theatre - danse

De nos jours, à New York, une jeune femme cherche des informations sur son grand-père Eugène. Elle interroge Stanislaw, qui a connu Eugène pendant la seconde guerre mondiale. 

Sur scène 9 comédiens, menés par Charlie Fargialla et Gaël Cottat excellents tous les deux, interprètent une quinzaine de rôles. Ils redonnent vie à cette histoire réelle de deux médecins polonais qui ont sauvé leur village en faisant croire aux allemands que ses habitants étaient contaminés par le typhus.

La scénographie, astucieuse, fait cohabiter deux temporalité simultanément sans qu'à aucun moment cela semble incongrue. Le récit qui pourrait s’essouffler rapidement est dynamisé par l'humour, parfois osé mais dosé, et une mise en scène vive. Les changements de décors effectués par les comédiens, qui ne se ménagent pas, sont d'une grande fluidité. Enfin, la durée de la pièce 1h20 environ est parfaite.

A voir au théâtre du Splendid.

Lire le post sur la nouvelle pièce de Mélody Mouret "La course des géants"

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Bertrand seul dans son appartement décide de se suicider. Mais quelqu'un frappe à la porte.

La nouvelle pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (auteurs du Prénom) joue sur l'absurde : un suicidaire voit ses plans bouleversés par l'intervention d'un tueur qui veut sa peau. Leurs échanges sont au diapason de la situation. Le décalage est total et l'auteur s'en donne à coeur joie.

Côté mise en scène et scénographie, c'est le service minimum : quelques maladresses, pas d'inventivité et une utilisation de la vidéo sans intérêt.

Le texte, souvent drôle, est parfaitement servi par Éric Elmosnino, une fois de plus excellent, et Kyan Khojandi, très bon en type mal dans sa peau

La première heure fonctionne très bien entre saillies percutantes de drôlerie et silences, l'ensemble jouant sur un rythme lent servant l'étrangeté de la situation. Au quart d'heure final le ton change, comme si l'auteur avait cédé sa plume à un autre, tombant dans un 1er degré lénifiant. Cette fin gâche un peu le plaisir pris jusqu'à là.

A voir à La Scala jusqu'au 31 mars.

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En 1960, à Chicago, Jack Mancini, pizzaiolo turbulent, entre à l'université puis à la Nasa grâce à son intelligence exceptionnelle.

Mélody Mourey nous présente un héros à l'Américaine qui pourrait sortir tout droit du cinéma populaire hollywoodien des années 90, un cinéma qu'elle a sans nul doute beaucoup regardé. Elle en convoque ici les recettes les plus efficaces dans une sorte de best-of entre film d'apprentissage et film catastrophe (Appolo 13, Will Hunting par exemples). Ainsi, la pièce enchaîne des scènes et événements, plus ou moins importants, qui nous semblent familiers, déjà vus à maintes reprises, sans surprise. Cela pourrait être gênant mais c'est une forme d'admiration pour ce savoir-faire, cette capacité à reproduire en compilation les codes et les scènes les plus efficaces, qui l'emporte. Le texte est du même acabit que les dialogues de ces films mais l'auteur n'oublie pas d'être drôle avec de bons mots et un comique de situation efficaces.

Côté scénographie, là aussi c'est le cinéma qui est convoqué. Pour décor des projections vidéos qui nous transportent de lieux en espaces. C'est là aussi très bien fait et favorise l'immersion. Le peu de mobilier présent est déplacé et escamoté par les comédiens qui ne chôment pas dans une mise en scène vive où tout doit s’enchaîner à la vitesse de la lumière, et ce, sans que le spectateur ne se perde. La troupe de comédiens avec en tête Jordi Le Bolloc'h dans le premier rôle, Nicolas Lumbreras (drôlement Splendid), Anne-Sophie Picard, Alexandre Texier, Valentine Revel-Mourosz et Eric Chantelauze, est excellente.

Bref, dans son genre, que certains rapprocheront d'un théâtre à la Michalik mais en plus efficace et plus frais, La Course des Géants fait très bien le job. C'est du divertissement pur, familial, sans plus de prétention.

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François-Xavier Demaison joue à domicile dans son beau théâtre de l'Oeuvre.

Oenophile éclairé, le comédien construit son spectacle à partir de dix dates associées à dix vins.  Dix histoires et anecdotes occasions pour le comédien de se tirer le portrait ainsi que celui de sa famille, de ses amis, de ses rencontres et d'égratigner un peu notre époque.  

Inutile d'être amateur du breuvage pour apprécier ce spectacle où le comédien, aux grimaces impressionnantes, aux imitations bluffantes et aux chutes inattendues, déclenche aisément les rires.

Sa présence au Théâtre de l'Oeuvre, lui donne aussi l'occasion de jouer de son statut de directeur de théâtre avec une pointe d'émotion communicative.

A voir jusqu'au 2 avril.

 

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Elda Older rencontre Alexandre - Maurice. Celui-ci a été condamné il y a 20 ans pour avoir tué sa propre mère, mais il ne se souvient pas avoir commis ce crime. Elsa, elle, perd la mémoire et doit subir une intervention chirurgicale au cerveau. Lui est modèle pour le frère d'Elda un sculpteur sans succès, elle chante et a faillie être actrice. Le voisin voit son ambition d'être édité par une grande maison bientôt atteinte.

Joël Pommerat plonge des personnages ordinaires dans une situation où le trouble règne entre rêve et réalité. Il dessine petit à petit son curieux récit et l'éclaire en alternant présent et flash back. L' étrangeté des personnages et des situations fait naître rire et effroi. Si les deux protagonistes principaux ont pour similitudes des problèmes de mémoire et de perception du réel, ils ont en commun avec les autres personnages qui les entourent de vivre à travers l'art, la création et l'écriture. De quoi surmonter peut-être leurs vies bancales.

Christophe Hatey qui a joué dans la pièce à sa création en 1994 et Florence Marschal mettent en scène cette pièce des débuts de Pommerat qui n'avait plus été montée depuis 2001. Ils s'entourent d'une troupe de comédiens excellents Cédric Camus, Roger Davau, Loïc Fieffé, Aurore Medjeber, Samantha Samson et en alternance Karim Kadjar, Emilien Audiberti et Tristan Godat.

A voir au Studio Hebertot jusqu'au 25 janvier.

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