theatre - danse

À la fin du 19e siècle, en Russie, Natalia Petrovna trompe l'ennui avec Rakitine son ami, confident et amoureux platonique, tandis que son mari gère le domaine. L'arrivée récente du jeune précepteur de son fils vient troubler Natalia qui voit en sa jeune pupille, Vera, une rivale. Entre euphorie amoureuse, dépression, raison et déraison, Natalia va voir vaciller son petit monde.

Cette pièce, écrite par Tourgueniev en 1869, mélange l'esprit mélancolique et désabusé slave et une ambiance proche du vaudeville, à la fois drôle et désespérée. 

La mise en scène sobre d'Alain Françon présente un décor épuré et une très belle lumière qui fait de chaque scène un tableau. Sa direction d'acteurs surprend. Le docteur semble sorti  d'un Pagnol, Natalia à  des vapeurs à la Sara Bernhard, le prétendant de Véra semble un personnage de Molière. Le génie de Micha Lescot et la grâce d'Anouk Grinberg fonctionnent merveilleusement. India Hair, que l'on découvre ici pour la première fois au théâtre après nous avoir bluffé au cinema, est parfaite en jeune fille qui perd cruellement sa candeur. Dans un rôle malheureusement très secondaire, le plaisir de retrouver Laurence Côte agit aussi. Un très beau moment.

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Raphael Personnaz dit les mots écrits par Antoine Leiris à la mort de son épouse le 13 novembre 2015 dans l'attentat du Bataclan.

Dans une mise en scène, sobre et délicate, composée de chaises éparpillées, de quelques phrases projetées, d'interludes offerts en respiration par une pianiste discrète, Raphaël Personnaz impressionne par sa capacité à restituer le livre d'Antoine Leiris, son désespoir, sa colère et sa force, sans jamais sembler jouer. La sobriété de son interprétation et la beauté du texte d'Antoine Leiris saisissent puissamment.

Benjamin Guillard signe l'adaptation et la mise en scène, Antoine Salher la musique.

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En Tchécoslovaquie, après la chute du mur, Véra dirige avec succès, d'une main de fer et sans état d'âme, une agence d'acteurs. Quand des anglais achètent son entreprise,  elle garde son poste de directrice jusqu'au jour où le nouveau propriétaire la licencie.

Petr Zelenka dessine, à travers le portrait de Vera, une critique du capitalisme et de son inhumanité qui semble bien naïve. Mais, il est difficile d'apprécier réellement le niveau de qualité du texte et du récit tant la mise en scène étouffe tout.

Élise Vigier et Martial di Fonzo Bo  semblent avoir voulu présenter un catalogue de tous les procédés de mise en scène à la mode : vidéo enregistrée ou live, cameramen sur scène, voile en 4e mur, vues sur les machines et les coulisses... On ne sait trop où poser le regard ou fixer son attention, tout se brouille. Ce trop- plein, qui tourne sur le cœur, ne dit rien. A cela s'ajoute un mélange de tonalités dont on ne perçoit pas la maîtrise et qui n'installe pas de vrai parti-pris. On oscille entre la satire, le burlesque, le boulevard, le drame, le pamphlet.

Sans la présence de Karine Viard qui joue sur tous les registres avec une vérité touchante, cette version de Véra nous aurait définitivement achevés.

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Patrick Timsit adapte au théâtre le livre d'Albert Cohen. Seul en scène, il dit les mots de l'auteur et incarne son deuil.

Timsit est un grand acteur, tellement grand qu'on peut le regarder incarner un auteur et un texte que l'on trouve tous les deux déplaisants et le trouver toujours grand comédien. Car dans ce texte, Albert Cohen est de ces hommes, imbus d'eux mêmes, qui lorsqu'ils rendent hommage à leur mère, ne parlent que d'eux, rapportent tout à eux. Il décrit son chagrin, son sentiment d'abandon, la perte non pas d'un être cher mais de l'amour inconditionnel qu'on lui portait. Les mots qu'utilisent Cohen pour nommer sa mère semblent bien petits, étriqués et écrasés par le "je" de l'auteur. Et ce "moi, moi, moi" qui nie la personnalité même de cette femme réduite à la fonction exclusive de mère devient vite insupportable.

Pour la mise en scène, l'usage de la vidéo tellement présente au théâtre désormais qu'on en finit presque par s'étonner quand elle nous fait grâce de son absence, est ici inutile et hors propos. Les interludes musicaux sont aussi incongrus. Si les chansons sont belles et ont un propos plus ou moins proches avec le sujet elles n'apportent rien. On pourra même trouver d'assez mauvais goût l'utilisation du "petit train" des Rita Mitsouko en illustration du chagrin que Cohen, alors adulte et résident Suisse, avait à voir sa mère repartir pour Marseille.

Demeure le talent de Patrick Timsit que l'égocentrisme de l'auteur et le mauvais goût du metteur en scène ne peuvent atteindre.

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De nos jours, Gabriel Orsini est un peintre reconnu en manque d'inspiration. A l'occasion de ses 60 ans, il reçoit son agent et son  fils dans le loft atelier dont il vient d'hériter.

Les déplacements nombreux et chorégraphiés des acteurs, l'imposant et assez beau décor sur deux étages, en mouvement permanent, semblent tendre vers un seul et même objectif : combler le vide laissé par la pièce, au texte faiblard et à l'intrigue digne d'une piètre série télé.

Didier Bourdon offre quelques bons moments mais il ne peut pas faire grand chose avec ce qu'on lui donne à jouer.

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