Autant le dire tout de suite, Bronx a un seul défaut : l'utilisation pour musique de "générique" d'un Moon River certes charmant mais affreusement guimauve. Bronx "rate" donc son entrée et sa sortie.
Oublié ce détail, la pièce est une réussite. Le décor (Stéphanie Jarre) vous plonge immédiatement dans l'univers de Cologio qui nous conte son enfance et son adolesence. Le récit écrit par Chazz Palminter est harmonieux, les personnages parfaitement dessinés en peu de mot. Le texte mélange descriptions réalistes d'un milieu et d'une époque, et dialogues drôles ou émouvants. La mise en scène (Steve Suissa) à la fois simple, vive et astucieuse, à l'accompagnement sonore judicieusement dosé et aux belles lumières, est particulièrement efficace. Mais toutes ces qualités ne seraient rien sans l' exceptionnelle interprétation de Francis Huster qui seul en scène incarne les 18 personnages. Il offre à chacun une tonalité, voix, gestuelle, parfois à peine esquisée mais suffisante pour qu'on identifie instantanément le personnage. Il nous emporte dans cette histoire avec une merveilleuse facilité. Quelle joie de retrouver ici le Francis Huster flamboyant qui s'était un peu égaré ces dernières années. Le très grand Francis Huster est de retour. Oh, joie !
PS : parmi les spectateurs, un présentateur des matinales de France 2, un ancien joueur de rugby et Jean-Pierre Mocky
Cathe


vingtaine de saynètes indépendantes et entrecoupées de noir. Chacune (ou presque) a son intérêt, par le rire qu'elle provoque, l'étonnement qu'elle suscite, le voyage qu'elle propose. Jean-Baptiste et Victoria créent une sympathie immédiate. On les connaît à peine que déjà on les aime. Et pourtant, il manque une chose à leur cirque invisible pour nous emporter totalement dans leur univers, pour que nous quittions totalement notre statut de spectateur. Ce petit quelque chose est un fil conducteur, une histoire qui supprimerait les noirs et la frustration de voir le rêve s'arrêter, qui créerait un lien entre chaque saynète, pour que ces merveilleux moments de grâce ne soient pas une "simple" succession de numéros de cirque mais un vrai, beau et long poème. Comme un spectacle de James Thiérrée par exemple, au hasard...