theatre - danse

L-aide-memoire-www.zabouille.over-blog.com.jpgLui, célibataire collectionneur de conquêtes, vit dans son studio avec des manières de vieux garçon. Elle, emmerdeuse, sans gêne, comme tombée de nulle part, s'invite chez lui.

L'aide-mémoire de Jean-Claude Carrière est une drôle de pièce. On imagine, aux premiers instants, une histoire exigeante jouant sur l'absurde, l'intrigue. On cherche le message, on interprète les échanges, puis on se rend compte que cela n'ira pas plus loin qu'une comédie romantique pas très exigeante.

Côté mise en scène, Ladislas Chollat choisit de tomber le rideau à la fin de chaque (court) acte. Un rideau tout en transparence dans un premier temps puis d'un opaque beige fadasse. C'est esthétiquement pas tranché, sans intérêt et surtout cela casse le rythme et nuit à l'immersion du spectateur. Un choix d'autant plus discutable qu'aucun changement de décor n'intervient. Décor qui est particulièrement encombré et encombrant pour les comédiens. Pascal Gregory semble d'ailleurs n'avoir pas tout à fait apprivoisé la scénographie. Le comédien offre une belle prestation d'autant plus remarquable que Sandrine Bonnaire n'est pas tout à fait au point. En ce jeudi soir, 3ieme représentation, on est bien obligé de reconnaitre qu'il manque à la comédienne quelques jours de répétition. Elle bute trop souvent sur son texte, ne porte pas sa voix, semble hésiter dans ses déplacements. Au final, la proposition, dans son ensemble, manque de fluidité.

Le talent de Pascal Gregory et de Sandrine Bonnaire n'étant plus à démontrer, on peut parier sans risque que dans quelques jours tout cela sera calé. La qualité du texte de Carrière, elle, ne changera pas. Quant au metteur en scène, on peut espérer qu'il fera quelques ajustements, dans sa scénographie et dans sa direction d'acteurs.

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La-porte-d-a-cote.jpegElle est psy et pas très marrante, il est chef de produit et de nature joyeuse. Ils sont voisins. Ils se détestent ou peut-être pas...

L'histoire n'est pas originale, d'ailleurs les personnages l'avouent eux-mêmes en préambule. On connaît la fin avant même que la pièce commence. Alors, immédiatement, on mise tout sur l'auteur, le metteur en scène et les comédiens pour qu'ils fassent de cette non-intrigue un bon moment quand même.

La mise en scène se veut épurée, moderne avec mouvement des décors face au public et utilisation de la vidéo. L'auteur (qu'on a connu mieux inspiré pour Cravate Club) tente l'originalité par le préambule inattendu, des personnages qui s'adressent directement au public, jusqu'à une petite mise en abîme. Malheureusement, cela ne suffit pas à combler le manque de surprise. Car lorsque les comédiens s'adressent au public c'est pour décrire ce qui se passe sur scène telles des discalies sans regard particulier, les portraits des personnages sont tirés à gros traits, la mise en abîme s'arrête sitôt commencée. L'auteur a tendance à étirer les scènes notamment celles présentant l'utilisation d'un site de rencontre. Les saynètes qui constituent la pièce sont du déjà vu. Tout à chacun aurait pu les proposer à l'exception de quelques, trop rares, répliques aussi cinglantes que drôles. Il est vrai qu'elles sont servies par un duo d'acteurs épatants. Edouard Baer est désopilant sans en faire des tonnes. Emmanuelle Devos, dans le rôle ingrat de l'emmerdeuse, tient sa partition de mains de maître. Ce sont eux deux qui sauvent notre soirée et nous poussent au final à une certaine indulgence.

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DES-JOURNEES-ENTIERES-DANS-LES-ARBRES Paris, Jacques accueille sa mère qui vient des colonies pour lui rendre visite. Cette mère possessive et exaltée tente de convaincre un fils, mauvais garçon et tire au flanc, de venir vivre avec elle dans les colonies et de profiter de la fortune que leur rapporte leur usine du bout du monde. 

Fanny Ardant, incandescente, est parfaite dans le rôle de cette mère passionnée et versatile. La comédienne donne à son jeu toutes les nuances nécessaires à l'incarnation de ce personnage borderline.

Malheureusement, sur scène personne n'est vraiment à la hauteur pour lui donner la réplique. Nicolas Duvauchelle manque cruellement de finesse et de diversité dans son jeu. Ses déplacements semblent mêmes approximatifs. Agathe Bonitzer souffre des mêmes maux. Elle est d'une raideur qui empêche toute émotion de naître de son personnage. Ils semblent avoir été abandonnés sur scène sans intention et direction de jeu.

La mise en scène est d'ailleurs d'une grande lourdeur. Et d'une façon générale, la pièce manque de finesse et d'émotion. Thierry Kliffa semble avoir tout misé sur la présence de Fanny Ardant. Ce n'est aimable ni pour elle, ni pour les spectateurs.

On aurait tant voulu aimer l'association de ses trois comédiens. C'est dommage.

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Les-uns-sur-les-autres---www.-zabouille.overblog.com.jpgLe théâtre de la Madeleine nous invite à la rencontre d'une famille de Rueil Malmaison un peu étrange. Une famille qui se compose du grand-père, grande gueule en fauteuil roulant, d'un fils  geek fasciné par le sanglant, d'une ado anorexique et d'un père qui s'exprime en formules aussi alambiquées que convenues et fuit un peu plus chaque jour le domicile familial. Quant à la mère de famille, elle essaie, dans le déni, d'organiser un semblant de vie familiale. 

Cette pièce fourre-tout  renferme le meilleur comme le pire. Le meilleur : quelques scènes et répliques très drôles et la présence d'Agnès Jaoui excellente dans le rôle de la mère paumée. Le pire : un décor assez moche et inutilement biscornu, une mise en scène foutraque et des interventions vidéo gadget, la partition et l'interprétation aléatoire du grand-père, le portrait grossier de l'ado interprété par un  comédien qui fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui donne à jouer, et pour finir une histoire mal tenue faite de quelques bonnes idées mal exploitées et de maladresses lourdingues. Le tout partant en tous sens.

On se souvient alors que "Ring", du même auteur et par le même metteur en scène, se composait de 17 sketchs de qualité inégale mais portant en majorité de bonnes idées et dont la mise en scène épurée touchait juste. Il est sans doute plus compliqué pour les deux artistes de proposer un récit dans sa continuité et de lui donner un certain niveau de qualité et de tenu.

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Antigone-www.zabouille.over-blog.com.png 

Le rideau de la Comédie Française se lève. Pour décor, trois portes semblables, comme le souhaitait l'auteur. Les acteurs, convoqués sur scène, attendent. Le chœur (Clothilde de Bayser, parfaite) entre ironie et renoncement annonce le destin de chacun. La tragédie est écrite et aura bien lieu sous nos yeux.

Marc Paquien propose une mise en scène physiquement exigeante au diapason de la fougue d'Antigone. Dans le rôle titre, Françoise Gillard pousse parfois jusqu'à la folie alors qu'on imagine Antigone plus proche de l'exaltation. C'est la seule réserve que l'on retient après la représentation. Car ici tout emporte à commencer par la beauté poétique du texte d Anouilh dont les thèmes abordés résonnent encore aujourd'hui. La mise en scène énergique, la beauté simple du décor, le travail sur le son, celui sur la lumière, l'interprétation de Nazim Boujenah qui en deux scènes vous saisit, le contraste entre la stature frêle et sèche de Françoise Gillard et l'imposante carrure et la voix de stentor de Bruno Raffaelli font de cette représentation un très beau moment.

 

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