Tous les lundis et mercredis soirs, Édouard Baer investit la scène du théâtre de la Porte Saint-Martin dans les décors très 80's de la pièce qu'interprète Chantal Ladesou les autres soirs.
C'est donc dans un écrin très kitch, qui sied parfaitement à son grain de folie, que le comédien-auteur-metteur en scène convie une ribambelle d'artistes aux talents divers et majoritairement loufoques. Le casting changeant semble t-il tous les soirs, ce mercredi 9 février, ce sont plusieurs comédiens dans des rôles comiques dont Atmen Kelif en Fernandel, Alka Balbir en compagne jalouse, une Miss météo marine, l'unique acteur de la troupe Chienne de vie, un chanteur à textes déprimé, un rocker en peine avec la technique, l'incontournable Mister Pat... mais aussi une vraie chorale, de vrais danseurs dont Sofiane Chalal, le guitariste Tito el Fances, le pianiste (de Barbara) Gérard Daguerre, le costumier Michel Dussarat, le tampographe Vincent Sardon...
Édouard Baer est parfait en Monsieur Loyal servant parfaitement ces artistes qu'il présente et accompagne parfois. Il est en grande forme et donne de sa personne, parodiant de façon hilarante le jeux des comédiens de vaudeville, chantant avec sincérité, se lançant dans des digressions dont lui seul a le secret, interrogeant le public...
Édouard Baer équipé de son humour pince sans rire et de sa réelle curiosité pour les autres nous propose 1h45 d'un spectacle inclassable absolument réjouissant.
Du 13 au 18 novembre 2015, les recherches de l'Anti-Terrorisme dans la traque des responsables des attentats.
Avant même le visionnage du film, une question se pose : quel est l'intérêt de mettre en images un évènement qui a déjà été énormément documenté ? On s'en remet alors à la créativité du réalisateur et des scénaristes.
A l'issue du visionnage, la question se pose toujours.
1958, quelque part sur la Cote d´Azur, Camille et Georges se rencontrent dans un cocktail où ni elle, ni lui ne sont vraiment invités. Le début d´une grande histoire d´amour entre deux rêveurs fous.
Régis Roinsard adapte le best seller d´Olivier Bourdeaut et choisi de l´illustrer dans une photographie excessivement propre, qui sert très mal la confrontation de la folie du couple avec le réel. C´est de cette confrontation avec le réel que devrait naitre l´émotion. De ce point de vue le film déçoit.
A cela s´ajoutent des scènes souvent étirées, une certaine lourdeur dans la mise en scène des moments tragiques et une illustration sonore sirupeuse qui, de plus, fait pâle figure face au "Mister Bojangles" de Nina Simone.
Romain Duris, Gregory Gadebois, le jeune Solan Machado-Graner et Virginie Effira sont parfaits. C´est par eux que, malgré tout, le charme et l'émotion opèrent parfois.
Denis Lavant, avant tout, c'est ce jeune type, qui danse, saute et court à toute allure le long d'un mur au son de Modern Love de David Bowie. Scène culte de Mauvais Sang de Leos Carax, son réalisateur fétiche qui l'aura fait tourner également dans Boy meets girl, puis dans le très grand Les Amants du Pont Neuf et dans le génialissime Holy Motors.
Si on a l'impression de l'avoir vu dans de nombreux films (ce qui n'est pas vraiment le cas), c'est que son visage étrange d´enfant vieilli prématurément et son regard de Pierrot La Lune, extrêmement touchants, associés à la puissance de son jeu et de sa présence, nous ont marqué chaque fois durablement. Et s'il fait du cinéma, il vous dira que son grand terrain de jeu est avant tout le théâtre.
Denis Lavant, amoureux de la poésie, circassien autodidacte, a appris le mime et le théâtre au lycée, à l´école de la rue Blanche puis au Conservatoire de Paris. Cet acteur physique, dont la première nature est le mouvement, s'inscrit dans un théâtre exigeant : Shakespeare, Beckett, Brecht, Tomas Bernard, Koltes, Rasov, Dostoïevski...
Actuellement, au théâtre de l'Atelier, il est bluffant dans le rôle de Clov dans Fin de Partie de Beckett. Les représentations sont prolongées jusqu´au 16 avril. A ne pas manquer.
Ce film surprend là où on ne l'attendait pas : sa notation déplorable par les spectateurs sur le site AlloCiné. Les comédies françaises les plus pathétiques n'y sont pas aussi mal traitées.
Le film subit sans doute le contre coup d'une attente de 10 ans depuis la dernière adaptation ciné d'une aventure d'Astérix (Astérix au service de sa Majesté de Laurent Triard en 2012) amplifiée par le matraquage publicitaire dont bénéficie (ou pas) le film de Canet. Il souffre également de la comparaison avec le très réussi, culte et jamais égalé Astérix et Obélix, mission Cléopâtre d'Alain Chabat. Enfin, l'attachement des français à ces deux héros qui font partie du patrimoine et de l'enfance de nombreux d'entre eux ne favorise pas l'indulgence.
Car, L'empire du milieu qui affiche bien des défauts, est loin d'être la nullité que semble dénoncer la majorité des spectateurs (qui se sont prononcés). Si le scénario original (le film ne se base pas sur une des histoires d'Uderzo et Goscinny) semble inutilement complexe, le narrateur (Gérard Darmon qui succède au grand Pierre Tchernia) le dénonce avec ironie et autodérision à 2 ou 3 reprises. Si le casting XXL envahi par une pléiade de vedettes semble inutile (si ce n'est peut-être dans l'idée des producteurs de faire venir dans les salles les fans de chacune des "stars" présentes) et n'apporte rien artistiquement parlant, il n'enlève rien non plus au bon déroulement du film. Les vrais comédiens sont bons dont Vincent Cassel, Marion Cotillard, Ramzy Bedia, Pierre Richard, Philippe Katerine, Jérôme Commandeur, José Garcia, Audrey Lamy, Jonathan Cohen. Gilles Lelouch est surprenant dans le rôle d'Obelix, lui apportant la poésie et la part d'enfance qui caractérise le personnage. Si on peine un peu à oublier Guillaume Canet, derrière Astérix, rôle qui a toujours été plus casse gueule, son interpretation est efficace.
Il est vrai que certains gags et jeux de mots faciles n'agissent pas. Tout comme il est vrai que l'on sourit souvent (quand on a l'âge du réalisateur...) à des références anciennes. La reprise d'une scène culte de La Chèvre avec Pierre Richard dans son propre rôle et Gilles Lelouch dans celui de Depardieu, lui-même Obélix de référence, risque de ne pas faire rire les moins de 40 ans. Tout comme le "Tchi Tcha" de Darmon après l'évocation de "Suez, comme le canal".
On est un peu déçu par la réalisation qui manque de précision, chose indispensable pour servir comme il faut le rire. Le montage ne favorise pas la lecture des séquences. La photographie déçoit aussi alternant entre esthétique du film d'aventure et celle de la bande dessinée, l'image semble parfois pâtir des effets spéciaux. On ne perçoit pas non plus une signature stylistique.
Malgré ces défauts, l'heure et 50 minutes de film se déroule sans ennui, rythmée par une ribambelle d'idées et détournements plus ou moins efficaces. Le film ne mérite pas d'être ainsi assassiné.