theatre - danse

Patrick Timsit - On ne peut pas rire de tout

Patrick Timsit reprend à la Gaîté Montparnasse, le spectacle qu'il présentait au théâtre du Rond Point en janvier dernier (et dont l'affiche, cette fois, semble ne pas avoir été censurée). Le comédien, en mode stand-up, interroge le public "Peut-on rire de tout (et de tout le monde) ?" et propose d'égrainer la longue liste des sujets sensibles dont il est aussi plaisant, qu'inconvenant ou dangereux de rire, à commencer par les juifs, communauté dont Timsit, et surtout ses parents, font partie. Dès lors le ton du spectacle est donné. Tous les clichés sur toutes les communautés sont abordés. Marseillais, handicapés, Arabes, Français, Belges, Portugais, enfants, femmes, Noirs, Roms...

Le défi, incontournable, est d'être drôle à chaque fois. Et c'est le cas. L'écriture est précise, le texte entre les blagues est intelligent et surtout le comédien est excellent. Son interprétation est essentielle pour provoquer un rire le plus spontané qui soit, sans que le spectateur se sente gêné ou s'interroge sur le bon esprit de son voisin. Seuls deux sketchs un peu hors sujet, viennent riper légèrement cette mécanique du rire. Un rire qui ne nous lâche pas pendant plus d'1h30. Bel exploit.

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Sophia Aram - Le fond de l'air effraie

Dans la grande salle du Palais des Glaces, Sophia Aram présente un nouveau spectacle adoptant un format sensiblement différent de "Du plomb dans la tête" et "Crise de foi". Ici, les sketchs et personnages sont peu nombreux et laissent la plus grande place à une revue de l'actualité et des maux de la société qu'elle révèle, façon "Guy Bedos".

Avec ce format moins métaphorique, Sophia Aram affirme ses convictions de façon plus frontale et oublie à quelques occasions de faire rire. Le spectacle se scinde ainsi sur la forme en deux parties, deux tonalités, qui s'entrecroisent : celle de la parodie et celle du premier degré. La parodie est souvent très efficace et l'on rit de bon coeur. Sophia Aram, par exemple, commente successivement des extraits édifiants des livres de Trierwieler et Zemmour, se moque des bobos à travers le regard de sa tante Fathia, nous chante le triste destin de Marine Le Pen, nous explique que tout est un clivage droite-gauche, incarne un djiadiste Québequois et revient sur son Pearl Harbor (télévisé) de l'estime de soi... Dans la seconde partie, Sophia Aram semble ne plus pouvoir rire de tous ces intégrismes religieux et politiques, de cette violence à l'encontre de la liberté d'expression... au point de se perdre en justification et de se répéter dans sa volonté de convaincre à tout prix un public à priori déjà conquis par ces idées d'humanisme, de respect et de liberté.

Dans ce spectacle, bilan d'une époque violente où tout devient agression, Sophia Aram réalise sans doute un exercice encore plus courageux que celui de ses précédents spectacles ou de ses chroniques hebdomadaires sur France Inter. Ce n'est pas le format qu'on préfère mais il impose lui aussi le respect.

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Ce que le djazz fait à ma jambe ! de Jacques Gamblin

Jacques Gamblin, accompagné de Laurent de Wilde, célèbre le rythme et le jazz à travers l'histoire d'une rencontre amoureuse. Le compositeur entouré d'un batteur, d'un trompettiste, d'un saxophoniste et d'un DJ offre une musique entre jazz et jazz electro particulièrement efficace. De son côté, Jacques Gamblin parfait conteur présente un jeu particulièrement physique. Ses déplacements entre danse et acrobaties impressionnent, son enthousiasme emporte. Malheureusement, le texte qu'il porte est très inégal, l'histoire qu'il conte ne passionne pas au point d'en devenir lassante. Avec un autre texte cela eut été parfait.

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Ciel ! mon placard au théâtre du Rond Point

Dada se réjouit de passer sa plus belle robe pour assister à l'inauguration des Nouvelles Galeries avec son époux lorsque celui-ci reçoit un télégramme l'obligeant à se rendre immédiatement à Rome.

Dés cette introduction, la loufoquerie et le rire sont présents. Puis, aussitôt, l'histoire part en vrac, dans une série de saynetes où seule la folie à sa place dans une parodie de pièce de boulevard de très bas de gamme. On comprend alors que le principe de la pièce est de s'épanouir dans un délire total. Mais le délire ne pouvant prendre force et intérêt que sur une base bien structurée, il se transforme ici très vite en n'importe quoi. Et une heure trente de n'importe quoi, c'est long, très long et ce d'autant plus que la distribution est très inégale. Nicole Génovèse (l'auteur), excellente dans le rôle de Dada, ainsi que Marion Gomar en cantatrice finlandaise (une des belles idées de la pièce avec le placard central et quelques qualificatifs très inventifs) nous rendent le temps moins long.

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Un couple (Romain Duris et Marina Fois), aux tendances sadomasochistes, et à la veille d'enterrer la mère du mari dont les cendres attendent sur le buffet, convie pour l'apéritif, leurs voisins (Gaspard Ulliel et Anaïs Demoustier), un jeune couple rangé, parents de deux enfants.

Les comédiens sont parfaits et se dépensent sans compter dans un jeu très physique. Marina Fois et Romain Duris interprétant des personnages borderline, et donc plus spectaculaires, impressionnent particulièrement. Ils bénéficient aussi, ainsi que Gaspard Ulliel, très bien, d'un monologue décapant tandis qu'Anais Demoustier, dont l'on connaissait déjà les qualités de comédienne, pousse la chansonnette avec talent. La mise en scène de Martial Di Fonzo Bo est élégante et suffisamment imaginative pour nous faire digérer les 1h40 de cette pièce de Lars Noren, qui, si elle offre quelques belles réparties, porte sous une forme outrancière un propos éculé : les femmes (mère ou épouse infantilisante) sont castratrices et les hommes violents ; thèmes de prédilections de l'auteur que l'on retrouvait avec plus de plaisir dans "La Veillée". On gardera donc seulement le souvenir de ce beau quatuor évoluant dans une belle chorégraphie et un bel écrin, ce qui n'est déjà pas si mal.

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