theatre - danse

Dans les spectacles de James Thierrée (la veillée des abysses, au revoir parapluie, la grenouille avait raison...), les personnages se débattent contre les éléments déchaînés, des animaux étranges, les objets du quotidien facétieux. Thierree nous emporte dans des univers oniriques, mêlant rêve et cauchemar, drame et comédie, habillés de décors grandioses où cohabitent les étoffes les plus souples et le métal le plus rigide. Le tout dans une richesse créative rare.

Raoul n'échappe pas à la règle avec pour particularité de ne mettre en scène qu'un seul personnage interprété par James Thierrée. Dans ce spectacle, créé en 2009, Raoul vit seul dans une cabane perdue sur une sorte de banquise, ou tout au moins un monde hostile. Dans sa solitude, il se bat contre un dédoublement de personnalité, un étrange bestiaire, sa maison et les objets qui s'y trouvent. Seule la musique lui apporte le repos jusqu'à ce qu'à son tour elle n'en fasse plus qu'à sa tête. Tout s'écroule autour de lui, le laissant prisonnier et totalement dépourvu sur cette terre hostile jusqu'à ce qu'il décide de quitter enfin l'apesanteur de ce monde.

James Thierrée fait ici la part belle à la danse. La beauté de ses chorégraphies se marient parfaitement avec son univers où cohabitent prestigiditation, acrobatie et mime Jamais, son travail  ne nous aura autant renvoyé à celui de son grand-père, Charlie Chaplin. L'immense richesse créative du spectacle impressionne également particulièrement. Combien d'idées géniales, drôles, émouvantes, surprenantes habitent ce spectacle ? Elles se succèdent  à un rythme soutenu. Et quand Raoul prend enfin son envol, le public se lève comme un seul homme pour célébrer le génie qui s'est déployé sous ses yeux pendant plus d'une heure trente.

Voir les commentaires

À l’occasion du 10e anniversaire de la disparition de Maurice Béjart, le Béjart Ballet Lausanne (qui fête également son 30e anniversaire) présente la chorégraphie du maître sur La Flûte Enchantée de Mozart.

La compagnie s'installe au Palais des Congrès pour cinq représentations du 7 au 11 février.

 

Ce ballet, créé en mars 1981, met en scène 44 danseurs qui évoluent sur la version musicale du Philarmonie de Berlin, dirigé par Karl Bohm en 1964.

 

Maurice Béjart disait "La Flûte enchantée est une féerie qui nous emporte dans la poésie pure de l’enfance ou du génie, ensuite, et surtout, un rituel précis, rigoureux, inspiré".

Voir les commentaires

Dans un immeuble en cours de démolition, une jeune femme est vivement priée de quitter son appartement. Quand elle tente de faire ses cartons, les choses lui résistent.

 

Tout au long du spectacle, on suit l'héroïne (Aurélie Thierrée) en prise, de façon plus ou moins consentante, avec l'esprit et l'histoire des lieux, l'âme des objets et la puissance de  son imagination. Ici, tout est fantasmagorie. Acrobatie, jeux de marionnette, magie, danse... les disciplines se mélangent dans un ensemble qui sert parfaitement la poésie de Victoria Thierrée-Chaplin. Aurélie Thierrée et ses deux acolytes impressionnent par leur virtuosité.

 

Du duo que forment Jean-Baptiste et Victoria (le Cirque invisible), à Aurélie, en passant par James (peut-être le plus impressionnant des quatre), la famille Thierrée est définitivement Reine de l'enchantement.

Voir les commentaires

Famille Flöz sanscrierart.com

Un hôtel 4 étoiles dirigé par une vieille dame et ses enfants voient défiler les clients et les turpitudes.

La pièce que nous propose cette famille Flöz, venue de Berlin, s'avère étonnante. L'histoire se joue sans la moindre parole, les acteurs portent des masques aux visages semblant issus d'une bande dessinée, les gags ne sont pas particulièrement originaux. Mais le plus surprenant est sans doute le plaisir que l'on prend à voir se jouer cette histoire à la fois burlesque et poétique. 

Car c'est un travail d'orfèvre qui se présente sur scène. La forte personnalité du décor - la porte tambour en parait même vivante - marque d'emblée, avant même l'entrée des comédiens, le ton du spectacle. La précision des déplacements et la gestuelle des comédiens s'avèrent plus éloquents que n'importe quel dialogue, dont d'ailleurs on oublie très vite l'absence. Même les visages figés des masques changent d'expression quand il le faut grâce au jeu de lumière. Le récit est parfaitement mené, avec fluidité, sans temps mort ni longueur, adoptant un rythme soutenu, sans précipitation. 

Cette audacieuse proposition artistique nous kidnappe pendant près d'1h15.

famille flöz2 sans crierart.com

A voir à Bobino jusqu'au 14 février

Voir les commentaires

Emmanuelle Devos dans Bella Figura de Yasmina Reza

Boris et sa maîtresse Andréa se disputent sur le parking d'un restaurant. Boris a eu la mauvaise idée de dire à Andréa que le restaurant lui a été conseillé par sa femme.

Yasmina Reza confronte ses personnages à des situations dans lesquelles s'expriment leur mesquinerie, prétention, lâcheté, petites et grandes faiblesses. Emmanuelle Devos est parfaite dans son rôle de fille fragile, maladroitement sexy, Micha Lescot est comme toujours impressionnant et Josiane Stoleru, dans le rôle le plus fort, touche juste. Quelques bonnes répliques et situations marquent mais le propos semble moins percutant que dans d'autres œuvres de l'auteur. Il faut dire que la mise en scène trop démonstrative prend toute la place laissant peu d'espace à la délicatesse d'un théâtre de suggestion. Si la distribution (dont Camille Japy et Louis-Do de Lencquesaing) n'était pas de cette qualité, la lourdeur de la mise en scène dévasterait tout.

Voir les commentaires

Sanscrierart : Aperçu critique de l'actualité culturelle : théâtre, cinéma, séries, documentaires, expositions, musique...

Archives

Hébergé par Overblog