theatre - danse

Agatha a donné rendez-vous à son frère dans leur maison d'enfance. Elle part faire sa vie avec un autre. Lui ne veut pas renoncer à leur amour absolu et interdit.

Hans Peter Cloos propose une mise en scène débordante, multipliant les supports et les accessoires. Des vidéos (dont des extraits de la Nuit du chasseur ?) sont projetées sur le grand mur de briques de la salle au-dessus de la scène, d'autres vidéos, cette fois prises en direct par la GOpro des comédiens, se posent sur le décor, en fond un accompagnement musical, sur scène de nombreuses chaises abandonnées et deux micros sur pied, pour les comédiens des accessoires en lien avec le monde de l'enfance (tutu, maillot de corps Petit Bateau, nez de clown, poupées dont on ne dira jamais assez le mal qu'elles font au théâtre contemporain qu'elles soient dénudées, poignardées ou démembrées), pour décor, les murs vieillissants du salon de la maison et un corridor où courir et se cacher.

Les deux comédiens jouent de façon très différente. Le  jeu de Florian Carove est à l'avenant du parti-pris de la mise en scène. Il surjoue chaque émotion, chaque geste, marquant chaque instant de gesticulations. Face à lui, Alexandra Larangot offre une interprétation très classique, posée. De tout cela ne ressort aucune sensualité. Mais ce qui gêne le plus, est que sous cette mise en scène, que l'on peut trouver superfétatoire, le texte de Duras peine à trouver sa place, jusqu'à être par moment totalement englouti par le désir du réalisateur de tout surligner, de surinterpréter. C'est dommage car les moyens et l'envie de délivrer un beau moment de théâtre sont indéniablement là.

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Le_cercle_des_illusionistes_SansCrierArt

En 1805, né Jean-Eugene Robert-Houdin. En 1861, Georges Méliès voit le jour.  En 1984, Décembre, pick-pocket, rencontre une étrange jeune fille.

A travers le destin croisé de ces trois personnages, Alexis  Michalik nous convie au cœur d'une réflexion sur l'illusion. C'est du moins ce que l'élégant monologue d'introduction nous laisse présager. Mais, le récit qui suit, que l'on pourra juger inutilement alambiqué, ne dépasse jamais le stade du très simple divertissement. Bâti sur une succession d'anecdotes, pas vraiment passionnantes, le récit s'enlise et ne porte aucun questionnement.

Les dialogues ne sont pas particulièrement audacieux ou drôles. La mise en scène efficace, bien qu'alourdie par un récit confus, offre quelques moments propices au merveilleux. La valse des six très bons comédiens, qui passent sans cesse d'un rôle et d'une époque à l'autre avec une dextérité remarquable, impressionne. Mais, la profondeur qu'il manque au récit nous laisse bien déçus.

Lire la critique de la première pièce d'Alexis Michalik "Le porteur d'histoire"

 

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La petite Sandra promet à sa mère mourante de la garder en vie en ne cessant jamais de penser à elle. Quand elle emménage avec son père chez la future épouse de celui-ci, Sandra, toujours obnubilée par sa promesse, accepte d'endosser les travaux les plus ingrats.

Le théâtre de la Porte Saint-Martin  accueille le public rideau ouvert, scène et murs nus, affichant une austérité surprenante. Pourtant, dès le début de la pièce et pendant 1 heure 40, le théâtre va prendre vie de la plus belle des façons. La vidéo, qui a envahi les théâtres avec plus ou moins de bonheur ces dernières années, offre ici un spectacle d'un esthétisme bluffant. L'un des décors principaux, la maison de verre, est particulièrement impressionnant et intrigue par sa beauté et son ingéniosité. La mise en scène fluide fait la part belle au mouvement, dans une chorégraphie très expressive. Les comédiens (Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis, Deborah Rouach, Alfredo Cañavate) sont excellents. Leur léger accent belge est un bonheur supplémentaire qui sert particulièrement efficacement la tonalité féroce et drôle des dialogues et du propos général. Car Pommerat présente de Cendrillon une version à la fois cruelle et hilarante. On rit ainsi beaucoup à cette histoire au demeurant touchante. Le récit d'une extrême simplicité, servi par un texte ciselé, offre une réflexion étonnante sur le poids de la culpabilité et du malentendu. 

L'ensemble compose un spectacle de très beau et très grand théâtre.

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Le plus souvent lorsqu' une soirée au théâtre n'est pas très réussie c'est que l on a assisté à la représentation d'une mauvaise pièce, mal mise en scène, que le talent et l'enthousiasme des comédiens n'ont pas suffit à sauver. Ce jeudi 15 juin, la situation était inverse pour un résultat identique.

La pièce écrite par Amanda Sthers et Morgan Spillemaecker présente un sujet original, au traitement drôle et cru. Les dialogues sont percutants et entrainent des rires en cascade pour qui aime l'humour grinçant. Jouée avec finesse et astucieusement mise en scène, elle offrirait un bon moment de pur divertissement.

Malheureusement, ce jeudi 15 juin, les comédiens n'étaient pas très bons. L'un surjouait un personnage déjà en marge, l'autre ratait toutes ses bonnes répliques lancées à contretemps et à l'occasion inaudibles, une autre ne portait pas sa voix et, quand elle le faisait, perdait en justesse et le quatrième, celui qui s'en sortait le mieux, était totalement desservi par ses camarades. A ce jeu de massacre, peut-être dû à un mauvais soir, s'ajoute une mise en scène convenue dont l'absence totale de créativité lasse rapidement. La soirée ne fut donc pas très réussie.

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Blanche Gardin présente son 2e spectacle en forme de bilan féroce et irrésistiblement drôle. Bilan personnel à l'étape fatidique des 40 ans, âge où tout dégringole, et constat désabusé sur une Humanité qui semble en bout de course.

Blanche Gardin, droite comme un i derrière son micro, aborde les sujets les plus déprimants, et graveleux, avec un sérieux, un sens de la dérision et de l'analyse désarmant. Son expression est soignée même dans les récits les plus dérangeants ou incongrus et on perçoit la sociologue dans son sens de la dialectique.

Dans la foule des artistes qui se proclament comiques en racontant leur vie sur scène avec trois jeux de mots et deux blagues de cours de récré, Blanche Gardin propose d'élever la qualité de nos rires quitte à ce que ça grince un peu.

 

 

 

 

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