theatre - danse

Au démarrage, ce qui surprend c'est de voir que Waly Dia a les mêmes agacements que le parisien râleur de base : Hidalgo, Paris, ses travaux, sa pollution, sa saleté... Cela dure 45 secondes. Très vite, l'humoriste retrouve sa plume aiguisée pour aborder les absurdités et les haines qui gangrenent nos sociétés.

Évidemment les sujets et les cibles sont sans réelle surprise : la police (" Moi, je suis comme l'IGPN, je ne suis pas là pour faire le procès des policiers"), les humoristes, les chasseurs, l'antisémitisme, le racisme, #metoo, la pédophilie, les politiques, Zemmour, Macron, l'extrême droite française ("on n'a pas les racistes qu'on mérite"), les intégristes, le grand remplacement, l'homophobie... Waly Dia les aborde sans éviter les clichés, les dénonciations convenues et les raccourcis, sans doute inhérents à la punchline.

Ce qui fonctionne particulièrement, c'est son débit mitraillette, sa parfaite élocution, l'efficacité de ses saillies et son énergie. 

Ce qui perturbe un peu, ce sont les applaudissements des spectateurs à chaque bon mot qui fait ressembler ce spectacle à un meeting politique.

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TMC propose la première captation télévisée d'une pièce de Fabrice Luchini. Il s'agit "Des écrivains parlent d'argent" jouée au théâtre de l'Atelier.

Luchini déroule son spectacle enchaînant les extraits d'oeuvres de Jules Romain, Emile Zola, Karl Marx, William Shakespeare, Cioran, Charles Péguy, Louis Ferdinand Céline, Victor Hugo, Sacha Guitry, Jean de La Fontaine et Pascal Bruckner en alternant avec de nombreux apartés.

 

Si la diction avec laquelle il dit ces textes et les explications qui les accompagnent favorisent leur compréhension, l'excitation qui habite Luchini perturbe un peu.

 

Si les interludes cèdent parfois à la facilité, la propension du comédien à jouer avec son public, sautant sur toutes ses réactions (notamment deux jeunes comédiens sur Ruy Blas) anime efficacement la représentation.

 

Si le côté très cabot de l'acteur et sa propension à se lancer régulièrement des fleurs mal dissimulées derrière une fausse modestie peut agacer, il faut convenir qu'il est également très drôle, multipliant les procédés comiques - imitations sur une fable de La Fontaine, récits de ses émissions télévisées favorites, anecdotes de rencontres, panique durant la crise de 2008.

 

Et si nous ne sommes pas sûrs d'avoir retenu ou bien saisi toutes les subtilités des textes prestigieux, les deux heures filent sans ennui et distillent un réel plaisir.

A voir en Replay sur TMC.

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1663, Molière triomphe avec L’Ecole des femmes. Ce succès déchaîne les critiques auxquelles Molière répond par un pamphlet sur l'art de la comédie avec La Critique de l’Ecole des femmes.

Pour sa troisième intervention à la Comédie Française, Julie Deliquet (Fanny et Alexandre, Vania) propose une création dans laquelle elle plonge les spectateurs dans l'intimité de la troupe de Jean-Baptiste Poquelin. 

Molière (Clément Bresson) y est entouré de ses comédiens, Madeleine Béjart (Florence Viala) et sa fille Armande (Adeline d'Hermy), jeune épouse du maître, la marquise du Parc (Elsa Lepoivre), Mlle de Brie (Pauline Clément), Guillaume Brécourt (Laurent Stocker), Philibert du Croisy (Serge Bagdassarian) et La Grange (Sébastien Pouderoux). De la vie quotidienne de la troupe aux répétitions, du partage des gains jusqu'aux débats sur l'intention des écrits du maître, Julie Deliquet interroge le collectif en mettant en scène ce qu'aurait pu être les échanges des créateurs de la Comédie Française.

Julie Deliquet glisse dans la bouche des comédiens, ceux de Poquelin et ceux du Français, des réflexions sur l'esprit de troupe dans ce qu'il demande aussi de sacrifice, sur l'organisation et la hiérarchisation du groupe, mais aussi sur la misogynie ou non de Molière, sur la puissance de la comédie et l'élégance de la tragédie, sur le besoin viscérale de jouer, sur le statut des comédiens dans la société, sur la classification des publics... Et ce avec force conviction mais aussi beaucoup d'humour.

Dans un très beau décor sur deux étages, où les déplacements sont nombreux, où l'espace est sans cesse, dans son entier, occupé, le mouvement, horizontal et vertical, règne en maître. Oscillant entre éclairage maximal, salle comprise, et éclairage à la bougie, le travail sur la lumière est aussi très précis. La sonorisation en fond est constante, que ce soit les bruits de la foule et des feux d'artifice de la Saint-Jean aux klaxons des voitures qui nous ramènent à notre siècle (et à la relève des jeunes comédiens).

La troupe du Français est ici, encore, impressionnante. Le spectateur oublie vite qu'il s'agit d'une reconstitution tant, sous ses yeux, Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres explosent de vie, et de fièvre de jouer, à moins que ce ne soit Clément, Florence, Adeline, Elsa, Serge et les autres...

​​​​​​La mise en abîme touche à son paroxysme dans la seconde partie de la pièce dédiée à L'Impromptu de Versailles qui voit Molière et ses comédiens répéter. Là aussi, l'incarnation est si forte, la proximité des interprètes et de leur personnage est telle, qu'on plonge totalement dans cette création à l'infini.

A voir salle Richelieu jusqu'au 15 janvier 2023

 

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Clémence Rochefort, fille de Jean, nous convie à un hommage à son père. Elle est accompagnée par l'historien d'art, Edwart Vignot qui commis avec le comédien le livre Le Louvre et le cheval, dont Jean Rochefort souhaité faire un spectacle.

L'heure d'hommage se compose du témoignage de Clémence qui raconte sa relation avec son père, la fantaisie de celui-ci et le poids de la perte. Edwart Vignot et l'invité du soir, Vincent Delerm ce 4 octobre, nous présentent quelques oeuvres du Louvre et lisent les commentaires de Jean Rochefort dont on reconnaît l'humour pince sans rire. 

C'est drôle et émouvant. Sans doute plus émouvant que drôle. L'hommage gagnerait à faire plus de place au côté fantasque du comédien même si la surprise finale est un exemple parfait de sa fantaisie.

A voir lundi 31 octobre avec Alex Vizorek, lundi 21 novembre avec Marina Hands, mardi 20 décembre avec Alex Lutz

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Deux frères et leur sœur se retrouvent dans la maison familiale à l´occasion de la mort du père. Dans le testament un secret de famille surgit.

Aucune surprise dans cette histoire qui reprend de vieilles recettes éculées. La mise en scène sans esbrouffe est efficace. 

La pièce vaut essentiellement pour la prestation de Virginie Pradal, parfaite dans le rôle de la mère, moins perdue qu´elle n´en a l´air.

Une pièce de pur divertissement pour spectateurs peu exigeants.

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