Salvador, réalisateur de cinéma reconnu, déprime. Il souffre de multiple troubles physiques qui, dit-il, l’empêchent de créer. Cette dépression et certaines circonstances le plongent dans une nostalgie qui le renvoie à son enfance et à ses anciennes amours.
Ce qui marque avant tout c’est la prestation d’Antonio Banderas, très fin dans l’interprétation de ce clone d’Almodovar. Le film déroule le portrait de ce cinéaste et de ses états d’âme en jouant sans cesse avec le vrai et le faux. Salvador porte les couleurs d’Almodovar, son allure, ses habitudes et ses rêveries qui multiplient les références à l'oeuvre du cinéaste. Mais est-il Almodovar ?
On peine à se détacher de cette obsession et cela gêne un peu la plongée pleine et entière dans le récit qui s’amuse à nous égarer. Le film n'en reste pas moins une oeuvre intrigante, entre autodérision, nostalgie, affres de la création et regrets éternels.
La vie d’Elton John de sa découverte du piano enfant jusqu'à l'année 1983.
Fletcher choisit de conter cette histoire de gloire, sexe, drogue et rock'n roll sous une forme hybride entre biopic classique et comédie musicale. Ce format donne une belle énergie au film tant dans les périodes d'euphorie que dans les moments de désespoir.
Le réalisateur parsème son récit des hits d’Elton John dont les textes illustrent parfaitement chaque moment. Tubes interprétés par Taron Egerton lui-même (performance vocale bluffante) ou par les protagonistes qui l’entourent.
La mise en scène stylisée et le montage sont très rythmés, avec des flashbacks astucieusement amenés et de belles ellipses. Fletcher joue avec les contrastes des couleurs fades de l’enfance à celles flashies et exubérantes de la vie de rock star. Les reproductions des costumes d’Elton John sont spectaculaires. Si on peut reprocher un traitement un peu trop appuyé des rapports conflictuels avec les parents, la psychologie du chanteur et celles de son entourage sont clairement dessinées.
Taron Egerton est tout simplement époustouflant. Il est Elton John. A aucun instant, le souvenir du vrai Elton ne vient perturber notre plongée dans le film.
Rocketman sort ainsi des biopics plan-plan, sans âme, ni parti-pris artistique. Après le très décevant et fade Bohemian Rhapsody, il nous réconcilie avec ce genre cinématographique
Roman et Camille forment un couple uni parents de deux petites filles. Quand la cadette est hospitalisée, suite à des convulsions, ses examens montrent des traces de cocaïne.
Un film sur le pouvoir de la culpabilité, la force de l'amour et le poids du soupçon porté par un récit sensible, une mise en scène efficace et discrète, et l'interprétation tout en délicatesse de Céline Sallette et Pio Marmaï.
La 9e édition du Festival Circulation(s) se déroule jusqu'au 30 juin au 104.
Le festival met en avant une trentaine de photographes européens sélectionnés par un jury de professionnels. Cette année, encore, l'accent est mis sur des artistes plus plasticiens que "simples" photographes. Pour nombre d'entre eux leurs œuvres photographiques ont peu d'attrait esthétique et ne prennent de valeur qu'une fois leur concept expliqué.
Les amateurs de photographies plus classiques, offrant un intérêt esthétique ou documentaire, trouveront leur compte chez quelques photographes exposés dont ceux ci-dessous.
Emile Ducke - Diagnosis
Ce photographe Allemand est sans contexte le coup de cœur de ce festival. Il y présente une série de photos réalisées dans le Saint Lukas, l'un des cinq trains médicaux qui se rendent dans les villes reculées de Russie, là où les médecins et les hôpitaux manquent. www.emileducke.de
Nelson Miranda - Fundação Lar do Emigrante Português no Mundo
Cet architecte et photographe Portugais présente ses photographies réalisées dans les ruines de la Fondation « Foyer de l’Émigré Portugais dans le monde », une ville partiellement construite dans les années 1980 pour accueillir des migrants arrivant au Portugal. Abandonné, le lieu est vandalisé est occupé par des groupes d’extrême-droite.
www.nelsonmiranda.pt
Ruben Martin de Lucas - Minimal Republics
Ce photographe-vidéaste espagnol, expose une série de photos réalisées sur 100 m² de terrain transformés en " micro-états éphémères" de 24 heures, de forme géométrique. Une réflexion sur la nature artificielle et éphémère de toute frontière. www.martindelucas.com
Jaakko Kahilaniemi -100 Hectares of Understanding
Les forêts en Finlande occupent 71,6% de la surface du pays. Jaakko Kahilaniemi, photographe Finlandais, en possède 100 hectares et cherche à créer de nouvelles manières de penser et de ressentir la forêt. www.jaakkokahilaniemi.com
Felicia Simion - Ethnographies
Cette photographe et plasticienne roumaine, témoigne des coutumes et des manifestations folkloriques de la Roumanie rurale contemporaine, dans un contexte de dépeuplement et de migration.
www.feliciasimionphotography.com
Birgit Püve -Estonian Documents
Photographe Estonienne, Brigit Püve expose plusieurs portraits de ses concitoyens. Elle considère que l'histoire d'un pays peut se lire sur les visages connus ou anonymes.
Alex vient passer quelques jours chez sa grand-mère, Muriel, avant de s'installer au Canada. Muriel est intriguée par le comportement d'Alex qui s'est converti à l'Islam.
Téchiné offre à Catherine Deneuve un très beau rôle de femme épanouie et aimante confrontée à l'incompréhensible.
Le récit prend place dans la campagne, prés des cerisiers, dans un centre équestre où de jeunes enfants apprennent à faire du poney. Tout respire la vie et la joie de vivre. Téchiné prend soin, petit à petit, de confronter ce lieu d’échange et de joie à l'austérité et la violence des rapports qu'Alex entretient avec ses comparses djihadistes.
Son scénario repose essentiellement là-dessus, ne cherchant jamais à expliquer, affirmant même, par la voix d'un djihadiste repenti, qu'il n'y a rien à faire.
Sans atteindre la puissance de Mon cher enfant de Mohamef Ben Attia, le film se regarde sans désintérêt grâce surtout au beau rôle offert à Catherine Deneuve et à la prestation de Kacey Mottet Klein.