New-York, 1980, Paul, ado rouquin rêveur, de la classe moyenne, va au collège public avec Johnny, son ami à la peau noire.

De nombreux films de James Gray questionnent le rêve américain et ses contradictions. C'est le cas ici, où il raconte une année charnière de sa jeune adolescence et, selon le réalisateur, de l´histoire américaine.

Cet enfant, juif new-yorkais, de 11 ans qui rêve de fusées et de peinture, apprend à travers l'histoire de son grand-père et de son copain Johnny, ce que sont l'antisémitisme, le racisme, les inégalités sociales mais aussi la détermination, le courage et la perte de l´innocence.

Ce film est à la fois très tendre dans les relations familiales et très cash dans sa description des injustices sociales (même si le réalisateur avoue avoir édulcoré la réalité des faits). Dans une mise en scène discrète, Gray laisse toute la place aux émotions simples que ce récit d'apprentissage déploie. La lumière toujours indirecte, la photographie assez sombre, donne au film son atmosphère mélancolique et désenchantée. Si le réalisateur a reproduit la maison de son enfance, il ne marque pas de façon appuyée la plongée dans les années 80. Le jeune Banksy Repeta est excellent. Autour de lui, Jaylin Webb, Anna Hathaway et Jérémy Strong sont parfaits et Anthony Hopkins,  tout simplement grand. 

Le film doit son titre, Armageddon Time, à Reagan qui allait être élu à la présidence et qui utilisa cette expression pour annoncer l'apocalypse. C'est aussi un chanson jamaïcaine reprise par les Clash, qui dénonce la misère et les injustices sociales.

 

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Plusieurs parlements et tribunaux populaires dans le monde ont reconnu et dénoncé le genocide des OuIghours perpétré par la Chine. Mais, face à cet acteur majeur de l'économie mondiale, aucune réelle action n'a été prise pour y mettre fin.

Les Ouighours ont le tort d'être musulmans et d'occuper la plus grande province de Chine qui regorge de ressources naturelles et est la porte d'entrée des nouvelles routes de la soie vers l'Occident.  

Eric Dabré donne ici la parole à ceux qui ont fuit le Xinjiang laissant derrière eux une partie de leur famille. Il recueille aussi le témoignage d'un ancien policier et d'une infirmière contrainte de procéder aux stérilisations et avortements forcés et de parlementaires et chercheurs internationaux. Eradication des naissances, enlèvements et évangélisation des enfants, destruction de la culture Ouighours, enfermements dans des camps de travail, tortures... la liste des exactions à l'encontre des Ouighours nous renvoie aux pires pages de l'Histoire.

A voir sur la chaîne LCP

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Léo et Rémi, tout jeunes adolescents, sont d' inséparables amis. La rentrée au collège va bousculer leur relation.

Après Girl, Lucas Dhont se penche à nouveau sur l'adolescence et le poids du regard des autres, entre jugement et interprétation mal attentionnée.

Le réalisateur plonge ses deux héros dans un décor de campagne et de champs de fleurs où la délicatesse et la bienveillance familiale dominent. La fraîcheur des images, la beauté de la photographie tranchent avec la brutalité de ce récit de l'innocence assassinée, d'une culpabilité écrasante interdisant au chagrin de s'exprimer. L' émotion s'installe ici dans les silences et les non dits. Les symboles et elipses allègent ce qui auraient pu être trop démonstratif. On y apprécie une certaine finesse dans l'exposition du drame même si dans la durée ce sentiment s'amenuise un peu.

Les comédiens interprètent avec élégance ce mélodrame auquel il est difficile de résister. Eden Dambrine, Gustav de Waele, Emiliie Dequenne et Léa Drucker sont remarquables.

Le film a reçu le Grand Prix au Festival de Cannes 2022.

 

 

 

 

 

 

 

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Delphine de Vigan a confié à Elsa Lepoivre le soin d'adapter pour la scène son livre Rien ne s'oppose à la nuit. 

Ce livre raconte la quête de vérité de Delphine de Vigan sur Lucile, sa mère, bipolaire, qui a mis fin à ses jours. Elsa Lepoivre condense, en 1 heure, les 400 pages du roman, fidèle aux questionnements de l'autrice et aux émotions que son enquête soulève. Stradivarius de l'interprétation, Elsa Lepoivre est cette fois encore impressionnante de délicatesse dans ses rires et dans ses larmes retenues. 

Ce singulis est mis en scène par Fabien Gorgeart a qui ont doit le remarquable Stallone avec Clotilde Hesme. Le décor se réduit à une table et six chaises vides représentant les différents protagonistes du livre. La mise en scène se joue sur la lumière, extrêmement soignée qui rythme le récit et agit comme en écho à la citation de Soulages qui ouvre le roman et la pièce "Les différences de textures réfléchissaient plus ou moins la lumière et du sombre émané une clarté, une lumière picturale dont le pouvoir émotionnel particulier animait mon désir de peindre. Mon instrument n'était plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir."

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Au démarrage, ce qui surprend c'est de voir que Waly Dia a les mêmes agacements que le parisien râleur de base : Hidalgo, Paris, ses travaux, sa pollution, sa saleté... Cela dure 45 secondes. Très vite, l'humoriste retrouve sa plume aiguisée pour aborder les absurdités et les haines qui gangrenent nos sociétés.

Évidemment les sujets et les cibles sont sans réelle surprise : la police (" Moi, je suis comme l'IGPN, je ne suis pas là pour faire le procès des policiers"), les humoristes, les chasseurs, l'antisémitisme, le racisme, #metoo, la pédophilie, les politiques, Zemmour, Macron, l'extrême droite française ("on n'a pas les racistes qu'on mérite"), les intégristes, le grand remplacement, l'homophobie... Waly Dia les aborde sans éviter les clichés, les dénonciations convenues et les raccourcis, sans doute inhérents à la punchline.

Ce qui fonctionne particulièrement, c'est son débit mitraillette, sa parfaite élocution, l'efficacité de ses saillies et son énergie. 

Ce qui perturbe un peu, ce sont les applaudissements des spectateurs à chaque bon mot qui fait ressembler ce spectacle à un meeting politique.

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