Pour le 400ieme anniversaire de Moliere, Éric Ruff a demandé à trois de ses comédiens de créer un seul en scène, Danièle Lebrun, Pierre-Louis Calixte et Anne Kessler qui clôt la saison.

La comédienne a choisi de rendre hommage aux personnages féminins et à la belle place que le maître a donné aux femmes. Dans Ex- traits de femmes, Anne Kessler interprète  successivement, 8 héroïnes,  Louison, Agnès, Armande, Celimene, Elvire... comme s´il ne s´agissait que d´une seule et même personne à différents âges de la  vie.

 

Enfants naïves, jeunes femmes soumises ou indociles, femmes d´expérience, manipulatrices... elle joue à la fois ces femmes et les hommes à qui elles se confrontent. Le talent de la comédienne est grand qui d´une intonation, d´un changement de rythme ou de posture nous guide dans la perception des différents personnages. Les textes s´enchaînent naturellement comme s´ils ne faisaient qu´un.

 

 

 

 

 

 

La  mise en scène est espiègle et ingénieuse dans un écrin de planches blanches au plancher incliné (le décor du Mariage forcé qui se joue en alternance)  la comédienne use de peu d´accessoire qu´elle détourne tous pour leur donner plusieurs utilités. 

 

Elle fait également intervenir son grand talent de dessinatrice. Ses dessins, pour la plupart en noir et blanc, sont projetés et animés en fond de scène. Ils sont simples, très beaux et composent une pièce maîtresse de cette mise en scène remarquable.

 

Dans ce spectacle qu´elle a conçu, dont elle a créé les animations graphiques et qu´elle interprète avec la précision, la passion et l´espieglerie qui la caractérisent, Anne Kessler nous emporte et  impressionne toujours plus.

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En Oregon, au XIXe siècle, Cookie Figowitz, cuisinier et King Lu, immigrant chinois, s'associent.

Kelly Reichardt a un style qu'elle impose ici encore : longues scènes contemplatives, scénario tenant sur une feuille de cigarette, et format carré.

On oscille entre fascination et ennuis pendant les deux heures de film tant le rythme est lent et le scénario ténu, sans parler des nombreuses scènes en clair-obscur surtout obscur. Conter les débuts du commerce et de l'entrepreneuriat en Amérique en faisant aussi peu d'effort pour plaire au plus grand nombre est assez étrange.

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A Katmandou, Fukamachi, journaliste et photographe de haute montagne, croit reconnaître Habu Jôji. Cet alpiniste disparu des circuits depuis des années détiendrait l'appareil photo de l'alpiniste George Mallory, disparu en juin 1924, qui pourrait être le premier à avoir grimper l'Everest par la crête nord.

Adaptation du manga Le Sommet des dieux de Jirō Taniguchi qui est lui-même inspiré du roman de Baku Yumemakura, ce très beau film, rythmé et aux multiples suspens, a reçu le César du meilleur film d'animation en 2022.

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Amin, 36 ans, réfugié afghan à Copenhague, raconte son histoire. Dans les années 80, il a dû quitter son pays pour l'URSS avec sa mère, ses frères et soeurs. Et a vécu comme il a pu entre un statut de clandestin traqué par une police corrompue, les tentatives de traversées vers la Scandinavie avec des passeurs sans scrupules, la séparation et les mensonges.

Ce film d'animation qui conte une histoire vraie se positionne comme un documentaire avec une double narration, le témoignage d'Amin sur son passé et la présentation de sa vie actuelle. Aux témoignages politique et intime s'ajoutent la beauté des dessins, des extraits de reportages vidéos d'époque et la sensibilité du texte et de son interprétation (Damien Bonnard et Kyan Khojandi dans la version française)

Sa construction particulière a valu à Flee d'être nommé aux Oscars 2022 dans 3 catégories : meilleur film d'animation, meilleur film international et meilleur documentaire 

A voir sur Arte.tv

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Un sourire carnassier, un regard transperçant et lourd, une voix unique au phrasé trainant, Jean-Louis Trintignant tutoyait le sombre, l'inquiétant. Mais il pouvait aussi éclairer son visage d'un sourire soudainement incroyablement lumineux, révélant l'ampleur de sa séduction. Il aimait dans la vie la discrétion, dans le jeu la pondération.

Des étranges personnages, des sales types, il en a joué beaucoup (Z de Costa Gavras, Le combat dans l'île d'Alain Cavalier, Regarde les hommes tomber d'Audiard, Le mouton enragé de Michel Deville, La banquière de Francis Girod, ..). Mais il fut aussi un grand amoureux, celui audacieux d' Un homme et une femme de Claude Lelouch, celui coincé de Ma nuit chez Maud d'Eric Rohmer, jeune premier dans Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, vieillard éperdu dans Amour de Mickaël Haeneke.... Il fut aussi de grands naïfs et héros ordinaires dans le drame Le Train de Pierre Granier-Deferre ou la comédie Vivement dimanche de François Truffaut. De simples exemples pris dans une filmographie de plus de 120 oeuvres. 

A partir des années 80, il joua beaucoup au théâtre des pièces contemporaines mais c'est la poésie qu'il aimait porter notamment avec Appolinaire et Aragon, seul en scène ou aux côtés de sa fille Marie, comédienne envoûtante dont la mort sous les coups d'un homme, en 2003, créera une vive émotion dans le pays et un chagrin incommensurable pour Jean-Louis Trintignant qui ne tournera plus que 3 films avec Haeneke et Lelouch.

Jean-Louis Trintignant s'est éteint ce 17 juin à l'âge de 91 ans.

 

 

 

 

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