theatre - danse

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Dieu a achevé ses grands travaux : ciel, terre, animaux et hommes. Il s'ennuie depuis des lustres, déprime et décide de descendre sur terre pour postuler à un nouveau poste.

En 1995,  Jean-Paul Fournier, dans son roman éponyme, place Dieu dans la posture du candidat ayant à commenter son CV face à un directeur des ressources humaines. La situation est propice aux calembours, aux mises en abîmes et à l'absurde sans toutefois proposer un vrai lynchage de l'Etre suprême. C'est, malgré quelques facilités, souvent drôle.

Didier Bénureau, excellent, interprète le DRH, qui oscille entre admiration pour la beauté du travail effectué et hargne quant aux conséquences qui en découlent.

Jean-François Balmer campe Dieu. Etait-ce un mauvais soir ? Ce vendredi, il semblait bien hésitant dans son rôle et, de plus, peu caler avec son partenaire. 

Était-ce dû à la toute nouvelle reprise de la pièce (le 2e soir à la Pépinière mais déjà jouée à Avignon cet été) ? A une mise en scène peu inventive ? A un costume encombrant ?

Bref, comme le talent de comédien de Balmer ne peut raisonnablement pas être mis en doute, on jugera que ce soir n'était pas le meilleur. 

Et, donc, que lorsque les deux comédiens sont au diapason, ce CV de Dieu offre sans doute un très bon moment de pur divertissement.

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affiche adieu monsieur haffmann sanscrierart

En 1942, alors que le port de l'étoile vient d'être décrété, Joseph Haffmann propose à Pierre Vigneau, son employé, de lui confier sa bijouterie tandis que lui restera caché dans la cave. Pierre pose une condition.

 

La condition en question, bien que saugrenue, n'est pas nouvelle. Ce genre d'arrangement a déjà été posé dans d'autres fictions.

 

On peut même penser que la pièce aurait gagné en profondeur si Jean-Philippe Daguerre, l'auteur, n'avait pas choisi ce stratagème pour déstabiliser le personnage de Pierre. Le dilemme eut été plus intéressant et universel s'il avait été posé sans cette contrainte.

 

La pièce n'en est pour autant pas désagréable. Elle est servie par une écriture précise des dialogues, de très bons comédiens et une mise en scène remarquable de sobriété.

 

C'est en découvrant la dernière partie, très réussie, de la pièce qu'on comprend que la première partie n'est là que pour la servir. Cette scène finale de dîner est particulièrement glaçante, entre rire et effroi. Charlotte Matzneff y est, à la fois, irrésistible de drôlerie et terrifiante.

 

La pièce a été récompensée par quatre Molières : pièce du théâtre privé, révélation féminine (Julie Cavanna), comédien dans un second rôle (Franck Desmedt) et auteur francophone vivant (Jean-Philippe Daguerre)

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Aux Etats-Unis, Mark, Chéryl, sa femme et Nadine, sa maîtresse, racontent l'impact que la guerre en Afghanistan a eu sur leur vie.

Les personnages s'expriment en trois monologues simultanés, s'interpellant rarement, chacun racontant sa version de l'histoire.

Mark pleure son dégoût d'avoir tué et plus encore d'avoir aimé ça, sa honte d'être devenu un alcoolique violent et l’ambiguïté d'être considéré comme un héros parce qu'il s'est comporté comme un salaud.

Chéryl, enceinte, mère d'un petit garçon, issue d'une certaine bourgeoisie coincée, battue par son mari, crie son désespoir et son dégoût d'avoir gâché sa vie en épousant cet homme violent, machiste et fier de sa guerre.

Nadine, femme affranchie, mal mariée, qui a un certain goût pour la violence clame son amour pour cet homme, sa compréhension pour ce qu'il a vécu et l'engagement qu'il y a mis et sa propre détresse face à la brutalité du monde.

Emily Mann, auteur de la pièce, dresse à travers ces trois personnages, un portrait désenchanté d'une génération américaine. Ecrite en 1981, la pièce parlait du Vietnam. En l'adaptant de nos jours, elle souligne qu'avec l'Afghanistan l'Histoire ne fait que se répéter. Les trois interprètes, Antoine Courtray, Manon Clavel et Ambre Piétri sont excellents avec une mention spéciale pour les filles, 

 

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Alors que les Twin Towers viennent de tomber, un jeune homme marié a échappé à la mort car il a préféré retrouver sa maîtresse plutôt que d'aller travailler. Ce coup du destin, entrouvre pour le couple la possibilité de jouer les disparus et de fuir vivre une nouvelle vie.

La pièce installe dès le départ des rapports conflictuels et violents entre le couple. Elle, plus âgée, instaure une domination professionnelle, morale et intellectuelle et lui une domination physique. A aucun moment, on imagine que ce couple pourrait tout plaquer pour vivre ensemble. Le niveau de tension reste peu ou prou toujours le même niveau ne créant aucune surprise. Et il n'est jamais vraiment question du contexte politique et apocalyptique. L'intérêt pour le propos s'étiole rapidement.

Reste la performance des deux comédiens Marie-Christine Letort et Xavier Galais particulièrement impressionnant.

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Henri et Tobias se retrouvent dans l'appartement familial pour s'accorder sur une affaire de succession. Ils attendent Carl leur frère en retard une fois de plus. Très vite, le ton entre les deux hommes s'envenime entre provocations et non dits.

La pièce écrite par Charif Ghattas offre de belles réparties à ses comédiens sur laquelle elle repose beaucoup. Si elle intrigue dès le départ, elle déçoit un peu dans son switch final. Mais la qualité de jeu de ses interprètes, Thibault de Montalembert et Francis Lombrail, séduit totalement. Ils sont tous les deux parfaits d'intensité.

À voir du 19 au 29 avril.

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