Becky del Páramo, chanteuse célèbre a abandonné sa petite fille Rebecca pour aller chanter au Mexique. 15 ans plus tard, lorsqu'elle rentre en Espagne, Rebecca l'atccueille cherchant à capter l'amour et l'attention de sa mère.
Un des grands films d'Almodovar qui dose parfaitement decalage, drame et humour. Ici tout est drôle et dramatique à la fois. Le récit un brin loufoque est d'une grande maîtrise.
Le duo d'actrices fait des merveilles. Particulièrement, Victoria Abril, qui impressionne. Menue, cheveux courts, elle aura toujours l'air d'une petite fille qui a peur de l'abandon face à Marisa Paredes, grande femme fatale avant d'être mère. A leurs côtés, Miguel Bose joue de tous les travestissements.
La mise en scène, élégante, multiplie les plans séquence. Les couleurs sont reines sans être ostentatoires.
La bande originale de Ryûichi Sakamoto est devenue un classique tout comme les chansons Un ano de amor et Piensa me interprétées par Luz Casal.
Le film a remporté le César 1993 du meilleur film étranger.
Ferrand réalise en studio le film "Je vous présente Pamela". Le tournage n'est pas sans péripéties.
Si on ne devait garder qu'un seul film sur le cinéma ça serait sans hésitation La Nuit Américaine. Tout ce qui s'y passe, tout ce qui est dit, explique comment se fait un film, du plus petit détail au plus important, et ce que avec un soucis du didactisme remarquable car plein de gourmandise et d'un plaisir extrêmement communicatif. L'immersion dans les coulisses de la fabrication d'un film est totale. Chaque personnage est présenté en un détail qui permet aux spectateurs d'identifier rapidement sa fonction sur le tournage mais aussi sa personnalité. Les actions de chaque membre de l'équipe de tournage forme une chorégraphie sans temps mort.
François Truffaut joue avec le cinéma dans le cinéma jusqu'au point que certains techniciens de Je vous présente Pamela sont les vrais techniciens de La nuit Americaine, tels Yann Dedet, monteur, ou Jean-François Stevenin, assistant réalisateur, qui débute là sa carrière de comédien. Truffaut rend aussi hommage aux films et aux réalisateurs qu'il aime et même à ses propres films comme la reprise de la scène du plateau du petit déjeuner de la Peau douce. L'équipe du film après les journées de tournage se distrait en allant au cinéma où passe Le Parrain qui venait de sortir.
C'est aussi le premier grand film de Nathalie Baye, dans le rôle de la scripte qui est certainement le pendant de Suzanne Schiffman qui fut la scripte, l'assistante réalisatrice et l'aide scénariste sur 90% des films de Truffaut.
Le casting est particulièrement prestigieux : Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Aumont, Jean-Pierre Leaud, Dani, Alexandra Stewart, Bernard Menez, Valentina Cortes, Nathalie Baye et Truffaut himself.
C'est dans ce film que Truffaut/Ferrand dit cette réplique culte : "Un tournage de film, ça ressemble exactement au trajet d'une diligence au Far-West. D'abord, on espère faire un bon voyage et puis, très vite, on en vient à se demander si on arrivera à destination."
La Nuit Américaine a été tourné dans les studios La Victorine à Nice, dans les décors qui avaient été réalisés pour La Folle de Chaillot. Simultanément avait lieu le tournage de Last of Sheila avec Raquel Welch et James Coburn.
Cerise sur le gâteau qu'est ce chef d'œuvre : la musique de Georges Delerue, indissociable du film est sublime.
Oscar 1974 du Meilleur film étranger, Bafta 1974 du Meilleur film et meilleur réalisateur
Dans un village de l'Est de la France, à la fin des années 20, Julien Davenne vit dans le souvenir des proches qu'il a perdu pendant la guerre, ses amis morts au front et surtout de sa femme Julie. Lorsqu'il rencontre Cécilia Mandel, dans une salle des ventes, celle-ci ose exprimer leur étrange point commun et leur façon bien différente d'accueillir celui-ci.
Film le plus étrange et mystique de François Truffaut, La Chambre Verte décrit un amour absolu par delà la mort et l'application d'une fidélité indéfectible aux disparus. "Les morts nous appartiennent si nous continuons à leur appartenir."
Le personnage de Davenne est un extrémiste, particulièrement austère. Austérité parfaitement bien servie par Truffaut qui donne à Davenne son phrasé très particulier, un peu atone et sa façon de "jouer faux". Il est parfait dans le rôle de ce fétichiste et cet inadapté aux vivants avec lesquels il limite ses relations au jeune sourd et muet qu'il élève, à sa gouvernante, au directeur de la revue dans laquelle il écrit.
La vie et ses nuances apparaissent avec la fraîcheur et les sentiments du personnage de Cécilia Mandel, interprétée par l'excellente Nathalie Baye.
La forme du film, à la photographie très sombre, à la musique peu aimable, maintient le spectateur à distance. On peine à s'attacher aux personnages si ce n' est à celui de Cécilia.
Le scénario est inspiré des nouvelles d'Henri James dont L'Autel des morts et La Bête dans la jungle.
Le projet "6 milliards d'autres" a nécessité six reporters qui pendant 4 ans de tournage ont posé leurs caméras dans 75 pays. Objectif : interviewer 5000 personnes, dans 43 langues différentes, et enregistrer leurs réponses personnelles aux 40 mêmes questions. Cela donne en tout 3500 heures filmées dont 20 heures sont projetées dans le cadre de l’exposition au Grand Palais.
C’est dans la Nef qu’a été installée une bonne vingtaine de yourtes portant chacune un thême (aimer, pardonner, les peurs, la famille, le bonheur...) et présentant sur écran les témoignages filmés en plans fixes et serrés. L’image ici ne jouant que son rôle de support ne vient en aucun cas perturber l’attention donnée à la parole. Elle est toutefois soignée et rend hommage à la diversité des visages, à leur couleur, leur forme et à leur expression.
Ces milliers de visages si différents nous offrent des témoignages étonnants de simplicité, de violence ou de drôlerie et happent le spectateur dans un effet hypnotique. Le résultat est captivant et souvent émouvant. Tous ces êtres que leur culture, leur histoire et leur situation géographique séparent, se retrouventdans ce qui provoque leurs émotions les plus fortes. L'exposition court jusqu' au 12 février. Si vous ne pouvez y aller, des centaines d'autres vidéos sont disponibles sur le site internet :www.6milliardsdautres.org.
PS : Evitez les heures de pointe : les yourtes sont très petites et vous risquez de devoir faire la queue pour y entrer.
Le très beau musée Jacquemart-André propose jusqu'au 25 janvier, une rétrospective du travail de portraitiste de Antoon Van Dick. Sont rassemblées des toiles venues des plus grands musées Européens et Américains.
Elève de Rubens, Van Dick a puisé son inspiration en Italie avant de revenir à Anvers puis de rejoindre la cours d'Angleterre charmée par son talent. Sa peinture dite baroque enchantera les amateurs du genre. Personnellement, j'ai trouvé les regards assez monocordes ; la palette des émotions exprimées étant assez restreinte - les personnages semblent soit effrayés, soit hautains. Mais, même si je reconnais la qualité du travail effectué, je dois avouer que ce genre pictural n'a pas ma préférence.