theatre - danse

2h15, c'est une durée peu banale pour un one man show. Laurent Sciamma déchaîné, heureux de retrouver une salle pleine après un été calme, passionné par son sujet, a du mal à quitter la scène. Celle du Café de la Gare, en l’occurrence, sur laquelle il clame son amour et admiration des femmes et son incrédulité face aux mécanismes de construction du mâle.

Si le début de son spectacle, inquiète un peu avec des déclarations telles que "j'ai honte d'être un homme (face à ce qu'endurent les femmes)" le propos prend vite une tonalité moins culpabilisante. Dans un format éloigné du simple enchaînement de punchlines, Laurent Sciamma déroule son propos de féministe militant. Militant pour les femmes et pour le droit d'être un homme blanc-jeune-hétéro exprimant sans honte ses émotions.

2h15, sur le papier cela peut sembler long, dans la salle ça ne l'est pas du tout. La proximité qu'installe le comédien, son énergie physique, son enthousiasme, la limpidité et l'humour avec lesquels il déroule son propos maintiennent l'attention de son auditoire. Certains pourraient lui reprocher de rester très soft sur les exemples de difficultés au féminin, mais si le but est d'éveiller le mâle blanc lambda, le job est fait.

A voir au Café de la Gare jusqu'au 28 août, en tournée et de retour à Paris à la Comédie des Trois bornes. 

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Paul Goutard est un scénariste sans succès, psychologiquement fragile que son épouse et son petit garçon ne peuvent aider. 

Tel est le point de départ de la riche histoire que nous conte François de Brauer qui, seul en scène, interprète une vingtaine de personnages.

Alors que l'art a été considéré pendant plusieurs mois comme non essentiel, La loi des Prodiges interroge, sur le ton du drame, de l'humour et de la poésie, sur ce qu'est l"art, son utilité, sa place dans une société où tout se consomme ou la productivité domine, Il dézingue, au passage, le tout spectacle, en politique, à la télévision et au niveau économique, mais aussi le marché de l'art et un certain élitisme.

François de Bauer offre un spectacle beau et puissant qu'il interprète avec force et maestria.

A ne pas rater sur francetv.fr jusqu'au 22 décembre 2021.

 

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Gulliver, le dernier voyage, festival In d'Avignon - troupe Catalyse

Gulliver, dans son 3e voyage, fait nauvrage sur l'archipel de Laputa composé de quatre iles habitées par des personnages étranges.

Les comédiens de Catalyste menés par les metteurs en scène Madeleine Louarn et Jean-François Auguste nous emportent dans la fantasmagorie du roman de Jonathan Swift. La peur de la fin du monde et la mort sont au coeur de ce récit mené sur le ton de la satire, à la fois drôle et grinçant. Dans le respect du roman, les comédiens ont réécrit une partie de leur partition pour mieux se l'approprier, ajoutant ici et là quelques références contemporaines.

Ici Gulliver est une femme. Une jeune femme à la voix enfantine qui rend ses étonnements face à la folie des hommes plus touchants encore et drôles aussi. Manon Carpentier est excellente dans le rôle, entourée par les comédiens de la troupe, très bons également. Leur différence ; ils sont atteint d'handicap ; apporte à leur personnage la singularité qui sied parfaitement au récit et intensifie la portée décalée du propos.

A voir dans le cadre du Festival In d'Avignon jusqu'au 24 juillet, puis notamment du 2 au 6 octobre à Sew à Morlaix et à la MC93 en février 2022.

 

 

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Chaque année, rendez-vous est pris. Le théâtre du Rond Point ouvre sa plus belle salle au Cirque Invisible de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin.

Lui, 83 ans, est le clown lunaire, farceur aux tours de magie où l'imaginaire et le rire l'emporte sur le sensationnel. Elle, 70 ans, est l’acrobate, la transformiste, la rêveuse qui nous présente son bestiaire géant et fantastique. Si le temps passe, la poésie et la grâce demeurent.

Voir le compte-rendu sur le spectacle de 2012

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La Comédie Française post-confinement se lâche et présente un spectacle musical libératoire particulièrement réjouissant.

 

La scène de la salle Richelieu se transforme en cabaret avec pour maître de cérémonie un Serge Bagdassarian aux allures de maharadja, tout d'or vêtu, irrésistible. Le comédien a créé ce spectacle avec Marina Hands, elle aussi sur scène.

 

Ils ont embarqué dans leur folie expiatoire Alain Lenglet, Anne Kessler, Julie Sicard, Sylvia Bergé, Florence Viala, Elsa Lepoivre, Jennifer Decker, Noam Morgensztern, Gael Kamilindi, Yoann Gasiorowski, Clément Bresson, Salomé Benchimol et Nicolas Verdier.

 

Avant tout portés par le rire et une joie débordante, mais non sans émotion, sketchs, numéros visuels, morceaux musicaux, hommages aux métiers du spectacle, à la comédie musicale et au grand répertoire, évocations du quotidien des comédiens du Français se succèdent multipliant les effets de surprises, passant du 3ième au 1er degrés, faisant se toucher de près fous rires et émotions, soulignant tout à la fois la force et la fragilité des comédiens, celles du monde du spectacle et l'indispensable complicité avec le public.

 

Mais quelle Comédie ! procure une joie sans nulle autre pareille, un bonheur immense de retrouver la Comédie Française et ses magnifiques comédiens.

A ne surtout pas manquer. Salle Richelieu jusqu'au 25 juillet.

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