La vie de Catherine Nicole n`a jamais été rose. De l'enfance, à la ferme avec des parents qui ne l`aiment pas, à l'âge adulte où elle épouse un Roméo looser et violent (Guillaume Canet, parfaitement monstrueux). Pourtant, elle ne s`apitoie pas sur son sort. Au contraire. Elle se choisit un nom, Darling, plus proche de ses rêves glamours. Et bien que la réalité ne s'approche jamais, un tant soit peu de ses rêves, elle conserve une rage de vivre quasi inébranlable. Darling tombe souvent et se relève toujours. Darling existe vraiment. Son cousin Jean Teulé a écrit sa vie dans un livre, aujourd'hui devenu film.

Christine Carrière et Marine Foïs content cette histoire avec un respect immense pour cette femme au destin intolérable. Christine Carrière, tout d'abord, en ne montrant aucune scène des violences subit. Choix qui se révèle aussi payant artistiquement car aucune image ne vient gêner l'implication du spectateur. Nous suivons Darling pas à pas, nous la tenons par la main à chaque image. Le jeu parfait de Marina Foïs suffit à nous faire comprendre et ressentir les humiliations et les souffrances de Darling.
Aussi, comme pour conjurer l'horreur de ce que Darling vit, le film est parsemé de mots d'humour et d'histoires drolatiques. Il se dit que ce sont ceux de la vraie Darling. Ils sont une respiration indispensable au milieu de cette histoire sordide. Sans eux, le film eut sans doute était dans le trop, trop étouffant, trop pathos, trop incroyablement cruel...

Alors, oui, c'est vrai, "Darling" n'est pas le film du siècle.
Mais, l'hommage rendu à Catherine Nicole à travers l'interprétation généreuse, respectueuse et juste de Marina Foïs justifie à lui seul le prix de votre billet d'entrée.

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De nos jours, en Chine, le juge Feng, sa greffière et son apprenti sillonnent les montagnes pour aller rendre la justice dans les villages où les traditions font la loi.
"Le dernier voyage du juge Feng" nous apprend le fonctionnement des cours de justice ambulantes qui sillonnent le pays. Personnellement, je n'en soupçonnais même pas l'existence.
Les paysages de montagne sont superbement bien rendus par une photographie particulièrement soignée. Un ravissement pour les yeux qui ne suffit pas à nous occuper pendant l'heure 40 de film.
On s'ennuie ferme en regardant cette fable sociale. Sans doute parce qu'il ne s'y passe pas grand chose.

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Olivier Libaux  (Nouvelle Vague, c'est lui) a écrit est composé « Imbécile » un album concept dans la pure tradition de la chanson française.
Cet album conte une conversation chantée par quatre amis autour d'un diner. Sur le disque, Philippe Katerine ('Fernand'), Helena Noguerra ('Hélène'), Barbara Carlotti ('Thérèse') et JP Nataf ('René') interprètent les bonheurs et les désillusions des convives, à travers des textes désuets et ironiques, sur de jolies mélodies légères.

Les 5 et 6 novembre dernier, cet album scénarisé prenait du relief sur la scène du Café de la Danse. Barbara Carlotti, JP Nataf y reprenaient leur rôle tandis que Bertrand Belin et Armelle (de Holden) remplaçaient Katerine et Noguerra.

Des dialogues ont été écrits pour donner corps à l'histoire et justifier l'existence des chansons faisant de ce concert une pièce de théâtre chantée. Les quatre chanteurs s'amusent beaucoup dans la peau de ces personnages affectés. Certes ils ne jouent pas très justes, ne sont pas toujours bien en place, mais après tout la comédie n'est pas leur métier. Et curieusement, ces imperfections de jeu siéent parfaitement à l'ambiance désuète et légère des chansons, et amplifient un peu plus, le bonheur simple et le sourire créés par cet ovni musical.

Côté musique, c'est la joie de retrouver le terriblement séduisant Bertrand Belin et son irrésistible voix grave, c'est la découverte d'un JP Nataf survolté aux déhanchements surprenants, c'est une première rencontre un peu fade avec Armelle et surtout c'est le plaisir d'entendre à nouveau en Live la voix renversante de Barbara Carlotti, porteuse d'une émotion toujours renouvelée.

*Imbécile devrait être à nouveau proposé sous sa forme "jouée" aux Printemps de Bourges 2008"

 

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Portland, Alex, ado-skateur, tue accidentellement un agent de sécurité dans Paranoid Park, temple du skate.  Pendant 1h30, Gus Van Sant invite le spectateur à suivre Alex avec sa peur d’être découvert, son effroi face à l’irréparable mais aussi son embarras face au divorce de ses parents et aux exigences de sa petite amie.

L’accident meurtrier n’est qu’un prétexte pour réaliser à nouveau le portrait d’un adolescent qui cette fois évolue dans un milieu particulier celui du skate. Gus Van Sant, fasciné par l’univers de Paranoid Park, lieu d’évasion d’Alex, en soigne particulièrement la représentation. Il choisi d’y filmer caméra à l’épaule pour une immersion totale au milieu des skateurs. En plus des ralentis dont il use souvent, il utilise ici le super 8 qui avec son grain différent crée une impression de rêve et d’apesanteur, facilitant ainsi l’identification du spectateur à Alex et à ses rêves de skate extrême.

Les scènes du quotidien d’Alex sont, elles, de facture plus classique (filmées en 35mm), l’accompagnement sonore y étant particulièrement soigné notamment dans une scène de douche impressionnante d’efficacité dans sa simplicité, le son donnant corps à l’angoisse grandissante qui enserre Alex. Gabriel Nevins qui interprète le rôle d'Alex, présent à chaque scène, est parfait. Sa bouille étrange nous hantera longtemps.

Pour Paranoid Park, Gus Van Sant utilise les mêmes recettes que pour Eléphant. Le résultat plus brouillon, un peu moins envoutant, impressionne et interpelle malgré tout.

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Le théatre Marigny présente, jusqu'au 2 décembre, "La vie devant soi" de Romain Gary.
En adaptant ce livre culte et déjà cinématographié avec le monstre Signoret, Xavier Jaillard prenait de gros risques. Le livre doit beaucoup à l'écriture espiègle et riche de Gary et le "réduire" à une pièce de théâtre semblait hasardeux.
C'était sans compter sur le talent de Didier Long, metteur en scène décidément très inspiré. Sa mise en scène enrichie de vidéos et musiques accompagne et complète parfaitement l'intelligent découpage de Jaillard. La voix off reprenant le livre assure les liaisons entre les scènes, clarifiant l'évolution des personnages et amplifiant une émotion déjà bien installée par les comédiens.
D'abord, les deux seconds rôle, le père interprété par Magid Bouali qui en une scène fait mouche et bien sûr le bon docteur Katz, interprété par Xavier Jaillard lui-même également très bon. Ensuite, Aymen Saïdi, le Momo, narrateur de son histoire d'amour avec Madame Rosa. Malheureusement, fréquemment faux parce qu'il crie plus souvent qu'il ne joue. Dommage, car lorsque son jeu se fait murmure il touche juste.
Et puis, et surtout,  Myriam Boyer en Madame Rosa. Telle qu'on avait pu l'imaginer à la lecture du livre. Tout en lourdeur, peur et folie. Entre raison, tolérance et infinie tendresse. Oscillant entre le plus beau et le plus laid. Myriam Boyer est simplement magnifique.
A elle seule, elle justifie l'existence de la pièce
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