Pendant le confinement, Jacques Weber a réuni François Morel, François Marthouret, Christine Murillo, Catherine Ferran, lui-même et les marquantes Stéphane Caillard et Audrey Bonnet dans le théâtre de l'Atelier pour proposer une version télévisée d'Oncle Vania de Tchekhov.
Sur la scène, dans la salle et les coulisses du théâtre, la caméra suit les comédiens qui présentent une réécriture moderne de l'oeuvre, qui déçoit un peu. Est-ce la réalisation très prégnante, est-ce la simplification du texte... toujours est-il que le souffle romanesque, la force de la mélancolie Tchekovienne n'affleurent que trop peu.
Jean-François Sivadier met en scène les répétitions de La Traviata de Verdi. Metteur en scène passionné et au bord de la crise de nerfs, chef d'orchestre péremptoire, ténor perché, divas capricieuses, assistante désabusée... tous s'affairent dans cette création, le public représentant les choristes et l'orchestre (muets) de la troupe.
Sivadier montre la création au travail avec l'engagement qu'elle commande, sa passion, sa folie, son incongruité, les angoisses et prétentions de chacun.... Le spectacle de ces répétitions très drôle présente aussi de beaux moments d'émotion et d'hommage à l'art théâtrale. Les comédiens, Nicolas Bouchaud, Marie Caries, Charlotte Clamens, Vincent Guedon, Nadia Vonderheyden et JF Sivadier sont excellents.
France 5 propose, jusqu'au 22 mai, sur le site www.francetv.fr, une captation vidéo très réussie (réalisée par Philippe Beziat).
Sabine trouve dans une vieille boite, ayant appartenue à son grand-père, des archives concernant un certain Léopold Morgenstern.
Frédéric Moulin a écrit et interprète cette pièce qui raconte ses recherches et ses découvertes sur l'histoire de Léopold Morgenstern et ce qui, peut-être, le liait à Louis Moulin.
L'association de la lecture et la projection des documents, ancrant la pièce dans sa vérité historique, et de l'héroïne féminine, exprimant les émotions et les doutes ressentis pendant sa quête, donnent à la pièce une force romanesque à deux dimensions très efficace.
La version filmique est rediffusée sur la chaîne LCP le 30 avril à 22h00.
Le 2 mars 1955, à Montgomery, en Alabama, dans un bus, Claudette Colvin, 15 ans, la peau noire, refuse de céder sa place à une femme blanche. Elle sera la première noire à oser plaider non-coupable face aux juges.
Tania de Montaigne relate le rôle précurseur joué par cette adolescente qui, 18 mois avant Rosa Parks, a osé défier les règles ségrégationnistes établies par Jim Crow. Noire dénonce l'indifférence de l'Histoire envers l'immense courage de Claudette Colvin ; courage dans son geste de rebelion, dans ses interventions face à la justice. Cette jeune fille fut aussi utilisée et abandonnée par les "vedettes" de la cause noire.
La scénographie basée sur des projections de videos et images d'époque et la qualité du texte dessinent parfaitement le contexte, la succession des faits, leur violence et leur injustice. Sur scène, au coeur, de ces illustrations, Tania de Montaigne invite le spectateur à s'identifier à une américaine "colored" vivant en Alabama dans les années 50.
Son court récit à la fois empathique et froid est saisissant.
Les séances d'avril au théâtre de l'oeuvre sont reportées en novembre 2021.
A défaut de pouvoir voir le spectacle en salle, une captation vidéo est accessible sur francetv.fr.
Noire, le livre de Tania de Montaigne (éditions Grasset), est disponible dans toutes les bonnes librairies.