Le musée Picasso présente la première exposition en France consacrée à Faith Ringgold.
A travers une trentaine d´oeuvres, l´exposition invite à decouvrir le travail de cette artiste et activiste afro-americaine née en 1930, qui a traversé toutes les luttes pour les droits civiques jusqu´à celles des Black Lives Matters.
Son travail mêle références à la peinture européenne, traditions africaines, art brut et art naif.
Une toute petite exposition pour une belle et grande découverte à voir jusqu´au 2 juillet 2023.
Après Londres, Berlin, Umea et Luzern, c´est la MEP qui présente, pour la première fois en France, cette retrospective du travail de Zanele Muholi, photographe et activiste sud-africain.e.
Plus de 200 œuvres, couvrant son travail depuis ses débuts en 2000, sont exposées documentant la vie de la communauté noire LGBTQIA+ en Afrique du Sud.
Bien que l´interdiction de toute discrimination fondée sur l´orientation sexuelle soit stipulée dans la Constitution post-apartheid de 1996, la communauté noire LlGBTQIA+ demeure victimes de violence et de "crimes haineux" (terminologie utilisée dans l´exposition).
Activiste visuel.le, Zanele Muholi documente la vie des personnes noires LGBTQIA+ à travers plusieurs séries de photographies. Sont présentées ici Being, sur l´intimité des couples, Only hall the picture, sur les violences subies, Brave Beauties sur les concours de beauté Queer, Faces and Phases, série de beaux portraits de personnes composant la communauté.
Au dernier étage, la série Somnyama Ngonyama (Salut à toi, Lionne Noire) présente des autoportraits étonnants, dont 4 peintures, dans lesquels Muholi détourne les objets du quotidien utilisés par les femmes et les travailleurs.
Chaque série est accompagnée de vidéos éclairantes dont une série d´entretiens avec les participants à Faces et phases.
klar, chanteuse française installée en Norvège, sort son premier EP chez Tylden, distribué par Universal Music Norge.
Sa voix, à la fois puissante et caressante, attire d'emblée notre plus grande attention.
Ses mélodies, entre pop et folk, dont l'imparable "Until the last time", révèlent les influences de klar (Lana Del Rey, Adèle) sans que celles-ci cannibalisent sa propre signature artistique.
Les orchestrations et arrangements qui marient douceur et énergie pop servent parfaitement l'univers de la jeune auteure-compositrice-interprète.
Ces 6 premiers titres donnent très envie d'en entendre plus.
Bernard Kurmann, spécialiste du comportement, a la possibilité de modifier des moments de sa vie. Son obsession : ne jamais être tombé amoureux d'Antoinette. Mais jusqu'où faut-il modifier sa biographie pour atteindre cet objectif ?
Frédéric Bélier Garcia met en scène la pièce de Max Frisch, entre rêve et réalité. Sa mise en scène laisse voir, sans tapage, la mise en abîme du jeu dans le jeu, du théâtre dans le théâtre. L'étrangeté du propos est éclairée par sa scénographie et la précision des comédiens. José Garcia, en homme perdu, Isabelle Carré, en femme insaisissable, et Jérôme Kircher, en meneur de jeu qui souffle sans cesse le chaud et le froid, sont magistraux. Ils sont accompagnés d'Ana Blagojevic et Ferdinand Regent-Jappey, excellents eux aussi.
Présentée au théâtre du Rond Point en mars 2022, Biographie : un jeu a été filmée par François Hanss dont la réalisation sert parfaitement la pièce. A voir sur France.tv jusqu'au 23 octobre 2023.
Glenn Gould né en 1934 au Canada. Il est le fils unique arrivé tardivement dans la vie d'une femme qui se rêvait concertiste. A défaut, elle met son fils au piano dès l'âge de 3 ans et l'entraîne plusieurs heures par jour. Glenn Gould hérite de son hypocondrie, développe un trouble du spectre autistique et devient l'un des plus grands pianistes de l'Histoire.
Ivan Calberac prend le parti-pris de dessiner le portrait de Gould à travers la relation que le pianiste entretenait avec deux femmes : sa mère toxique mais adorée et Jessie, sa jeune cousine enamourée et confidente. Il conte chronologiquement l'évolution professionnelle vertigineuse et le mal être grandissant de l'artiste en adoptant une double tonalité mariant l'humour au drame. Cela fonctionne efficacement bien que le choix de l'humour semble un peu incongru tant le destin de Gould ne prête pas à rire.
La mise en scène, qui utilise astucieusement des moments cinématographiques, donne du rythme à l'ensemble.
Thomas Gendronneau est impressionnant dans le rôle de Glenn Gould. Il est entouré de Josiane Stoleru, Bernard Malaka et de Lison Pennec, tous trois excellents.