theatre - danse

Prenez un shaker. Placez y les Bronzés font du ski, Hélène et les garçons, un conte perse et les dictatures iraniennes (le Chah puis Khomeini). Secouez et vous obtenez Les Poupées Persanes.

C'est aussi bête qu' Hélène et les garçons, mais cela n'a ni l'efficacité de l'humour des Bronzés, ni la grâce et la profondeur d'un conte perse, ni la grandeur du récit historique.

Et c'est sans doute ce dernier point qui irrite le plus. Comment oser aborder un sujet aussi grave que l'histoire d'un peuple opprimé avec aussi peu de finesse et de rigueur dans l'écriture ?

Ici tout est gros et gras. Les dialogues, l'humour, le romanesque, les ficelles du récit, les portraits des personnages, la mise en scène, les décors et le jeu des acteurs, à l'exception notable d'Ariane Mourier, toujours excellente.

La majorité du public semble avoir adoré sans qu'on soit tout à fait sûr qu'ils aient compris ce qui leur était raconté. Les autres sont au pire consternés au mieux dubitatifs.

Voir les commentaires

Alan Turing, génial mathématicien britannique, bègue et peut-être autiste, a créé le premier ordinateur, une machine capable de penser. "Christopher" est venu à bout d'Enigma, le mystérieux cryptage des communications allemandes pendant la seconde guerre mondiale.

Benoit Soles débute son récit du destin exceptionnel de Turing en 1952. Dans une succession de flash back, il trace le portrait d'un homme à l'intelligence exceptionnelle, doté d'un grand sens de l'humour, d'une sensibilité particulière aux autres, d'une immense soif de comprendre le monde à travers les mathématiques. Il nous retrace les drames de son enfance, son homosexualité cachée, son recrutement par les services de sa majesté, son invention qui devra rester secrète, sa condamnation par les tribunaux de sa majesté. La pièce est habilement construite mixant la vie privée de Turing et l'incroyable défi mathématique qu'il doit relever.

La mise en scène de Tristan Petitgirard est fluide, rythmée, maitrisant parfaitement les changements de tonalité. L'écran vidéo en fond de scène donne le tempo sans excès.

Sur scène Gregory Benchenafi endosse plusieurs rôles et donne la réplique à Benoit Soles impressionnant de maitrise. La précision de son interprétation, sa force d'incarnation est magique et parachève ce bel hommage à un homme d'exception. 

Créée en 2018 au Festival d'Avignon, et librement inspirée par "Breaking the code" de Hugh Whitemore, la pièce a reçu 4 Molière en 2019.

Voir les commentaires

15 personnages, 3 actes, 5 personnes en réunion, 1 nom et 1 histoire de manipulations multiples. Frédéric Sonntag s´amuse à imaginer le jeu politique de gouvernants obscures manipulant des pieds nickelés de la révolution en s´inspirant de l´imagination de scénaristes. C´est drôle et ingénieux et si le propos frôle la théorie du complot, le rire et l´astucieuse construction du récit l´emportent.

La mise en scène d´Yves Auger plante efficacement avec peu les trois atmosphères qui se succèdent et offre aux 5 comédiens (Alex Lambray, Augustin Tiberghien, Benjamin Ferrier, Émilie Rodriguez, Rodolphe Vivant, Victoria Bocek), qui doivent relever le défi d´interpréter chacun 3 personnages à la fois différents et similaires, la possibilité d´exprimer ses différences et ses similitudes avec finesse.

Les pièces de théâtre contemporaines sortant des sentiers battus ne courant pas les théâtres, George Kaplan se distingue avec efficacité.

A voir tous les vendredi soir à 21h30 au théâtre Montmartre Galabru (Paris 18e).

Voir les commentaires

Vienne, années 20. Un avocat endetté demande à sa fille de 19 ans, Melle Else, d'obtenir l'aide de Dorsday, un vieil ami. Ce dernier accepte de prêter 50 000 florins à condition que Melle Else se montre à lui nue.

Nicolas Briançon met en scène Alice Dufour, seule, dans la pièce culte d'Arthur Schnitzler. Les projections vidéo (extrait s de "Fraulein Else" de Paul Czinner), l'accompagnement musical, les costumes servent élégamment le jeu nuancé de la comédienne au teint pâle et aux yeux clairs.

Dans ce monologue où toutes les émotions jusqu'aux plus contradictoires se succèdent, entre effroi et inconscience, entre résignation et bravoure, entre soumission et émancipation, entre pudeur et désir, entre éclats de vie et envie de mort, Alice Dufour impressionne et émeut.

Voir les commentaires

A 11 ans, Marie Caillaud entre au service de George Sand. A 15 ans, l'écrivaine lui apprend à lire, à écrire et à perdre son accent berrichon pour jouer la comédie. Maurice le fils de la maison trouve la domestique à son goût.

Marie des poules conte l'histoire de cette paysanne dont la vie fut transformée par la famille Sand, elle même bousculée par cette domestique.

Béatrice Agenin interprète Marie des poules de l'enfance à l'âge adulte ainsi que le rôle de George Sand. Elle impressionne tant qu'à aucun moment on ne doute de son, ses, personnages. La candeur de l'enfance, celle de la condition sociale, la soif d'apprendre, le chagrin amoureux et la combativité de l'une, l'assurance, la modernité et l'autorité de l'autre, toutes les émotions et les humeurs de ses deux femmes, Agenin nous les donne à voir sans caricature. A ses côtés, Arnaud Denis, qui signe également la mise en scène élégante, est parfaitement trouble entre bon à rien prétentieux et faux sale type prisonnier d'une condition bourgeoise et d'une époque où chacun, quoi qu'on est pu laisser croire, devait rester à sa place.

Molières 2020 de la meilleure pièce du théâtre privé et de la meilleure comédienne.

A voir sur France tv

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog