theatre - danse

Le Portrait de Dorian Gray à la Comédie des Champs Elysées

Après avoir triomphé dans la petite salle du Lucernaire, la pièce mise en scène par Thomas Le Douarec investit la Comédie des Champs Elysées. Il n'est jamais aisé d'adapter un roman au théâtre, surtout lorsqu'il s'agit du fantastique (dans tous les sens du terme) roman d'Oscar Wilde. Thomas le Douarec relève le défi avec panache. La mise en scène, ingénieuse et séduisante, recrée avec peu l'ambiance de l'époque et le climat étrange du roman. Les comédiens sont excellents, à commencer par le metteur en scène lui même et Arnaud Denis en Dorian Gray rongé par son pacte faustien. On se laisse emporter par cette proposition aussi osée qu'efficace.

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Maris et Femmes au théâtre de Paris

Cette version théâtrale du film de Woody Allen est horripilante. Son décor particulièrement moche nous inquiète dès l'entrée dans la salle. Il n'annonce rien de bon pour qui espère retrouver un peu de la profondeur du cinéaste. Et effectivement, dès la première scène le jeu de certains comédiens nous indique que la pièce penchera vers le théâtre de boulevard. Mais l'espoir demeure encore un peu. La mise en scène s'annonce alerte et astucieuse et elle le sera effectivement jusqu'au bout. L'adaptation, tant dans le découpage de l’histoire que dans la réécriture des dialogues, sera honorable. En revanche, les comédiens semblent ne pas jouer la même partition. Marc Fayet (dont le jeu me désole définitivement) et Astrid Roos font dans le boulevard bien lourd. Florence Pernel (qui est pourtant plutôt pas mal d'habitude), Hélène Médigue et Alka Balbir naviguent dans un entre deux et ne sont jamais vraiment en place. Seuls José Paul (tout en nuances) et Emmanuel Patron restent sobres et redonnent à cette pièce un peu d'élégance.

Au final, il n'est même pas sûr que les amoureux du théâtre de boulevard y trouvent leur compte et l'intérêt de cette adaptation nous échappe totalement.

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40 ans... l'âge du yoga et du bio, celui de l'arrêt de l'alcool et du tabac.... L'âge où on arrête de vivre, où la prochaine aventure qui s'annonce est le cancer.

C'est sur ce constat déprimant que repose le dernier spectacle de Florence Foresti. L'artiste convoque notamment les Dieux de la Grèce antique pour une réflexion sur les affres de la vie, enchaînant sur le linge de maison sa nouvelle passion, sur les mamans calme, sur Vanessa Paradis une muse, sur les nouvelles technologies et les modes de consommation dont la finalité lui échappe, rappelant les inventions géniales qui nous simplifient la vie qui n'empêchent pas l'humain d'être râleur en plus d'être con, tandis que les animaux font comme ils peuvent avec leur anatomie aléatoire. Foresti clôt son propos, avec l'aide d'Arletty, par un magistral pamphlet féministe.

C'est continuellement irrésistiblement drôle, confirmant les talents d'écriture, de comédienne et le statut de patronne du rire de Florence Foresti.

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La Ménagerie de Verre au théâtre de La Colline

Tom et Laura, tout deux jeunes adultes, vivent avec leur mère Amanda. Abandonnée par son mari il y a de nombreuses années, Amanda a élevé seule ses enfants. Elle vit dans le regret de la jeunesse qu'elle n'a pas eu, et à laquelle elle ne veut pas renoncer, et dans le soucis obsessionnel que Laura se trouve un mari à défaut d'un travail.

Prologue. Seul à l'avant-scène, Tom, le conteur de cette étrange histoire, nous explique qu'il n'invente rien mais que sa mémoire peut donner à ses souvenirs la couleur des songes. Il traverse alors le rideau de voile qui sépare le public de l'appartement où tout va se jouer.

Ce rideau de voile que le metteur en scène Daniel Jeanneteau a installé est le seul élément sur lequel on reste dubitatif. Bien sûr, il permet de donner à toutes ces scènes l'étrange couleur des rêves, de positionner les spectateurs en épieurs, d'évoquer l'écran de cinéma si cher à Tom (et à Tennesse Williams), d'accentuer l'impression d'emprisonnement ressenti par les deux enfants. Mais, il a aussi le défaut de masquer un peu trop les visages et expressions des comédiens. Du coup, on oscille sans cesse entre l'envie que ce rideau se lève et le plaisir de la beauté des plans qu'il procure. L'appartement, pièce unique entourée de lourds rideaux semble une boite. Peu ou pas de meubles (une chaise le temps d'une scène, un miroir et une lampe suspendue), au sol une moquette épaisse blanche comme du coton sur laquelle les comédiens jouent pieds nus. Des comédiens qui nous offrent des interprétations d'une rare qualité. Olivier Werner est parfait dans le rôle du conteur-protagoniste qui oscille entre détachement et émotion. Pierric Platier est le galant tout en finesse sur lequel tout les espoirs se portent. Solène Arbel, d'une discrète efficacité, campe avec beaucoup de grâce, le rôle délicat de la jeune fille tétanisée par ses complexes et la tyrannie d'une mère qu'interprète la géniale Dominique Reymond. Tout simplement magistrale, elle semble danser, virevolter sur ce tapis cotonneux, jouant cette mère délirante, qui à la moindre occasion redevient une jeune fille en fleurs gaie et séductrice, qui appelle sa fille "petite soeur". Passant du ton doucereux et chantant à celui cassant de la mère sans cesse déçue par sa fille mal dégourdie et son fils égoïste, la comédienne nous saisis sans cesse par sa virtuosité. Du très grand art.

La Ménagerie de Verre au théâtre de La Colline

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Old Times au théâtre de l'Atelier

Dans leur maison de la campagne anglaise, Deeley et Kate s'apprêtent à recevoir Anna, une amie d'enfance que Kate n'a pas revue depuis 20 ans.

La pièce d'Harold Pinter n'est pas simple à comprendre. Les situations et dialogues à double sens se succèdent donnant place à toutes les interprétations possibles. On peut aimer ou totalement détester se laisser conter une histoire à laquelle on ne comprend rien, mais, si en plus, le récitant n'y met pas le bon ton, on tombe vite dans le néant absolu. Benoit Girod, metteur en scène, est le conteur qui à l'Atelier n'a pas su laissé s'installer de climat dans cette curieuse histoire. Aucune montée en puissance, peu d'étrangeté, aucune angoisse. A force de trop vouloir en faire, il a totalement supprimé tout intérêt à l'intrigue. Les vidéos projetées sur le rideau, les personnages qui entonnent la chansonnette, le paysage de mer en fond de plateau... le kitsch est partout jusque dans les déplacements des comédiens sur scène. Ils semblent empruntés dans leurs mouvements, surjouant. On est désolés pour ces trois grands interprètes qui méritaient mieux.

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