Jeanne Dielman, veuve, vit avec Sylvain, son fils adolescent à Bruxelles. Sa vie d'une grande routine est ponctuée par les tâches ménagères et  par la visite des clients de son activité de prostituée.

Jeanne Dielman..., tourné en 1975a été élu le 1er décembre 2022, "meilleur film de tous les temps" au classement décennal de la revue britannique Sight and Sound. Hasard ou conséquences, le film restauré ressort en salle, l'occasion de vérifier les raisons de cet étrange et audacieux prix.

Le film porte une forte personnalité formel. Il est construit en plans fixes que la divine Delphine Seyrig habite et traverse. La colorimétrie est pâle. Blanc, beige, marron, jaune paille et bleu gris dominent. Les bruits de la vie domestique envahissent l'espace sonore. Les dialogues sont réduits au minimum. Quand la parole vient c'est par la voix de Delphine Seyrig ou par celle d'une voisine anonyme sur des considérations domestiques ou par celle de l'adolescent qui s'interroge sur les relations charnelles.

Ainsi les tâches quotidiennes répétitives, maîtrisées, sournoisement alienantes, forment la vie sans plaisir et en huis clos (appartement et commerces du quartier) de Jeanne Dielman. Mais, petit à petit, l'expression sur le visage de Jeanne change, la mécanique semble se gripper.

Difficile de dire que Jeanne Dielman est le meilleur film de tous les temps, et si ce classement a un sens. Mais, ce film est en tout point remarquable, nous tenant en haleine pendant ses trois heures de plongée au coeur de la vie de Jeanne Dielman qu´interprète magistralement Delphine Seyrig.

Un grand film assurément.

Date de sortie : 1976

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Sur une très belle musique de Thomas Bangalter (l'ex Daft Punk), le chorégraphe explore les mythes antiques et d'autres contemporains.

Sur la scène 10 danseurs de l'opéra national de Bordeaux et 10 danseurs de la troupe de Preljocal, dans la fosse, l'orchestre de chambre de Paris. Une vingtaine de tableaux se succèdent convoquant tous les danseurs ou des duos/duels.

La réalisation de Tommy Pascal sans restituer la magie du Live présente une réalisation aux plans larges et longs qui laisse voir la très belle chorégraphie, la mise en scène et la grâce des danseurs.

A voir en Replay sur France.tv jusqu'au 15 octobre 2023.

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Depuis 2019 et la chute de l'E.I. en Syrie, la France traine les pieds pour rapatrier ses enfants au mépris des Droits Internationaux de l'Enfant et des injonctions de l'ONU. 

Alors que depuis 2014, le protocole Cazeneuve, prévoit le retour des français avec l'incarcération des parents et la prise en charge des enfants par les services sociaux, le gouvernement Macron n'avait rapatrié que quelques dizaines d'enfants. En septembre 2022, la condamnation par la Cours Internationale des Droits de l'Homme et celle, en janvier 2023, par le Comité contre la torture des Nations Unis, incitent la France a accélérer le rapatriement de ses ressortissants.

Malgré tout on évalue encore à environ 120, le nombre d'enfants français, dont de nombreux orphelins, parqués dans des camps Syriens ou dans des prisons, dont on sait que Daech reprend peu à peu le contrôle.

Ce reportage expose la vie sans issue de ces enfants et les situations Kafkaïennes des familles en France qui se battent pour sauver leurs neveux, nièces, enfants et petits-enfants.

On constate une fois de plus que le "pays des Droits de l'homme" piétine ses principes et on se demande ce qu'il faut penser d'une Nation qui abandonne ses enfants.

A voir sur France.tv jusqu'au 9 août 2023.

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Nawell, Grégoire et Sabine ont été victimes de vols avec agression. Issa, Nassim et Thomas sont en prison pour faits de vols et braquages. Ils vont être réunis par les services de la Justice Restaurative. 

Après Pupille, consacré à l'adoption, Jeanne Herry traite d'un autre service public méconnu. Tout comme pour son précédent film, elle s'arme d'une troupe de très bons comédiens qu'elle semble, tel un chef d'orchestre, pousser à l'excellence de Stradivarius.

A cette grande direction d'acteurs, s'ajoute l'intelligence de l'écriture et la maîtrise du récit. En moins de 2 heures, elle parvient à expliquer les contours, objectifs et limites de la Justice Restaurative et le rôle des différents intervenants sans tomber dans le docu-fiction. A cela s'ajoute le dessin de chacun de ses personnages de fiction sans qu'à aucun moment l'effet catalogue ou démonstratif ne prenne le dessus sur l'intensité du propos. Au récit sur le groupe de parole, la réalisatrice - scénariste ajoute l'histoire de Chloé qui fait également appel à la justice Restaurative dans une démarche plus personnelle et intime. Ainsi, Jeanne Herry alterne les deux récits cassant tout risque d'ennui et donnant du rythme au film. Elle anticipe même dans un propos final une réponse à ceux qui verraient dans son film trop de  naïveté.

En termes de réalisation, aucune esbroufe mais le sujet tel qu'il est traité n'en nécessite pas. Les plans fixes sur les visages et les champs contre-champs font une totale confiance aux comédiens. Et avec raison. Gilles Lellouche confirme, si on en doutait encore, qu'il est un très grand comédien. Tout comme Leila Bekhti, Adèle Exarchopoulos, Élodie Bouchez et Miou Miou. Ils sont entourés de trois transfuges de la Comédie Française, Suliane Brahim, Denis Podalydes, Birane Ba, et de Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Dali Benssalah,  Anne Benoît, également très justes.

 

 

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Le duo de producteur-distributeur Rassam-Seydoux propose une nouvelle adaptation en deux parties du best seller d'Alexandre Dumas Père.

Le premier opus, D'Artagnan, conte la rencontre du jeune Gascon (François Civil, juvénile) avec les trois mousquetaires Athos (Vincent Cassel, sobre), Aramis (Romain Duris, très looké) et Porthos (Pio Marmai, goguenard), ainsi que l'histoire des ferrets de la reine (Vicky Krieps, tout en fragilité). Les scénaristes ont ajouté une accusation d'assassinat pour Athos, une bisexualité pour Porthos et une tentative d'attentat contre le roi Louis XIII (Louis Garrel, à la fois drôle et génialement gênant) dans le contexte de guerre latente entre protestants et catholiques.

Cela ne suffit pas à rendre l'histoire passionnante. 

La photo marronnasse, sans doute pour faire époque, est assez vilaine. La réalisation qui mise tout sur le mouvement, quitte à perturber la perception de l'action, nuit à la lecture du film. Tout semble brouillon. La chorégraphie des scènes semble aléatoire.

Ainsi, passé l'amusement de découvrir la pléiade d'acteurs, dont Eric Ruff, méconnaissable en cardinal de Richelieu, Lyna Khoudri en Constance, Marc Barbé en Capitaine de Treville, Patrick Mille en Comte de Chalais et Eva Green, parfaitement vénéneuse en Milady, sur laquelle sera centré le second opus, le film, sans audace, ennuie un peu.

 

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