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Le Cirque invisible est présenté, inventé et incarné par Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin. Un univers fantasmagorique, à la fois burlesque, enchanteur et poétique.


Le couple s'est réparti les rôles de façon évidente. Jean-Baptiste, cheveux blancs ébouriffés et costumes peints, est le clown, chanteur et magicien volontairement maladroit et facétieux. Un être lunaire qui sort de ses valises les objets du quotidien pour les détourner et en faire un jeu, un fou-rire.

Victoria incarne la grâce, le don de la transformation. Funambule, contorsionniste et reine du camouflage, cette jeune femme, de 60 ans en paraissant 30, se métamorphose en animaux étranges et merveilleux. Un bout d'étoffe, un rocking-chair, une table et une théière lui suffisent. Et dans cet ensemble étrange, tout semble facile et évident.


Le spectacle dure deux heures qui passent en un éclair. Il se compose d'une bonne cirque invi JBvingtaine de saynètes indépendantes et entrecoupées de noir. Chacune (ou presque) a son intérêt, par le rire qu'elle provoque, l'étonnement qu'elle suscite, le voyage qu'elle propose. Jean-Baptiste et Victoria créent une sympathie immédiate. On les connaît à peine que déjà on les aime. Et pourtant, il manque une chose à leur cirque invisible pour nous emporter totalement dans leur univers, pour que nous quittions totalement notre statut de spectateur. Ce petit quelque chose est un fil conducteur, une histoire qui supprimerait les noirs et la frustration de voir le rêve s'arrêter, qui créerait un lien entre chaque saynète, pour que ces merveilleux moments de grâce ne soient pas une "simple" succession de numéros de cirque mais un vrai, beau et long poème. Comme un spectacle de James Thiérrée par exemple, au hasard...

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carnage-polanski-affiche.jpgRoman Polanski adapte au cinéma la pièce de Yasmina Reza "Le Dieu du carnage" : un huis clos bien foutu mettant en scène deux couples venus "régler" les problèmes causés par une bagarre entre leurs deux fils.


La réalisation, bien que sans effet de manche, est suffisament fluide pour que ce théatre passe facilement le cap du grand écran.

L'interprétation est excellente (Christopher Waltz, Kate Winslet et John C Reilly) même si on pourra reprocher à Jodie Foster un jeu un peu trop en force.

Surtout, le texte est percutant, rythmé et d'une belle efficacité.

Même si on ne retrouve pas ici la mise en scène virtuose de "Ghost writer", le plaisir, différent, est bien présent.

Les Polanski se suivent, ne se ressemblent pas mais offrent toujours bien des satisfactions.

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yayoi-kusama-centre-pompidou-L-_LgTfE.jpegLe Centre Pompidou propose, depuis octobre et jusqu'au 9 janvier, une rétrospective du travail de Yayoi Kusama. Exceptionnelle occasion de découvrir le vaste travail de l'artiste, l'exposition présente 150 oeuvres réalisées entre 1940 et 2010. L'artiste japonaise a réalisé des oeuvres suffisament variées pour que chacun y trouve au moins une série intéressante. Même si on se surprend devant certaines installations à se demander si le nom de Yayoi Kusama n'est pas la seule justification de leur présence à Beaubourg, nombre d' oeuvres séduisent. Leur caractère hypnotique est comme un petit goût de la folie de Yayoi Kusama pensionnaire d'un asile psychiatrique depuis 50 ans.

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la-noce.jpg"La Noce" est une des premières pièces écrites par Bertolt Brecht. Elle met en scène un repas de noce qui tourne au massacre. Les illusions des jeunes mariés s'écroulent en même temps que le mobilier en bois fait maison.

Si les protagonistes sont hauts en couleurs, le propos n'est pas très puissant. Brecht reste en surface dans une dénonciation, qui s'avère aujourd'hui un peu désuette, des conventions, du qu'en dira t-on et de l'hypocrisie qui régne sur cette petite bourgeoisie.

La qualité des comédiens, l'intelligence des décors, le parti pris très burlesque de la metteuse en scène et la beauté du théätre du Vieux Colombier sauvent la soirée.

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P1020478.JPGLe musée des Arts Décoratifs consacre une exposition rétrospective à Jean-Paul Goude. Cet artiste au génie multiforme a marqué, dans les années 80 et 90, époque où les publicitaires et les mannequins étaient des stars, la mémoire collective avec ses campagnes publicitaires et la commémoration du bicentenaire de la Révolution. Côté pub, on se souvient de Grace Jones avalant en plein désert une Citroën, Prokofiev joué pour Egoïste, sur les hurlements d' une horde de femmes en furie scandant le "oh rage, oh désespoir" du Cid, Vanessa Paradis en cage, les Kodakettes voleuses d'images... des films qui revêtent une qualité esthétique et scénographique qui les sort largement du lot. Côté grand spectacle, les français se rappellent, en 1989, du cortège surréaliste, gigantesque, époustouflant remontant les Champs-Elysées : la locomotive, les valseuses géantes, Jesse Norman habillée du drapeau français, les musiciens de tous pays... Les plus fans n'ont pas oublié les ektas découpés, oeuvres photographiques uniques.P1020518.JPG

Dans l'exposition, le goût des couleurs, du métissage, du mouvement et du décalage en tout, transperce en une scénographie particulièrement soignée et ludique. Pour ceux qui en ont l'âge, cette exposition est une parfaite madeleine, moment dédié aux souvenirs, à l'évasion et à la bonne humeur. Les plus jeunes s'amuseront de ces délires colorés et apprécieront l'esthétique et l'inventivité d'un Jean-Paul Goude toujours en activité. Ils ne regarderont plus tout à fait de la même façon les affiches des Galeries Lafayette.

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