theatre - danse

Alan Turing, génial mathématicien britannique, bègue et peut-être autiste, a créé le premier ordinateur, une machine capable de penser. "Christopher" est venu à bout d'Enigma, le mystérieux cryptage des communications allemandes pendant la seconde guerre mondiale.

Benoit Soles débute son récit du destin exceptionnel de Turing en 1952. Dans une succession de flash back, il trace le portrait d'un homme à l'intelligence exceptionnelle, doté d'un grand sens de l'humour, d'une sensibilité particulière aux autres, d'une immense soif de comprendre le monde à travers les mathématiques. Il nous retrace les drames de son enfance, son homosexualité cachée, son recrutement par les services de sa majesté, son invention qui devra rester secrète, sa condamnation par les tribunaux de sa majesté. La pièce est habilement construite mixant la vie privée de Turing et l'incroyable défi mathématique qu'il doit relever.

La mise en scène de Tristan Petitgirard est fluide, rythmée, maitrisant parfaitement les changements de tonalité. L'écran vidéo en fond de scène donne le tempo sans excès.

Sur scène Gregory Benchenafi endosse plusieurs rôles et donne la réplique à Benoit Soles impressionnant de maitrise. La précision de son interprétation, sa force d'incarnation est magique et parachève ce bel hommage à un homme d'exception. 

Créée en 2018 au Festival d'Avignon, et librement inspirée par "Breaking the code" de Hugh Whitemore, la pièce a reçu 4 Molière en 2019.

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15 personnages, 3 actes, 5 personnes en réunion, 1 nom et 1 histoire de manipulations multiples. Frédéric Sonntag s´amuse à imaginer le jeu politique de gouvernants obscures manipulant des pieds nickelés de la révolution en s´inspirant de l´imagination de scénaristes. C´est drôle et ingénieux et si le propos frôle la théorie du complot, le rire et l´astucieuse construction du récit l´emportent.

La mise en scène d´Yves Auger plante efficacement avec peu les trois atmosphères qui se succèdent et offre aux 5 comédiens (Alex Lambray, Augustin Tiberghien, Benjamin Ferrier, Émilie Rodriguez, Rodolphe Vivant, Victoria Bocek), qui doivent relever le défi d´interpréter chacun 3 personnages à la fois différents et similaires, la possibilité d´exprimer ses différences et ses similitudes avec finesse.

Les pièces de théâtre contemporaines sortant des sentiers battus ne courant pas les théâtres, George Kaplan se distingue avec efficacité.

A voir tous les vendredi soir à 21h30 au théâtre Montmartre Galabru (Paris 18e).

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Vienne, années 20. Un avocat endetté demande à sa fille de 19 ans, Melle Else, d'obtenir l'aide de Dorsday, un vieil ami. Ce dernier accepte de prêter 50 000 florins à condition que Melle Else se montre à lui nue.

Nicolas Briançon met en scène Alice Dufour, seule, dans la pièce culte d'Arthur Schnitzler. Les projections vidéo (extrait s de "Fraulein Else" de Paul Czinner), l'accompagnement musical, les costumes servent élégamment le jeu nuancé de la comédienne au teint pâle et aux yeux clairs.

Dans ce monologue où toutes les émotions jusqu'aux plus contradictoires se succèdent, entre effroi et inconscience, entre résignation et bravoure, entre soumission et émancipation, entre pudeur et désir, entre éclats de vie et envie de mort, Alice Dufour impressionne et émeut.

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A 11 ans, Marie Caillaud entre au service de George Sand. A 15 ans, l'écrivaine lui apprend à lire, à écrire et à perdre son accent berrichon pour jouer la comédie. Maurice le fils de la maison trouve la domestique à son goût.

Marie des poules conte l'histoire de cette paysanne dont la vie fut transformée par la famille Sand, elle même bousculée par cette domestique.

Béatrice Agenin interprète Marie des poules de l'enfance à l'âge adulte ainsi que le rôle de George Sand. Elle impressionne tant qu'à aucun moment on ne doute de son, ses, personnages. La candeur de l'enfance, celle de la condition sociale, la soif d'apprendre, le chagrin amoureux et la combativité de l'une, l'assurance, la modernité et l'autorité de l'autre, toutes les émotions et les humeurs de ses deux femmes, Agenin nous les donne à voir sans caricature. A ses côtés, Arnaud Denis, qui signe également la mise en scène élégante, est parfaitement trouble entre bon à rien prétentieux et faux sale type prisonnier d'une condition bourgeoise et d'une époque où chacun, quoi qu'on est pu laisser croire, devait rester à sa place.

Molières 2020 de la meilleure pièce du théâtre privé et de la meilleure comédienne.

A voir sur France tv

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Sganarelle, riche et âgé, va convoler ce soir avec Dorimene, jeune, belle et désargentée.  Soudainement, Sganarelle s'inquiète, ne risque t-il pas d'être cocufie ? Il prend conseil auprès de son serviteur, de philosophes et de diseuses de bonne aventure.

Cette comédie en 1 acte de Molière prend un malin plaisir à piéger l'homme vieillissant dominant par sa richesse la jeunesse et la beauté du sexe "faible". Sauf qu'ici la jeune fille à l'esprit plus retord que le vieux bourgeois.

Louis Arene place la pièce dans un théâtre de treteaux. Les comédiens portent des masques outrés et des prothèses de corps apparentes. Le rythme est à la farce. Le décor de planches s'escamote en portes, fenêtres ou trappes diverses pour laisser entrer et sortir les protagonistes.

A l'exception de Sganarelle qui reste enfermé dans cette boîte au plancher penché qu'il faut descendre et remonter, et dont le vieil homme fait le tour sans cesse pour mieux réfléchir, se faire entendre ou échapper à ces tortionnaires.

Ces interlocuteurs se succèdent devenant de plus en plus inquiétants. L'accompagnement sonore, qui dès les 3 coups du brigadier annonçait la couleur, ajoute à l'oppression grandissante, le piège se refermant progressivement sur le vieil imbécile.

Louis Arene.s'empare du texte percutant de Molière et le saupoudre de citations d'autres pièces de Jean-Baptiste et de références modernes, le rendant plus désopilant encore et d'une terrible actualité.

Julie Sicard, dans le rôle de Sganarelle, est hilarante. Sa petite taille sert particulièrement bien le personnage. Sa manière de se déplacer à petits pas rapides, la position de son corps dégingandé, ses mouvements de tête, ses intonations... tout relève du génie comique. Benjamin Lavernhe, en Pancrace, est impayable. Il nous offre avec Julie Sicard un très grand moment comique, le contraste avec le corps longiligne et figé de l'un et celui petit et sans tenu de l'autre est particulièrement efficace. Christian Hecq est parfaitement effrayant en Dorimene. Gaël Kamilindi et Sylvie Bergé complètent la distribution de ce Mariage Forcé complètement fou. Fou parce Louis Arene l'a voulu à la fois drôle et très violent.  La pièce est déconseillée au moins de 15 ans.

 

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