cas par exemple de Si tu mourais interprétée par Catherine Frot en 2007 ou de Une heure de tranquillité toujours à l'affiche. .

 

Pour le "Père", il est plus difficile de juger la qualité du texte et celle de la mécanique tant la prestation de Robert Hirsch emporte tout. Le talent exceptionnel du comédien associé à ses 88 ans donne vie au personnage de façon bluffante. Son indéniable soif de jouer et le plaisir évident qu'il y prend participent à l'émotion. Entourée de comédiens plus ou moins inspirés, Isabelle Gélinas est parfaite face au monstre sacré. Le couple nous embarque dans l'émotion et nous laisse au bout de presque 2 heures heureux d'avoir pu applaudir à nouveau le génial Robert Hirsch.

 

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Luchini-www.zabouille.over-blog.fr.jpgPeut-être était-ce un mauvais soir ?

Luchini sort de scène après 1h15 de représentation. La pièce de Florian Zeller a lorgné d'un bout à l'autre du mauvais côté du boulevard. Du même auteur et dans le même style théâtral, nous avions pourtant aimé "La Vérité" à la mécanique démoniaque et tellement drôle. Pour cette Heure, l'auteur ne pare ces personnages secondaires, l'ouvrier polono-portugais, le voisin homo, le fils punk hargneux,  d'aucune finesse. Peut-être, est-ce cette écriture (ou absence d'écriture) qui ne favorise pas le jeu juste chez les comédiens ?

L'intrigue d'une grande simplicité ne laisse aucune place à la surprise, tout est prévisible mais pourquoi pas. La montée en puissance malheureusement ne se résume qu'à une montée de la puissance sonore des comédiens qui jouent de moins en moins et crient de plus en plus. Autour de 4-5 bonnes saillies les dialogues affligent et la forte tendance à la répétition lasse un peu. Tous ces cris et cet écho, est-ce par crainte que le public ne comprenne pas ?

Quand les personnages commencent à se battre et le décor à s'écrouler, on se dit que cette pièce est une satire, celle du théâtre de boulevard dans ce qu'on peut en faire de pire : sans imagination et sans esprit. 25ième degré, tentative de caricaturer la caricature ou grosse paresse de Zeller ?

Quant à Fabrice Luchini, il joue avec une certaine lassitude, sans se donner vraiment. D'ailleurs, cette absence d'engagement nous renvoie sans cesse à Pierre Arditi qui, lui, en donne 100 fois plus dans le même genre d'exercice. Peut-être que Luchini, qui a déjà joué cette pièce au printemps dernier, est las de cette récréation, de ce joujou de piètre qualité et qu'il ne pense déjà plus qu'à Céline qu'il retrouvera bientôt ?

Peut-être était ce un mauvais soir ?

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Ring-www.zabouille.over-blog.com.jpgLe couple sous toutes ses coutures dans la violence, la sensualité, la tendresse, l'euphorie de la rencontre, le drame, la banalité du quotidien. Un sujet vu et revu qui nous faisait craindre le pire.

Mais, ici les échanges entre les personnages parcourant les 17 sketchs sont le plus souvent drôles et bien vus. La scénographie qui mélange vidéo, accompagnement sonore, effets de lumière, mobilier ultra minimaliste et une mise en scène très chorégraphiée participent sensiblement au charme singulier de la pièce.

Ce bel habillage est un écrin de choix pour Audrey Dana et Sami Bouajila tous deux exceptionnels dans des rôles exigeants physiquement et d'une grande variété d'émotion.

Une bien belle surprise.

 

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Anniversaire-Pinter.jpgMeg et Peter tiennent une pension de famille dont Stanley est l'unique client. Peter, plagiste, tout en flegme et indifférence laisse Meg gérer avec maladresse la maison. Elle entretient avec son unique client des relations ambigües, à la fois maternelles et séductrices qui engendrent chez Stanley agressivité et mépris. Quand deux nouveaux clients sortis de nulle part débarquent à la pension, Stanley panique.

Violence, harcèlement et domination règnent dans cette oeuvre de jeunesse de Pinter. Par manque d'explication et d'éclairage sur le pourquoi du comment et le qui est quoi, tout semble gratuit. Du coup, l'histoire perd un peu en intérêt et les acteurs mêmes semblent avoir toutes les peines du monde à tenir leur rôle sans faiblir ou tomber dans l'outrance. La scénographie très cinématographique aide beaucoup à conserver toute notre attention.

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