Bat For Lashes en concert au Trabendo, c'est pas de décor, peu de lumière, une mise en scène inexistence et un curieux attelage de trois nanas musiciennes  virtuoses, so british, très petit doigt levé, extrêmement décalées et drôles. A la tête de cette étrange diligence, Natasha Kahn, anglaise-Pakistanaise, au look de squaw.
Simplicité donc comme pour laisser toute la place à la musique de Fur and Gold, premier album du groupe. Il est vrai que les (géniales) compositions de Natasha Kahn sont plutôt sophistiquées, et que la richesse des orchestrations n'a pas besoin d'emballage supplémentaire. Associées à la voix aérienne de Natasha, elles suffisent à nous ennivrer et à nous emmener dans de lointains voyages.
Difficile d'en dire plus, la magie ne s'opérant qu'au son du groupe, je ne peux que vous conseiller d'acheter le CD et de courir aux concerts.


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En Angleterre dans les années 80, un petit garçon solitaire de 12 ans  se lie d'amitié avec un groupe de skinheads.
La guerre des Malouines, le chômage, la rudesse de l'empire Thatcher et la montée du nationalisme en toile de fond, nous suivons l'évolution de Shaun en milieu skinhead (gentils ou méchants).
Dur, émouvant et souvent drôle, This is England marque les esprits. Entre autres, grâce à ses acteurs tous parfaits dans leur rôle. L'un d'eux impressionne particulièrement. Stephen Graham, le méchant du film qui arrive à donner à son personnage haineux, la pointe d'humanité et la séduction qui suffit à expliquer l'attachement du petit Shaun.
Marquant.

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Avec Patrick Rotman au scénario on pouvait s'attendre au meilleur. Las !
Florent Emilio Siri, le réalisateur, gros sabots aux pieds, semble courir contre le temps, pas celui de l'histoire mais celui dont il dispose pour conter son histoire. Ainsi, les scènes se succèdent dans une mécanique répétitive : une scène d'action = une problématique, une nouvelle scène d'action = une nouvelle problématique (Ceux contre qui on se bat, sont aussi ceux qui ont combattu avec nous en 39-45 / Peut-on justifier la torture parce qu'ils torturent les nôtres ? / Soldat Algérien dans l'armée française de quel pays seras-tu la guerre une fois finie ? etc...).
A force de vouloir trop en dire en un minimum de temps, le propos devient terriblement démonstratif et manque totalement de finesse et de liant. Le jeu des acteurs en devient caricatural (à l'exception notable d' Albert Dupontel) et tout le monde joue à Brando dans Apocalypse Now mais tout le monde joue mal. Maginel dont les yeux bleus - sans doute synonyme de pureté...- fascine le réalisateur en fait des tonnes.

Aussi, l'essentiel du film étant réservé aux scènes d'action (plutôt bien réalisées), il ne reste plus de place pour se consacrer aux héros de l'histoire (ces militaires Français ou Algériens de l'armée française)
, pour installer leur profil psychologique, pour que le spectateur s'identifie. On pense un instant que le réalisateur sans fou jusqu'à ce qu'une scène tire-larmes de 5 bonnes minutes nous montre "un des nôtres" blessé, heureux de sa quille, finalement se faire tuer. Problème : ce type on ne l'avait encore jamais vu dans le film, à aucun moment son importance pour les autres n'a été effleurée... Alors nos larmes... Lorsque Maginel ou Dupontel disjonctent (ceux qui auront vu le film comprendront cet humour de mauvais goût...) on en est presque surpris,comme s'il manquait quelques scènes coupées au montage...

L'erreur, sans doute, aura été de choisir Siri comme réalisateur. Dénué de toutes finesse, ce réalisateur est fait pour tourner un ènième Piège de Cristal mais certainement pas un film sur un conflit aussi complexe que celui que fut la guerre d'Algérie.


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Après une prestation remarquée au Festival de Jazz de Saint Germain, Terez Montcalm a investi l'Européen, archi-bondé et largement acquis à sa cause.
En tant que digne chanteuse Québequoise, Terez Montcalm est particulièrement sympathique, conviviale et bonne copine. Aidée par une salle à l'infrastructure particulièrement confortable, elle a rapidement installé une ambiance bon enfant. Sa voix rauque, apprèciée sur CD, confirme en Live et impose le respect.
Son répertoire entre reprises et compositions personnelles, parfois jazz, parfois rock déroute un peu d'autant que son attitude scène plutôt dynamique est à cent lieu des économies de gestes observées par la majorité des chanteuses jazz.
Guitare en bandoulliére, Terez Montcalm joue ainsi souvent sur la frontière entre jazz et pop-rock, ce qui donne un peu trop souvent un répertoire un peu bâtard fort proche de la musique "d'ambiance". Dommage, son talent mériterait mieux.

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Invités par le Festival "Entre Guillemets", festival dédié aux chanteurs à texte, David Lafore, Bertrand Belin et Franck Monnet se sont partagés le Café de la Danse pour deux soirs.
Accompagnés de leur seule guitare, ils ont chacun leur tour occupé la scène pendant 45 minutes.
David Lafore a ouvert le bal. Le format seul avec sa guitare sied parfaitement à son répertoire plus orchestré sur CD. Toujours aussi fantaisiste et drôle, il en gagne en sobriété. Ainsi, Il perd la lourdeur qu'on a pu observer dans sa version "5 têtes" c'est à dire accompagné de ses 4 musiciens qu'il a tendance à entrainer dans ses plaisanteries du coup particulièrement potaches. Ici, sa belle voix grave et son attitude dandy déconnant servent particulièrement bien ses chansons aux mélodies courtes et répétitives et aux textes incisifs et imagés.

Contrairement à David Lafore, la configuration guitare seule n'a pas bien servie Franck Monnet dont il est vrai, à la base, le répertoire me séduit moins. Les mélodies moins évidentes se trouvent fort nues dans cette très légère orchestration. Phénomène accentué par le manque de musicalité des textes, de plus, souvent sur-écrits.
Heureusement, sa belle voix au voile léger flatte nos oreilles et sauve quelques titres tels "La routine" ou "j'adore t'écrire". L'enthousiasme d'un Franck Monnet particulièrement proche de son public a beaucoup aidé.

Bertrand Belin dont le répertoire me réjouie tant, a, lui aussi, souffert de cet accompagnement minimal. Il est vrai que les orchestrations de ces CD sont particulièrement soignées et participent au plaisir ressenti à l'écoute de ses chansons. La dextérité avec laquelle il manie sa guitare électrique n'a pas suffit à combler ce manque. Sa belle voix grave pourtant n'a pas déçu et a servi avec le soin qu'ils méritent ses textes raffinés.



PS : On remarquait dans la salle la présence de Barbara Carlotti et JP. Nataf particulièrement attentif au jeu de guitare de Bertrand Belin.


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