theatre - danse

Irène trompe Fritz son mari qui la néglige. Quand une jeune femme menace de tout révéler, Irène perd pieds. 

A la fin de la pièce le public est ravi, les applaudissements sont nourris et des bravos fusent. Pourtant, cette adaptation pourra en frustrer plus d'un. La metteuse en scène, Élodie Menant, monte la pièce  comme une bluette. On est donc loin de "La Peur" que souligne le titre. Sa mise en scène ne communique pas la montée d'angoisse, l'étau qui se ressert sur l'héroïne qui doit expier sa faute. Les comédiens (Hélène Degy, Aliocha Itovich et Ophélie Marsaud) se retrouvent seuls pour rendre à la nouvelle de Zweigh toute sa dramaturgie. Ils se dépensent sans compter et se jettent à corps perdus dans cette histoire. C'est sans doute beaucoup grâce à l'énergie qu'ils y mettent, qu'aux saluts, le public est ravi, les applaudissements sont nourris et des bravos fusent.

 

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Le capitaine et son épouse Laura s'opposent sur l'avenir de leur fille. Ce conflit les précipite dans la folie. 

On se demande pourquoi Arnaud Desplechin à fait le choix de cette pièce pour sa première mise en scène de théâtre. Cette histoire de couple qui se déchire jusqu'à la folie est tissée grossièrement et on peine à comprendre ce qui mène l'ensemble des personnages à réagir de façons aussi excessives. Sur la forme le cinéaste présente de beaux décors, une belle mise en lumière mais nous impose un accompagnement sonore constant plus gênant qu'autre chose. Sa direction d'acteurs donne l'impression étrange que les comédiens jouent faux. Le jeu trop larmoyant, voire hystérique, des comédiennes est agaçant et les comédiens sont à l'inverse extrêmement distants. Seul Michel Vuillermoz impressionne en donnant vie au capitaine et à sa descente dans la folie.

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Le spectacle débute rideau fermé, salle dans le noir. En voix off, semblant s'adresser dans les coulisses au régisseur, Gaspard Proust dézingue à tout va. Le propos est sarcastique, amusant, le format pas très original et un peu long. Au bout de 10 minutes, le comédien apparaît sur scène et donne au public les instructions à suivre en cas d'invasion de la salle par des djiadistes armés. C'est intelligemment écrit, osé et très drôle. Ce sera le meilleur passage avec la lettre "Guy Moquet 2016" du rappel. Entre ces deux moments, Gaspard Proust fait ce qu'on attend de lui : dire des "horreurs" sur un ton morne. C'est bien écrit, amusant, parfois un peu facile. Si le sourire ne nous quitte jamais, le rire n'est curieusement pas si présent. La faute à un texte trop riche ? A un rythme trop linéaire ? Au personnage glaçant qu'interprète Proust ? Dans le même esprit, Patrick Timsit a un potentiel comique bien plus puissant qui au final confère à ses propos plus d'impact. Aussi, si Proust a un talent indéniable, la question de son statut de "comique" nous interroge encore.

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Vania (d'après Oncle Vania) à la Comédie Française

C'est un Oncle Vania quelque peu réécrit que propose l'excellente troupe de la Comédie Française. Julie Deliquet, metteuse en scène, a choisi d'effacer toutes indications faisant référence à l'époque (fin 19e) et à la culture (Russe) des personnages de Tchekhov. Cela ne nuit en rien à l'esprit de la pièce. Sur la scène centrale du théâtre du Vieux Colombier, dans la salle à manger de la maison familiale, on retrouve l'ennui, le désespoir, l'amour déçu, l'humour, l'ironie de Vania, Sonia et Astrov, les faiblesses d'Elèna et dans une autre mesure de Ilia, l'admiration sans limite de Maria et la suffisance de Sérébriakov. Dans une mise en scène alerte qui sait laisser parler les silences et la souffrance qui perce dans les échanges caustiques et les rires, les comédiens sont époustouflants. Florence Viala est, une fois de plus parfaite, tout comme Laurent Stocker, Hervé Pierre et Dominique Blanc, la nouvelle venue, méconnaissable sous de grosses lunettes. Noam Morgensztern et Stéphane Varupenne impressionnent eux aussi, tandis qu'il nous semble découvrir la puissance d'incarnation d'Anna Cervinka dans le rôle de Sonia.

Cet Oncle Vania, au plus haut point réjouissant, fait partie de ce Théâtre qui donne envie de retourner très très vite au théâtre.

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La Comédie Française et le metteur en scène Ivan Von Hove adaptent le scénario de Visconti. Les Von Essenbeck, riches industriels allemands, se lient aux nazis pour faire fructifier l'entreprise familiale et s’entretuent dans leur soif de pouvoir.

 

Ivo Van Hove mêle théâtre et vidéo - en direct ou pré-enregistrée. Il scinde l'espace de jeu en trois parties : à gauche les loges où les comédiens se maquillent et se préparent (la naissance), au centre la scène et l'écran où les évènements se jouent (la vie) et à droite, les cercueils où les victimes de la famille et du nazisme viennent s'allonger (la mort). Chaque personnage suivra ce parcours. La vidéo souligne ce qu'il faut voir, zoom sur ce qui est suggéré, multiplie le nombre de personnages en scène, rappel les faits historiques au cas où ce qui se joue devant nous ne serait pas assez clair.

 

Von Hove propose une mise en scène qui surjoue la violence déjà portée par l'histoire. Cette violence sur la violence au lieu de porter le propos l'amoindrit en le caricaturant, au bord du grotesque et de l'indécence. Le tout trouvant son apothéose dans la scène finale qui semble condamner le public spectateur n'intervenant pas pour stopper le mal absolu.

Est-ce ces excès qui soulignent la faiblesse des dialogues de Visconti et l'incongruité de faire de Martin, en plus du reste, un pédophile ?

 

Dans ce déversement d'hystérie, Elsa Lepoivre, impressionnante toujours, Denis Podalydés, Guillaume Gallienne, Eric Genovese, Christophe Montenez, parfaitement effrayant et Eric Genovese demeurent remarquables.

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