Géraldine Martineau, pensionnaire de la Comédie Française, met en scène la pièce du dramaturge Norvégien Henrik Ibsen. Elle y interprète également avec force le personnage principal d'Ellida mariée à un homme bon, plus âgé, déjà père de deux jeunes filles, le docteur Wangel. Sa vie pourrait être paisible si un mal étrange ne la rongeait, la ramenant sans cesse vers la mer.

Cette pièce entre réalisme féministe et onirisme, semble, si l'on se base sur le peu de fois où elle fut montée en France, extrêmement complexe à mettre en scène. La proposition ici ne convainc pas tout à fait sans que l'on sache très bien si cela est dû à la pièce elle même ou aux partis pris ici.

Géraldine Martineau relève la gageure de faire cohabiter maison, fjords, mer, marécages et montagnes dans une scénographie efficace de Salma Bordés et une très belle mise en lumière de Laurence Magnée. 

Les jeunes comédiens du Français, Elisa Erika,  Léa Lopez et Adrien Simion sont parfaits. Alain Lenglet dans un rôle décalé et Clément Bresson font le job. Géraldine Martineau est incandescente dans le rôle d'Ellida. Tandis que Laurent Stocker déçoit, ce soir en tout cas. Son interprétation très détachée l'est trop, alors que le personnage s'inquiète de voir s'éloigner sa bien aimée au point de convoquer son ami Arnholm interprété par le très bon Benjamin Lavernhe.

A plusieurs reprises, sur de courts échanges, les acteurs ne jouent pas tout à fait dans le même rythme. Ils ne semblent pas bien calés. Cela se joue à peu mais les comédiens de la CF nous ont habitué à une plus grande précision. Est-ce dû au peu de répétitions accordées à la pièce qui est considérée comme une reprise (elle était prête à être jouée avant que le confinement ne vienne tout arrêter, depuis 5 des 8 acteurs ont changé) ? Aussi, les scènes du couple Ellida - Wangel sont très répétitives et on lit mal les sentiments qu'Ellida porte à son ancien amour trahi. Est-ce dû à la traduction ?

Il y a beaucoup de belles choses dans cette proposition de Géraldine Martineau mais il manque un "je ne sais quoi" pour que l'ensemble nous emporte totalement.

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En 1952, Sam, 6 ans, va au cinéma pour la première fois. La scène de déraillement du train dans Sous le plus grand chapiteau du monde de Cécile B. DeMille va le traumatiser et changer sa vie.

Steven Spielberg raconte ici son enfance, son adolescence, sa vie avec ses sœurs, ses parents, la naissance de sa vocation et de sa passion du cinéma. Chaque étape de son apprentissage, chaque scène parle du cinéma, de ses effets, de ses pouvoirs, de sa capacité à montrer ce qui ne se perçoit pas au quotidien, à transformer le réel pour l´embellir, pour manipuler, pour se faire aimer et donne aussi les pistes des inspirations du cinéaste.

Le casting est parfait. Michelle Williams et Paul Dano sont magnifiques dans le rôle des parents du réalisateur. La comédienne est impressionnante dans sa capacité à exprimer la complexité de son personnage de femme aimée, entre folle gaieté et désespoir, mère et épouse comblée mais artiste et amoureuse frustrée. Elle est au cœur et le cœur du film.

En deux scènes magnifiques, Judd Hirsch, marque également le film. Son personnage du vieil oncle saltimbanque, incarne ce que l´Art demande de sacrifices.

Spielberg montre ici encore son savoir-faire dans la direction des enfants acteurs. De leur plus jeune âge jusqu´à l´adolescence, ils sont tous d´une vérité confondante. Gabriel LaBelle dans le rôle de Spielberg adolescent est parfait. Il nous séduit d´emblèe et devient le héros qu´on ne voudra plus quitter. Mais c´est aussi le cas de toute cette famille dont Spielberg raconte si bien l´histoire avec beaucoup d´émotion mais aussi beaucoup d´humour. Sa belle réalisation, digne du grand cinéaste qu´il est, s´habille ici d´un regard d´une tendresse et d´une nostalgie qui gagne le spectateur. On voudrait que le film dure au-delà de ces 2h30 pour suivre encore le destin de la famille Fabelman/Spielberg, de Mitzy et Burt, de Sam/Steven et de ses sœurs.

