theatre - danse

Sami_Frey_Premier_Amour.jpgSami Frey interprête cette nouvelle-monologue de Becket écrite en 1946, modifiée en 1969 et publiée en 1970. Une oeuvre de jeunesse adaptée à l'âge de la maturité.  

 

Un homme d'un certain âge, quelque peu misanthrope, nous conte son premier et unique amour, qu'il rattache à la mort du seul être qui l'a, sans doute, réellement aimé : son père.

Sami Frey joue ce personnage étrange et étriqué, accueillant avec septicisme cette femme qui bouscule sa confortable solitude et ce nouveau sentiment qu'est l'amour.

 

Le texte de Beckett est absurde, pathétique et très drôle.

La mise en scène de Sami Frey tout en simplicité laisse la place au texte et au jeu : deux bancs et un rideau de fer pour décor, un fond sonore d'une note, et une alarme qui se déclenche quand le héros dépasse une ligne, celle de son univers exigu ?

 

Voix douce et profonde, raide d'immobilisme, un brin inquiétant, le comédien, hypnotise la salle. Un grand moment comme on en rencontre rarement.

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pinterSur scène, un casting de rêve : Bruno Ganz, Pascal Greggory, Jérôme Kircher, Emmanuelle Seigner, Louis Garrel et Micha Lescot.
Une scène immense qui se prolonge jusqu'à éliminer les 1ers rangs et présente l'intérieur d'une maison, salon, cuisine et l'escalier qui mène à l'étage et, à l'extérieur, une caravane. C'est dans ce décor que les moches, bêtes et méchants personnages de Pinter prennent vie. Un léger accompagnement sonore vient parfois signaler aux spectateurs que l'angoisse monte. Il faut dire que depuis la salle, d'angoisse, on n'en perçoit pas vraiment. On regarde la violence des gestes, on entend la violence des paroles mais on ne la ressent pas. On reste aussi froid que l'éclairage de supermarché choisit par le metteur en scène. Un éclairage blafard qui donne aux comédiens des visages de cire.

La mise en scène de Luc Bondy ne laisse pas place à une montée en puissance. On ne sent pas l'étau qui se ressert, l'angoisse et le danger. On ne ressent pas ce froid et chaud soufflés en alternance. Lorsqu'on rit c'est de bon coeur mais sans scrupule et la dramaturgie de la scène qui suit nous laisse froid.

Du coup, on ne sait plus très bien quoi penser du jeu des acteurs. On se réjouira quand même d'avoir vu sur scène le grand Bruno Ganz et Micha Lescot seul comédien qui ne laisse aucun doute sur la qualité de sa prestation.

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alex-lutz.jpgCe qu'on retient avant tout, à la sortie du spectacle de Lutz, c'est la virtuosité du comédien. On reste épaté devant son talent d'incarnation. Ses personnages, une adolescente en crise, une vendeuse maniérée, un vieil homme branlant, un directeur de casting infect, un régisseur un peu trop détendu..., même déjà vu ailleurs sont magnifiés ici par la précision de l'interprétation. Son Karl Lagerfeld, en chevalier du moyen-age, est particulièrement saisissant.

Ensuite, on apprécie sa capacité à jouer des situations borderline avec une distinction qui semble pouvoir laisser tout passer. L'acteur porno qui gère son agenda comme un artisan lambda en est une parfaite illustration. Le décalage est hilarant.

Aussi, on apprécie une certaine profondeur dans des sketchs à priori inoffensifs tels le sketch sur la vulgarité, celle portée par des expressions toutes faites dont on a oublié le sens premier et l'enchaînement direct sur un sketch moquant un SDF.

On rit beaucoup et si tous les sketchs ne sont pas d'égale qualité, on y trouve toujours son compte ne serait ce qu'en admirant l'exceptionnelle dextérité du comédien. A voir sans attendre. 

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CSEP.jpgUn billet de 100€ qui apparaît soudainement sur la table du salon, et qui sera suivi par bien d'autres, vient semer le trouble dans un couple légèrement bourgeois et de gauche. D'où vient cet argent ? Et pourquoi eux ? Elle, effrayée par ce fric qui la menace et lui très enclin à faire avec, vont y perdre la raison.

 

Evelyne Buyle et Pierre Arditi sont excellents dans cette pièce où le mystère de l'origine de cet argent a moins d'importance que ce qu'il dévoile. L'absurde y règne dans les deux premiers tiers avant de tomber dans le n'importe quoi et l'outrance.

 

En ne choisissant pas son camp - l'étrangeté de l'absurde ou le délire de la grosse farce - Sébastien Thiéry déçoit les deux publics, frustrant les amoureux du décalage et lésant les amateurs de boulevard. Vraiment dommage.

 

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L-etudiante-et-Monsieur-Henri---Zabouille.jpg

Henri, 78 ans et un fort caractère, se trouve contraint de partager son appartement avec Constance, étudiante fauchée. Cette colocation, imposée par un fils inquiet pour la santé de son père, va bousculer les certitudes des uns et des autres.

     

Une intrigue banale, donc ,sans grande surprise mais bien menée grâce à une écriture rythmée, parsemée de bonnes répliques. La mise en scène efficace, sans esbroufe, sert avant tout l'histoire. Les comédiens sont très bons : Roger Dumas est plus vrai que nature en vieil homme bougon, Sébastien Castro et Lysiane Meis, sont très drôles en souffre-douleur des déjeuners dominicaux.

 

Comme quoi, il est possible de raconter au théâtre une histoire simple et distrayante sans prendre les spectateurs pour des imbéciles.
 

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