theatre - danse

Martin vient de recevoir le Grand Prix International d'Histoire. Cette nouvelle qui devrait le réjouir, le terrifie : tous les lauréats de ce prix sont décédés dans l'année qui a suivi. Alors qu'il confie son inquiètude à sa belle-soeur celle-ci lui avoue son besoin de révéler à son mari qu'elle l'a trompé avec Martin.

Il est toujours aussi étonnant de voir que de grands professionnels du théatre tels que Bernard Murat et Daniel Russo puissent encore monter des pièces d'un niveau aussi faible. Comme si sans prendre soin d'étudier sérieusement la pièce, ils ne se basaient que sur la réputation de l'auteur, Gérald Sibleyras, qui affiche quelques succès sur son CV. La Récompense manque cruellement de rythme, les effets comiques, déjà peu nombreux, tombent à côté une fois sur deux,  le récit oscille entre la peur de mourir de Martin et celle de voir sa tromperie révélée à son frêre sans qu'aucun des deux sujets ne soient vraiment traités et tout est terriblement prévisible. Quant à la mise en scène, elle est au diapason : sans créativité et sans surprise. Les deux - trois envolées qui réveillent la pièce ne durent qu'une minute et sont traitées de façon anecdotique. Tout le talent de Daniel Russo (soutenu très honorablement par Lionel Abelanski, Anne Jacquemin et Alysson Paradis) ne suffit pas à donner de l'intérêt à cette fade Récompense.

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Silvia et Dorante se voient promis l'un à l'autre par leurs pères respectifs. Alors qu'ils vont être présentés pour valider ce choix, ils ont chacun de leur côté l'idée d'échanger leur rôle avec leurs domestiques. Ainsi, ils pourront observer leur fiancé(e) à leur guise.

Salomé Villiers propose de déplacer cette intrigue amoureuse dans une époque récente. Dans un jardin avec transat, parasols, menthe à l'eau et lunettes de soleil, elle nous convie à une version burlesque pas totalement assumée. Dès le début de la pièce, la metteuse en scène semble avoir du mal à faire des choix, à doser et à renoncer à l'inutile. Les accessoires "comiques" sont grossiers, le décor est sans intérêt, la vidéo en plus de ne rien apporter d'intéressant, ni artistiquement, ni du point de vue du récit (la metteuse en scène y imagine ce qui se passe entre les actes), s'immisce lourdement dans l'espace. Salomé Villiers emporte certains personnages (Lisette, Arlequin, Mario) vers le burlesque et une certaine outrance (pas toujours très bien maitrisée) et maintient Dorante et Silvia dans le premier degrés. L'harmonieux mariage de la satire et du romantisme créé par Marivaux disparait ici totalement. Il reste tout de même la beauté du texte et l'intelligence du récit. On peut s'en réjouir ou s'interroger sur l'intérêt de déranger un tel auteur pour si peu.

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Sidney Brown auteur de pièces policières à succès est en manque d'inspiration. Un jeune auteur lui envoie, pour avoir son avis, le texte de "Piège mortel" qu'il vient d'écrire. Sidney Brown, très séduit par l'oeuvre; imagine toutes sortes de stratagèmes pour se l'approprier.

Piège mortel est l'adaptation de Deathtrap de l'auteur Américain Ira Levin. La pièce se démarque du reste de la production par la qualité et l'inattendu de ses rebondissements et son ton décalé entre tension et humour. Les deux niveaux de jeu sont parfaitement dosés et maîtrisés par les comédiens particulièrement bien servis par la mise en scène précise et alerte d'Eric Metayer. Cyril Garnier, cette fois sans son binôme Sentou, est parfait en jeune auteur faussement candide et Nicolas Briançon est comme toujours excellent. Toutefois, celle qui impressionne le plus est Viviane Marcenaro. Dans un rôle totalement incongru et donc hyper périlleux, elle est parfaitement crédible et fait éclater le rire en cascade. Encore, une belle réussite d'Eric Métayer qui n'a pas son pareil pour trouver les pièces qu'il saura servir par son art du décalage et par ses excellents choix de comédiens.

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Kee-Yoon, ancienne avocate au barreau, présente son premier spectacle "Jaune bonbon" au théâtre du Petit Gymnase. Elle y évoque son ancienne profession, ses origines coréennes, ses relations avec sa mère et son grand saut dans l'humour. L'enthousiasme et l'énergie qu'elle déploie pendant 1 heure sont très sympathiques. La partie sur ses origines asiatiques est assez efficace et on en rit de bon coeur. Le reste du show offre quelques blagues convenues, pas très bien amenées, aux références vieillottes ou au contraire très enfantines. qui semblent avoir été écrites un peu rapidement. Le spectacle semble à l'état débauche ou de test, demandant à être retravaillé, peaufiné tout comme le personnage campé par Kee Yoon, un peu fade, manquant d'un caractère plus marqué. On est alors d'autant plus surpris d'apprendre que ce spectacle tourne depuis plus de trois ans, démentant ce sentiment qui nous tient pendant une heure que cette grande brune fort sympathique et maladroite est en train de faire ses classes. A moins que, car il est question ici de spectacle vivant, que ce soir ne fut pas un très bon soir.

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Slimane Kacioui met en scène, Le Horla, la nouvelle fantastique écrite par Guy de Maupassant en 1887. Le héros et narrateur conte son histoire sous la forme d'un journal. Date après date, ce récit étrange prend corps et laisse apparaître la possible folie d'un homme à travers ses perceptions surnaturelles. 

Avec pour seuls accessoires, une chaise, un tréteau et de grandes tentures noires, Florent Aumaître, seul en scène, donne un visage, une voix et les traits d'émotions multiples et contradictoires au héros de cette œuvre au texte riche et curieusement plus exigeant à l'écoute qu'à sa lecture. Le comédien dans une diction parfaite fait entendre tous les mots et toutes les intentions du texte. Son interprétation des doutes, peurs, luttes et résolutions du héros est particulièrement efficace. 

A voir au théâtre Michel jusqu'au 6 mai.

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