On mesure un peu plus le génie de Spielberg, qui sait rendre aussi universellement captivante une histoire si personnelle.

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César d'honneur : David Fincher

Meilleur espoir féminin : Nadia Tereszkiewicz, dans Les Amandiers

Meilleur espoir masculin : Bastien Bouillon dans La Nuit du 12

Meilleurs costumes : Gigi Lepage pour Simone - le voyage du siècle 

Meilleur décor : Christian Marti pour Simone - le voyage du siècle 

Meilleur premier film : Saint-Omer d'Alice Diop

Meilleur court-métrage d'animation : La vie sexuelle de Mamie de Urska Djukic, Emilie Pigeard

Meilleur film d'animation : Ma famille Afghane de Michaela Pavlatova

Meilleur son : François Maurel, Olivier Mortier et Luc Thomas pour La Nuit du 12

Meilleure actrice dans un second rôle : Noémie Merlant dans L'Innocent

Meilleure musique de film : Irène Dresel pour A  plein temps

Meilleurs effets spéciaux : Laurens Erhmann pour Notre Dame brûle 

Meilleur film étranger : As bestas de Rodrigo Sorogoyen 

Meilleure photographie : Artur Tort pour Pacifiction 

Meilleur Montage : Mathilde Van de Moortel pour A plein temps

Meilleure Réalisation : Dominik Moll pour La Nuit du 12

Meilleur scénario : Louis Garrel, Tanguy Viel et Naila Guiguet pour L'Innocent

Meilleure adaptation : Gilles Marchand et Dominik Moll pour La Nuit du 12

Meilleur acteur dans un second rôle : Bouli Lanners dans La Nuit du 12

Meilleure actrice : Virginie Efira dans Revoir Paris 

Meilleur acteur : Benoît Magimel dans Pacifiction 

Meilleur film : La Nuit du 12 de Dominik Moll

 

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La famille Haywood dresse des chevaux pour le cinéma depuis plusieurs générations. D'ailleurs, le premier cavalier noir américain filmé était leur ancêtre. Après la mort mystérieuse de leur père, OJ et sa soeur Emerald se retrouvent, seuls dans leur ranch à proximité d'un parc d'attraction western, confrontés à un être étrange. Pour se faire de l'argent, ils décident de filmer le phénomène.

Critique de la société du spectacle, d'Hollywood, de l'exploitation des animaux.... si le message reste obscure et le récit un peu confus, le film séduit. C'est sans effets spéciaux spectaculaires et en mêlant humour et terreur, que Jordan Peele nous entraîne dans ce film, d'aventure plus que de terreur, aux accents Spielbergiens. On retrouve l'originalité des récits du réalisateur-scénariste, son sens du cadre et la beauté de ses images, de la lumière, une esthétique soignée en tout point. Il a attribué le rôle principal à l'excellent Daniel Kaluuya (déjà très bon dans le 1er film du réalisateur), très bien accompagné par Kéké Palmer, Steven Yeun et Brandon Perea.

Voir la critique de Get out, premier film de Jordan Peele

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1985, Stella vient de vivre ses premières vacances entre copines sans les parents. A la rentrée, il faut préparer le bac et surtout aller danser aux Bains Douches.

Sylvie Verheyde reprend son oeuvre autobiographique après le très bon Stella, sorti en 2008. On retrouve la jeune fille de milieu défavorisé qui étudie dans un lycée d'élèves mieux nés. Karole Rocher est remplacée ici par Marina Fois dans le rôle de la mère qui tient son bistrot seule depuis que le père (toujours Benjamin Biolay) est parti avec sa maîtresse. Flavie Delangle interprète le rôle de Stella, toujours confrontée à sa crainte du déterminisme de classe, fréquentant les boîtes, découvrant l'amour et se confrontant à une forme de langueur.

Malheureusement, la réalisatrice ne retrouve pas la grâce du premier opus. Les scènes contemplatives ou trop explicatives, souvent trop longues, se succèdent. Les textes de la voix off manquent aussi d'inspiration. On s'ennuie vite.

Lire le post sur le 1er opus Stella (2008)

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