France, 1916, le Général Paul Mireau, motivé par une promotion imminente, ordonne à ses hommes d'attaquer la position allemande "côte 110". Sur place, le Colonel Dax dont le régiment est épuisé et sans renfort se voit obligé d'accepter lune mission qu'il sait sans issue favorable.

Les sentiers de la gloire, adaptation du livre d'Humphrey Cobb, dénonce l'attitude des États-majors, officiers de bureau, et le sort des soldats, traités comme du bétail, victime d'une justice militaire expéditive, fusillés pour l'exemple.

Il s'agit donc d'un film dont les deux parties qui s'affrontent font partie du même camp, sujet qui le classe ainsi plus dans la catégorie des films politiques plutôt que films de guerre.

Le scénario est d'une efficacité redoutable, chaque scène installe une émotion/humeur, un fait/action qui permet au récit de se déployer avec précision sur ses enjeux. La réalisation est faite de plans longs, usant d'une grande profondeur de champ, plaçant l'action sur plusieurs plans. Le noir et blanc, qui souligne l'époque des faits, sert parfaitement l'ambition esthétique de l'oeuvre. Le 1 er chef d'oeuvre de Kubrick.

Date de sortie 1957

Voir les commentaires

Patrick, avocat et France, militante luttent contre l'industrie des pesticides. En face Mathias, lobbyiste féroce.

Le film adopte un rythme très lent et un pathos dont la lourdeur nuit particulièrement à l'efficacité du propos. Le récit multiplie les scènes d'installation des personnages "gentils". C'est lourdement explicatif et contemplatif. Le profil de looser décoiffé donné à l'avocat (Gilles Lellouche, pas trop mal) caricature un peu plus le camp des victimes.

Les séquences mettant en scène les industriels, le pouvoir politique et les lobbyistes sont nettement plus intéressantes d'autant plus que Pierre Niney est excellent en lobbyiste charismatique.

Un curieux déséquilibre pour un film que l'on imagine soucieux de dénoncer les dérives de l'industrie des pesticides.

Difficile de maintenir notre intérêt pendant ces 2 heures qui semblent interminables.

Reste le plaisir de revoir Jacques Perrin, dans un tout petit rôle.

Voir les commentaires

Réalisée par Emmanuel Noblet comme une pièce filmée, Une sur deux est l'adaptation vidéo du livre de Giulia Fois "Je suis une sur deux" dans lequel la journaliste faisait le récit du viol subit à 20 ans.

23 comédiennes et 2 comédiens (Mathilde Auneveux, Camille Cottin, Sabrina Ouazani, Myriam Boyer, Constance Dolle, Assa Sylla, Karina Stella, Anne Benoit, Naidra Ayadi, Ludmilla Makowski, Julie Gayet, Caroline Proust, Anna Mouglalis, Emma Peters, Pauline Étienne, Alix Poisson, Sarah Martins, Romane Bohringer, Linh Dan Pham, Marie-Sophie Ferdane, Martine Chevallier, Camille Chamoux, Marianne Denicourt, Rod Paradot et Emmanuel Noblet) s'approprient le récit dans des face à face puissants, prenant la parole l'une après l'autre, comme se passant la mission de témoigner.

Chaque interprétation amplifie la force du texte qui conte l'horreur et la violence de l'agression, la culpabilité ressentie par la victime, les réactions des proches qui comprennent et accompagnent, des imbéciles qui relativisent, de la police soupçonneuse, de l'agresseur qui nie, de la violence de l'audition, de l'importance vitale de la parole, du rapport de la société aux corps des femmes...

Une oeuvre forte à voir en replay sur France.tv

Voir les commentaires

Laurence Coly est jugée au tribunal de Saint-Omer. Un matin de novembre, elle a abandonné sur la plage sa petite fille de 15 mois en sachant qu'elle serait emportée par la marée.

Alice Diop s'inspire de l'affaire Fabienne Kabou, qui a effectué cet acte en 2013, et qui fut condamnée en 2017 à 15 ans de réclusion. 

La réalisatrice reproduit les moments forts du procès et dessine en parallèle l'impact de cette affaire sur Rama, jeune romancière enceinte de 4 mois, qui assiste au procès. Les deux femmes, l'accusée et l'auditrice, ont en commun des origines sénégalaises, une relation complexe à leur mère, un caractère taiseux et une intelligence supérieure à la moyenne.

On regrette que la réalisatrice n'est pas dédié son film au personnage de la mère infanticide, de cette femme sénégalaise, immigrée, intellectuellement ambitieuse, financièrement dépendante, niée par tous jusqu'à disparaître, mère par accident, psychologiquement complexe... La romancière fait pâle figure et suscite peu d'intérêt face aux questions que soulèvent l'accusée et son acte. Le scénario semble aborder des pistes qu'il abandonne aussitôt, les problèmes existentiels de Rama ne touchent pas, les séquences du procès en plans  fixes ne créent pas d'émotions. Tout est froid et  manque terriblement de chair.

Guslagie Malanda est remarquable dans le rôle de Laurence Coly. 

Voir les commentaires

Aux États-Unis, Marvin Hacks revient chez sa mère après 17 ans de prison. Les gens de la ville n'ont pas oublié le crime atroce qu'il a commis. 

C'est un bien étrange parti pris que prend le scénario en faisant de Marvin un bon fils et un homme assez doux et attentif aux autres. L'impression étrange qu'il a vécu un drame traumatique nous fait presque oublier qu'il est l'auteur de ce meurtre, et non la victime directe. On s'attache rapidement à ce personnage et on doit se recadrer pour ne pas perdre de vue qu'il a commis l'irréparable.

Les images sont très belles et les interprètes parfaits, en tête Jake McLaughlin et Kathy Bates.

A voir sur Arte

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog