theatre - danse

Old Times au théâtre de l'Atelier

Dans leur maison de la campagne anglaise, Deeley et Kate s'apprêtent à recevoir Anna, une amie d'enfance que Kate n'a pas revue depuis 20 ans.

La pièce d'Harold Pinter n'est pas simple à comprendre. Les situations et dialogues à double sens se succèdent donnant place à toutes les interprétations possibles. On peut aimer ou totalement détester se laisser conter une histoire à laquelle on ne comprend rien, mais, si en plus, le récitant n'y met pas le bon ton, on tombe vite dans le néant absolu. Benoit Girod, metteur en scène, est le conteur qui à l'Atelier n'a pas su laissé s'installer de climat dans cette curieuse histoire. Aucune montée en puissance, peu d'étrangeté, aucune angoisse. A force de trop vouloir en faire, il a totalement supprimé tout intérêt à l'intrigue. Les vidéos projetées sur le rideau, les personnages qui entonnent la chansonnette, le paysage de mer en fond de plateau... le kitsch est partout jusque dans les déplacements des comédiens sur scène. Ils semblent empruntés dans leurs mouvements, surjouant. On est désolés pour ces trois grands interprètes qui méritaient mieux.

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Alex Vizorek est une oeuvre d'art à La Pépinière théâtre

Joseph Beuys et son lièvre mort, le cymbaliste de l'orchestre symphonique, "Mort à Venise" de Visconti et Thomas Mann, les tableaux au cuter de Lucio Fontana, les achromes de Piero Manzoni... Alex Vizorek fait mine de s'interroger : doit-on mourir d'ennui, de rire, ou d'admiration devant ces artistes et ces œuvres d'art ?

L'humoriste belge a bien entendu choisi d'en rire. Excellent comédien, il tient son potentiel comique dans son sens de la formule et de la petite phrase de commentaire qui rend tout et n'importe quoi irrésistiblement drôle. Son spectacle plaît d'emblée car il sort des sentiers battus des stands-up nombrilistes. Evidemment, il nous sert, les bons mots sur les belges versus les français et chambre son public bobo-gaucho-culturo tendance Télérama, mais sans s'y appesantir. Sur la partie "art moderne", les fidèles de sa rubrique hebdomadaire de "Ca balance à Paris" resteront un peu sur leur faim, les autres auront envie d'en voir plus en visionnant ses prestations télévisées. En fin de spectacle, il présente une revue de presse issue des rubriques "chiens écrasés" de journaux français et belges. C'est un peu facile, totalement hors sujet, mais on lui pardonne car c'est particulièrement drôle. Le spectacle qui se place largement au-dessus de la moyenne de ce qui tourne à Paris est quand même un peu court (1h10 environ) et mériterait d'être peaufiné.

Alors Alex, si tu écoutes :

- raccourcis le sketch sur le cymbaliste,

- remplace Lara Fabian par une artiste en activité,

- améliore la qualité des photos projetées,

- complète le sketch sur l'art contemporain avec des séquences créer pour "ça balance"

- écris deux sketchs supplémentaires sur le thème de l'art pour que la partie "revue de presse" soit vraiment un rappel et non pas une astuce pour rallonger la durée du spectacle

et j'annule toutes mes réserves.

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Deux heures du matin, un couple de quinquagénaires, George, professeur d'histoire et Martha, fille du président de l'université, rentre d'une réception bien arrosée. Martha apprend à George qu'elle a invité un jeune professeur de biologie et sa femme à venir poursuivre la soirée chez eux. Quand le jeune couple arrive l'ambiance est déjà électrique.

Le texte méchant et cruel est férocement drôle. Dominique Valladié et Wladimir Yordanoff composent ce couple pervers et autodestructeur avec une truculence jubilatoire. Leurs joutes oratoires sont tout à la fois glaçantes et irrésistibles. Face à ces deux monstres, les jeunes comédiens Pierre-François Garel et Julia Faure, particulièrement drôle, sont parfaits. Alain Françon à la mise en scène présente un décor des plus épurés où la lumière crépusculaire plante d'emblée l'ambiance glauquissime qui habille la pièce d'un bout à l'autre. Une très bonne surprise.

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Amok au théâtre de Poche

Sur le pont d'un navire, un jeune homme exalté raconte. Alors qu'il est médecin sous la chaleur étouffante d'un bled malaisien depuis près de 5 ans, une femme blanche, belle, d'une aristocratie hautaine, vient lui demander une aide que sa fierté lui interdit de formuler. Tout à la fois séduit et piqué à vif par son arrogance, le médecin lui refuse son assistance.

Sur une scène minuscule, au plus près des spectateurs, où seules quelques caisses de bois et une lumière soignée servent de décor, Alexis Moncorgé nous conte cette étrange histoire. Il nous communique parfaitement la fièvre folle de son personnage mais nous convainc moins dans les rares moments où il donne vie au personnage féminin et à un confrère médecin, tout comme lorsqu'il fait appel à des accessoires pour mimer une scène. Ce n'est pas le comédien qui est en cause mais plutôt des partis pris de mise en scène trop démonstratifs qui gâchent la magie du conteur.

Les 75 minutes du spectacle n'en offrent pas moins un bon moment de découverte (ou redécouverte) du livre de Stefan Zweig.

PS : A noter que les représentations sont données dans la petite salle du sous-sol. A déconseiller aux claustrophobes et aux dos fragiles.

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Tartuffe aux Ateliers Berthier

Au sol un damier noir et blanc, une grande table centrale et quelques fauteuils en aparté, des murs blancs, de lourdes tentures de velours et une mezzanine. C'est dans ce beau décor, où l'espace domine, que la famille d'Orgon se délite petit à petit sous les manipulations de Tartuffe.

Tout d'abord, on remarque le damier qui nous trouble la vue, un peu comme Orgon aveuglé par le jeu de Tartuffe. Puis, très vite, c'est le talent de Chantal Neuwirth qui nous éblouie. Elle campe une Dorine magnifique, impertinente et drôle. A ses côtés, Samuel Labarthe (Orgon) et Micha Lescot (Tartuffe) ne surprennent pas : ils sont excellents comme chaque fois. Si surprise il y a, elle vient d'Audrey Fleurot que, bêtement peut-être, nous n'aurions pas spontanément imaginé dans une mise en scène de Luc Blondy et qui offre à une Elmire manipulatrice et courageuse, une interprétation moderne d'une grande précision. Du bien bel ouvrage même en l'absence du maître.

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