theatre - danse

Maternité, religion, boboïtude, attentats, féminisme... les sujets abordés par Camille Chamoux ne sont pas d'une grande originalité. Cette comédienne parisienne qui a successivement vécu deux traumatismes : avoir un enfant et habiter dans le 11e arrondissement lors des attentats, commente sa vie.

Et c'est là que le talent et l'intelligence, qui vont souvent de pairs, font mouche. Qualité de l'écriture, originalité de l'angle, finesse de l'interprétation... on rit beaucoup et de bon cœur sur des sujets vus et revus et dont l’intemporalité nous condamne à recroiser pendant encore très longtemps.

On l'avait remarquer dans son deuxième spectacle,Née sous Giscard. Avec son Esprit de contradiction Camille Chamoux confirme et affine encore son écriture et son jeu.

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Des territoires (d'une prison l'autre) - SansCrierArt.com

Lyn, Hafiz, Benjamin et Samuel viennent d'enterrer leurs parents dans des circonstances farfelues. De retour dans la maison familiale, ils trouvent Moussa et Lahcen qui leur apprennent que des émeutes ont lieu dans le quartier. Contraints de rester enfermés dans la maison, ils se retrouvent face à leur deuil et à leurs relations complexes alors qu'une militante anti-capitaliste s'invite chez eux.

Que la militante se nomme Louise Michel n'est pas un hasard. Baptiste Amman fait le choix de lier les difficultés des quartiers à la Commune. Un choix qui semble difficile à appréhender tant la pièce perd en efficacité lorsque cette part d'histoire intervient. Toute la partie contemporaine (la plus importante) est particulièrement séduisante. Les textes y sont forts et poétiques. Le propos y est clair et prenant. Les comédiens incarnent avec force leurs personnages et sont parfaits dans la gravité comme dans le burlesque. La scénographie est belle à la fois crue et éthérée, entre rêve et réalité. On est tout à fait séduit par cette curieuse histoire. Quand la Commune prend toute la place, on se perd un peu et on doute du réel intérêt du propos. Les états d'âme que Baptiste Amman attribue à Théophile Ferré ou Gustave Courbet sont biens moins intéressants que le malaise de ses héros contemporains et moins fort que le cri de Moussa. Au risque de décevoir l'auteur, on repart avec le souvenir vivace du destin de ce pavillon de quartier et on oublie bien vite la Commune.

A voir jusqu'au 25 novembre.

Des territoires (...d'une prison l'autre....) est le deuxième volet d'un triptyque débuté en 2013 avec Des territoires ( nous sifflerons la Marseillaise). La même fratrie est chaque fois mise en scène et leur histoire  confrontée à un évènement historique : la révolution française, la Commune et la guerre d'Algérie pour le troisième volet à venir.

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la-revolte-les-dechargeurs-sanscrierart.com

Elisabeth travaille avec son mari banquier. Depuis 4 ans, elle gère scrupuleusement et avec succès la fortune de son époux. Mais ce soir, elle décide que cela suffit.

La pièce de Villiers de l'Isle Adam, écrite en 1869, est un grand texte féministe, cinglant, sans concession sur l'esprit bourgeois et le libéralisme. L'auteur y fait un constat amer sur la situation des femmes dans le couple et le tout argent. Son texte percutant et moderne a aussi la beauté de la littérature de l'époque. La mise en scène de Salomé Brousky est simple et discrète. Il est vrai que la qualité du texte ne nécessite pas d'effet particulier d'autant plus qu'il est servi par Dimitri Storoge et Maud Wyler, tous deux excellents.

A voir jusqu'au 9 décembre 2017

Les Déchargeurs - 3, rue des Déchargeurs - 75001 Paris

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12hommes-en-colere-sanscrierart

Le directeur du théâtre Hébertot, Francis Lombrail, propose sa propre adaptation de la pièce de Réginald Rose. 

Dans un décor blanc d'une grande simplicité, s'alignent les 12 jurés qui vont devoir débattre, se battre et se convaincre. Les 12 comédiens, au diapason, sont parfaits, affichant sans excès, la personnalité  de leurs personnages aux histoires et motivations bien différentes. Bruno Wolkovitch est excellent de sobriété dans le rôle principal de l'empêcheur de tourner en rond. La mise en scène ténue, l'espace de jeu est réduit, joue sur la promiscuité dans laquelle sont maintenus les jurés qui s'affrontent dans des joutes verbales à deux doigts du corps à corps. 

On pourra regretter l'accompagnement sonore qui n'apporte rien et même dessert la qualité d'écoute, on peut aussi trouver le retournement du dernier juré un peu expéditif mais la pièce fonctionne toujours et bien que connaissant parfaitement les tenants et aboutissants de ce spectacle, on se laisse une fois encore prendre à cette très belle peinture des préjugés qui vacillent et de la raison qui triomphe.

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Dussolier_Novecento_Sanscrierart.com

André Dussolier reprend au théâtre Montparnasse les représentations de Novecento qu'il avait dû abandonner il y a tout juste un an en raison d'une sale blessure au talon.

Le comédien met lui-même en scène le livre d'Alessandro Barrico dans une adaptation de son cru (aidé par Gérald Sybleyras et Stéphane de Groodt) qui apporte un peu plus d'humour à l'oeuvre originale. 

Seul comédien sur scène, accompagné de quatre musiciens, il nous conte le destin étrange et fabuleux de Danny Boorman T.D Lemon Novecento avec un enthousiasme et une énergie qui nous saisissent d'emblée. Une bande originale de choix accompagne son irrésistible voix de conteur. Dussolier, virevoltant et dansant, offre un jeu haletant. La mise en scène est inégale mais cela n'est rien. Le talent du comédien emporte tout.

 

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